De nouvelles coupes à la demande de Coiteux

Québec impose aux universités une coupe de 32 millions qui s’additionne aux 172 millions déjà retranchés.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Québec impose aux universités une coupe de 32 millions qui s’additionne aux 172 millions déjà retranchés.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a exigé du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, Yves Bolduc, qu’il impose de nouvelles coupes aux cégeps et aux universités, compressions qui s’ajoutent à celles déjà décrétés au début de juin.

« On doit contribuer un certain montant à la demande du Conseil du trésor. Mais il y a encore des marges de manoeuvre au niveau des cégeps et au niveau des universités », a soutenu Yves Bolduc. « Quant à moi, c’est une demande raisonnable » qui va permettre d’atteindre le déficit zéro « sans toucher aux services aux étudiants ».

Québec impose aux universités une coupe de 32 millions qui s’additionne aux 172 millions déjà retranchés. Pour les cégeps, c’est une somme récurrente de 19 millions qui doit être sabrée, presque le même montant que la compression de 21 millions exigée dans le dernier budget Leitão. Au cours des quatre dernières années, c’est une réduction récurrente de 90 millions de leur budget qu’ont dû absorber les cégeps et qui est porté à 109 millions.

Le p.-d.g. de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, ne partage pas du tout le point de vue lénifiant du ministre. « C’est ingérable », juge-t-il. Les cégeps ont arrêté leur budget il y a six semaines et établi leur plan d’effectifs pour l’année.

« C’est l’effet cumulatif qui fait mal », a-t-il souligné. Les cégeps les plus fragiles en région n’auront d’autre choix que de creuser leur déficit, a prévenu Jean Beauchesne, ce qui n’améliore pas les finances publiques puisque les cégeps font partie du périmètre comptable du gouvernement, contrairement aux universités à charte. Pour d’autres cégeps, ce seront les services en périphérie qui seront sacrifiés : heures d’ouverture réduites pour les bibliothèques ou abandon d’équipes sportives, par exemple.

« Il n’y a plus de marge de manoeuvre. Les services donnés aux étudiants sont désormais en péril et, comme éducateurs, c’est une réalité que nous ne pouvons pas accepter », a indiqué Jean Beauchesne, Selon lui, ce sont les étudiants les plus vulnérables qui écoperont.

Dans une entrevue accordée au Devoir il y a trois semaines, Yves Bolduc a affirmé que les cégeps, contrairement aux universités, n’auraient pas à subir de nouvelles coupes. Les cégeps ont moins de marge de manoeuvre que les universités, estimait le ministre. Jean Beauchesne a rappelé que les cégeps sont presque entièrement financés par l’État — ils n’imposent pas de droits de scolarité — et la plus grande part de leur budget « est consacrée à la masse salariale incompressible du personnel enseignant ».

16 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 14 novembre 2014 05 h 46

    Haro sur Coiteux

    Comment tolérer que Coiteux, du haut de ses certitudes, puisse décréter qu'il y a du gaspillage dans toutes les missions de l'état? Qui est-il pour imposer ainsi ses dogmes, sans aucune analyse détaillée des dépenses effectuées dans chacuns des ministères, et effectuer des coupures de dépense de façon horizontale au détriment d'une saine gestion des fonds publics.

    Doit-on rappeler que les gaspillages allaient jusqu'à 30% des contrats du ministère des travaux publics sous Jean Charest pendant qu'on coupait ailleurs dans les services publics. Actuellement on gaspille dans le domaine des cimenteries, des contrats informatiques, des éoliennes et des centrales électriques inutiles. N'y a-t-il pas lieu de faire le ménage là-dedans?

    En tant qu'élus, n'êtes-vous pas tannés de vous soumettre aux diktats de tels gestionnaires déconnectés de la réalité?

  • Grace Di Lullo - Inscrit 14 novembre 2014 09 h 20

    Le périmetre comptable élevé au rang de dogme

    Hier soir , j'écoutais les travaux sur le projet de Loi 15 (contrôle des effectifs) sur la chaine de l'Assemblée nationale, le ministre Coiteux, est habile. La député représentant Hochelaga-Maisonneuve lui posent des questions, et à chaque fois M. Coiteux répond avec toujours le même périmetre verbal pour parler de son périmetre comptable.

    Le périmetre comptable est une cible, une marotte, un leitmotiv, une expression de grande propagande, ...en l'entendre on dirait le message venant d'un guru, ou d'un membre d'une secte. C'est le périmetre comptable et rien d'autre. C'est le périmetre comptable élevé au rang de dogme. Le ministre Coiteux répond en redisant continuellement le même mantra avec une trace subtile de mépris !

    Le périmetre de ces hommes et femmes de l'austérité est très petit et sans vision !

    C'est une honte.
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  • Grace Di Lullo - Inscrit 14 novembre 2014 09 h 25

    Projet de loi 15 :entre les effectifs et les dépassements de coûts sur les contrats

    Sur le projet de loi 15 Controle des effectifs, Pourquoi ne pas vouloir faire un projet de loi XX sur le Controle des écarts sur les projets?

    En passant, messieurs et mesdames de l'Assemblée nationale, je ne comprends pas la volonté de savoir le nombre des effectifs par le biais d'une législation. À chaque deux semaine n'émettez vous pas des chèques de paie ? On doit bien savoir rapidement combien de chèques pour la classe d'emploi tout autant.

    Il serait préférable de controler le nombre des services d'impartion, de consultations, et surtout de controler les écarts entre le prévisionnel et la réalité.
    Projet de loi X, controle des écarts comme dans : L'informatisation de la santé devrait nous couter X nous demanderons à chaque mois une reddition pour nous assurer d'atteindre le but avec le peu d'écart possible.

    En prenant l'exemple des contrats informatiques, il serait utile de savoir :
    -Combien de contrats
    - Quels sont les contrats ?
    - Y-a-t-il des écarts importants ?

    C'est curieux, mais les ministères se trouvent toujours devant des dépassements de couts énormes et personne ne semble savoir la raison.

    Cela serait plus difficile de Controler ces contrats que de controler les cheques de paie aux deux semaines.

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 novembre 2014 15 h 22

      Ce n'est pas si simple. Des entités comme les commissions scolaires, les cégeps, les hôpitaux, les sociétés d'État, sont chacune des employeurs à part, avec chacune sa liste d'employés

  • Michel Richard - Inscrit 14 novembre 2014 09 h 45

    Qui est-il ?

    Il est Président du Conseil du Trésor, c'est sa job de surveiller les dépenses du gouvernement. Pourquoi dites-vous "sans analyse détaillée des dépenses . . . " vous savez ce qui est sur son bureau ? Vous avez vu les analyses à sa disposition ?

    Bien sûr qu'il y a du gaspillage dans les activités que vous mentionnez. Mais c'est pas parce qu'il y en a là, qu'il n'y en a pas ailleurs !

    • Bernard Plante - Abonné 14 novembre 2014 12 h 56

      Effectivement, le plus grand gaspillage provient de ceux-là même qui veulent tout couper.

    • André Chevalier - Abonné 14 novembre 2014 13 h 20

      « Mais c'est pas parce qu'il y en a là, qu'il n'y en a pas ailleurs !»
      ... et qu'il y en a partout!

  • Gilles Théberge - Abonné 14 novembre 2014 10 h 06

    À force de couper partout

    Il va finir par manquer des bouts et en bout de ligne il faudra certainement réfléchir à cette pensée de Thomas d'Aquin à savoir qu'il faut à l'homme le minimum vital pour pouvoir pratiquer la vertu.

    Beaucoup de dirigeants de nos Institutions majeures à qui sont demandés des sacrifices à jet continu sont aux abois. Ila savent, eux, que un moins un égale zéro.

    Si ça continue les bénéfices collectifs de nos investissements sociaux vont finir par devenir tellement virtuels qu'ils ne vont plus rester réels que dans notre imaginaire.

    Le passage au gouvernement de cette équipe de démolisseurs va finir par être comparable au passage de ce que l'on a fini par nommer comme qualificatif d'u. Peuple envahissant dans l'histoire ancienne. Ce gouvernement est un véritable vandale moderne.