Amir Khadir ne s'inquiète pas de la popularité de Pierre Karl Péladeau

M. Khadir ne s'inquiète pas qu'un candidat que l'on situe plus «à droite» de l'échiquier politique, obtienne la faveur du publique.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Archives M. Khadir ne s'inquiète pas qu'un candidat que l'on situe plus «à droite» de l'échiquier politique, obtienne la faveur du publique.
Amir Khadir dit comprendre que les membres du Parti québécois se laissent «séduire» par possibilité que Pierre Karl Péladeau puisse leur permettre d'accéder à l'indépendance. Du même souffle, il ajoute par contre ne pas croire, et ce depuis longtemps, que le Parti québécois ait la capacité de réaliser ses promesses et qu'avec le temps, «les choses vont certainement s'éclaircir».

En entrevue à La Presse Canadienne, le député solidaire de Mercier réagissait à un sondage Léger-Le Devoir plaçant le PQ en tête des intentions de vote si la formation était dirigée par M. Péladeau.

M. Khadir ne s'inquiète pas qu'un candidat que l'on situe plus «à droite» de l'échiquier politique, obtienne la faveur du publique.

Il prétend plutôt qu'au-delà des personnalités, les préoccupations des Québécois sont révélatrices. «Quant [...] on questionne (les Québécois) sur les enjeux de société, sur les grandes décisions qu'il y a devant nous, dans l'ensemble, heureusement, notre société résiste. Les gens tiennent à des services publics de qualité», affirme-t-il.

Selon l'enquête menée en ligne auprès de 981 répondants entre le 10 et le 13 novembre, le Parti québécois dirigé par Pierre Karl Péladeau aurait récolté 36 % d'appui, soit six points de plus que le Parti libéral de Philippe Couillard. La Coalition avenir Québec de François Legault aurait terminé troisième, à 19 %, et Québec solidaire quatrième, à 10 %.

Tendance à renverser

Là-dessus, Amir Khadir a avoué que Québec Solidaire pourrait, effectivement, terminer quatrième aux prochaines élections. Il a cependant dit penser qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour contrer, au Québec, «l'érosion» des institutions démocratiques et le «virage à droite» des politiciens, qui s'est opéré, juge-t-il, sur «une trentaine d'année».

«Ce n'est pas Québec Solidaire, ni aucune autre force qui peut renverser cette tendance en quelques années. Donc, notre travail, c'est un travail de longue haleine (...). Personne, il y a dix ans, ne donnait aucune chance (...) qu'un parti comme le nôtre puisse même faire élire un seul député. Bon, alors, on a réussi et on est en croissance constante», a illustré le député de Mercier.

Dans un tout autre ordre d'idées, le sondage révèle également qu'avec Bernard Drainville ou Alexandre Cloutier aux commandes, le PQ n'aurait obtenu que 23 % des votes, et 20 % avec Jean-François Lisée comme chef.

Pierre Karl Péladeau continue de dominer largement la course au leadership. Parmi les répondants au sondage qui se sont dits péquistes, 59 % pensent qu'il ferait le meilleur chef. Son plus proche poursuivant, Alexandre Cloutier, pointe à 12 %. Suivent Bernard Drainville, à 8 %, Jean-François Lisée, à 4 %, et Martine Ouellet, à 1 %.

Avec les manifestants


Plus tôt en journée, M. Khadir s'est joint à quelques centaines de personnes qui ont manifesté, dans les rues du centre-ville de Montréal, contre les projets pétroliers au Québec et le Plan Nord du gouvernement Couillard, samedi.

Pour le regroupement, qui dit représenter plus de 100 000 personnes à travers la province, il s’agissait d’une première action.

La manifestation a commencé vers 13h, à la Place Norman-Bethune.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a participé à l’événement en compagnie, a-t-il indiqué, de quelque centaines de personnes.

Il a dénoncé vivement ce qu’il qualifie de «magouilles» entourant le développement des projets miniers et pétroliers.

En entrevue à La Presse Canadienne, M. Khadir a affirmé que ces industries bénéficient de mesures adoptées au détriment de la population québécoise.

«Des millions de dollars sont dépensés par les lobbyistes pétroliers pour tordre le bras à nos politiciens et leur faire adopter ce genre de politiques», plaide-t-il.

«Politiques irresponsables»

Rappelant que Québec Solidaire est le seul parti à s’être opposé au projet de Loi 11 visant à créer la Société du Plan Nord, M. Khadir juge que son parti est le seul à protéger les Québécois sur cette question.

«Heureusement qu’ils peuvent compter sur Québec Solidaire pour s’opposer à ces politiques industrielles irresponsables qui maintiennent dans un état de dépendance à une forme d’économie dépassée. L’économie d’extraction, l’économie pétrolière, ce sont des économies du XIXe et du Xe siècle. Ce n’est pas de ça dont le Québec a besoin», a-t-il martelé.

Pour M. Khadir, le Québec devrait s’inspirer du président américain Barack Obama, qui n’a toujours pas approuvé le projet d’oléoduc Keystone XL.