La ministre Charbonneau confirme la fin du tarif unique en garderie

Le gouvernement libéral signera la fin du tarif unique dans les services de garde éducatifs à l’enfance, a fait savoir la ministre de la Famille, Francine Charbonneau. « Le mur-à-mur, c’est fini ! », a-t-elle déclaré en marge d’un caucus libéral extraordinaire mardi.

L’élue fera connaître la grille de tarification retenue par le Conseil des ministres à l’occasion d’un « merveilleux point de presse » dans « une ou deux semaines ». « L’équité [sera] au rendez-vous ! » a-t-elle promis, tout en précisant que « la nouvelle formule n’[était toujours] pas décidée ». « Mais, je vous jure, d’ici deux semaines, ça va sortir. Et on va faire ça comme il le faut. »

Le gouvernement libéral cherche une formule de tarification permettant de maximiser les retombées des crédits d’impôt du fédéral. Il ne veut toutefois pas imposer un tarif quotidien trop élevé, même si celui-ci serait largement amorti — mais seulement une fois par an —, notamment par des remboursements de l’Agence du revenu du Canada.

« Le gouvernement fédéral est déjà mis à contribution à travers les crédits d’impôt. Si le reste du Canada décide […] de créer un programme de garde à tarif réduit ou un tarif abordable, c’est certain qu’on veut récupérer ce qu’on a mis dans le programme depuis le début », a indiqué le premier ministre Philippe Couillard lors d’un impromptu de presse. « Ce n’est pas si simple que ça », a-t-il ajouté.

Discussions animées

M. Couillard et Mme Charbonneau ont pris le pouls mardi de leurs confrères et de leurs consoeurs sur des projets de nouvelles grilles de tarification. « Les discussions sont animées. […] Tout le monde veut intervenir, avec raison, parce que chaque député représente une région très précise avec ses spécificités », a expliqué Mme Charbonneau à la presse.

Le gouvernement Couillard entendait, selon un document obtenu il y a deux semaines par Le Devoir, faire passer, à compter du 1er avril 2015, de 7,30 $ par jour à entre 8 $ et 20 $ par jour la contribution parentale aux services de garde éducatifs à l’enfance. Les familles à « moyens » et à « hauts » revenus devront ajouter une « contribution additionnelle » de 1 $ à 12 $ à une « contribution de base » de 8 $ par jour, peut-on lire dans une « Fiche de renseignements » destinée au Conseil des ministres.

Après que des « scénarios » comme celui-ci eurent fait les manchettes, les élus libéraux « se [sont] fait interpeller un peu partout » et ont sollicité la tenue d’un caucus extraordinaire, a fait remarquer Mme Charbonneau.

« C’est sain pour la démocratie qu’il ait des divergences d’opinions », a fait valoir le député des Îles-de-la-Madeleine, Germain Chevarie, à l’entrée de la salle des Premiers-Ministres.

La ministre Francine Charbonneau s’est sans doute butée à un mur de questions des députés libéraux, soupçonne la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David. « Ça doit ruer dans les brancards. […] Probablement qu’au Parti libéral il y a des gens qui doivent commencer à se dire : “ Ça sent mauvais sur le terrain  », a-t-elle dit mardi après-midi. Le Parti libéral du Québec ferait preuve d’un sens « extraordinaire d’antidémocratisme » en fonçant vers une modulation des tarifs des centres de la petite enfance (CPE), des garderies privées subventionnées et des services de garde en milieu familial en fonction des revenus « après une campagne électorale où [il] s’est engagé à maintenir à peu près le niveau actuel du tarif en service de garde », a poursuivi la députée de Gouin.

Le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a appelé les élus libéraux à « faire entendre raison » à la fois au ministre des Finances, Carlos Leitao, et au président du Conseil du trésor, Martin Coiteux. « Souhaitons que ça les a fait réfléchir de voir des dizaines de milliers de parents se mobiliser partout au Québec », a-t-il affirmé en milieu de journée. « Les familles québécoises paient assez de taxes et d’impôts. »

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