Québec étudiera le problème

Trois professeurs de l’UQAM ont vu la porte de leur bureau placardée d’autocollants faisant référence à sa politique 16 contre le harcèlement sexuel.
Photo: Source Facebook Trois professeurs de l’UQAM ont vu la porte de leur bureau placardée d’autocollants faisant référence à sa politique 16 contre le harcèlement sexuel.

On ne sait pas encore quelle forme la consultation prendra, mais il y en aura une. À l’heure où les partis politiques de l’Assemblée nationale cherchent la bonne formule pour étudier la problématique de la violence sexuelle, une douzaine de groupes de femmes ont plaidé jeudi pour la création d’une commission semblable à celle sur la question de « mourir dans la dignité ».

« On fait face à un mouvement populaire [de dénonciation] sans précédent, on s’attend à une réponse sans précédent de Québec », a lancé en fin de journée Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

Selon nos informations, cette réponse est déjà bien en marche. Mercredi soir, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a rencontré les députées Carole Poirier (Parti québécois) et Françoise David (Québec solidaire) pour discuter d’une motion présentée par Mme Poirier. Celle-ci vise la mise sur pied d’une « commission parlementaire spéciale sur la violence sexuelle contre les femmes ».

Conclusion de la réunion : tout le monde s’entend sur l’utilité d’une telle démarche — y compris la Coalition avenir Québec. Mais reste à voir quelle forme lui donner. « La rencontre a été très positive, indiquait jeudi l’attachée de presse de la ministre, Jolyane Pronovost. Nous allons travailler ensemble pour trouver le moyen de consultation qui répondra à la demande. »

Selon Mme Pronovost, la consultation servira notamment à nourrir l’écriture du troisième Plan d’action en matière d’agressions sexuelles, prévu pour 2015.

« Ce qui est absolument important, c’est d’avoir une commission itinérante qui ira rencontrer les femmes sur le terrain, estime Alexa Conradi. Il faut avoir un vrai bon portrait de l’échec du système et des solutions que les femmes identifient pour le transformer. Et pour ça, il faut prendre son temps. »

La FFQ et ses organismes alliés souhaitent que la commission permette d’« identifier les pressions sociales qui renforcent le silence » et de « faire l’évaluation des méthodes mises en place par l’État » pour prévenir et punir la violence sexuelle.

Le communiqué commun diffusé jeudi affirme que la vague actuelle de témoignages dénonçant des agressions « montre que les femmes n’ont pas confiance dans le système actuel, incapable de leur offrir justice ».

UQAM

Mais ces dénonciations anonymes ont aussi un revers de médaille. La Presse évoquait jeudi que trois professeurs de l’UQAM ont vu « leurs portes de bureau placardées d’autocollants » disant « harcèlement, attouchements, voyeurisme, agressions ». La direction de l’établissement mène une enquête sur ces incidents.

Jeudi, les professeurs visés par cette action ont répliqué en portant plainte au bureau interne d’intervention et de prévention en matière de harcèlement, a confirmé la porte-parole de l’université.

Le vice-recteur à la vie universitaire, Marc Turgeon, a dénoncé ces « comportements inacceptables ». « Ces gestes d’intimidation sont contraires aux valeurs d’un milieu universitaire », écrit-il. « La stratégie visant à utiliser le vandalisme ou les réseaux sociaux pour porter des accusations ne peut qu’être dénoncée », a soutenu M. Turgeon.

Le NPD veut un agent contre le harcèlement

Ottawa — Le chef néodémocrate Thomas Mulcair a appelé jeudi ses homologues Stephen Harper et Justin Trudeau à se joindre à lui pour mettre sur pied un processus pour gérer les cas de harcèlement au Parlement. La suspension récente de deux députés libéraux accusés par des collègues néodémocrates d’avoir commis des « fautes personnelles graves » a démontré qu’il n’existe pas de directives ou procédures à la Chambre des communes pour gérer ce genre de situations. M. Mulcair réclame la nomination d’un agent du Parlement qui serait indépendant et chargé d’étudier les plaintes. Il souhaite en outre la mise sur pied d’un processus à suivre en cas de harcèlement qui protégerait l’identité des victimes, de même que l’adoption d’un code de conduite pour députés et employés du Parlement. « Régler la question de harcèlement au Parlement est non seulement une de nos priorités, mais aussi une de nos obligations », a fait valoir M. Mulcair. Marie Vastel
1 commentaire
  • Étienne Duclos-Murphy - Inscrit 14 novembre 2014 09 h 44

    Un des discours

    Un des discours à la mode dans certains millieux féministes est de ne pas parler à la police, comme si c'était cool, ou comme si nécessairement la victime d'une agression sexuelle n'avait aucune chance de se faire entendre auprès d'une institution (la police) qualifiée de patriarcale.

    L'intimidation faite aux professeurs de l'UQAM est quelque chose que je condamne au plus au point.

    De plus, je vois souvent des affiches dans les rues qui sont très claires dans leur message, j'en ai même filmées quelques une. Elles font supposement la promotion du respect des femmes, mais avec une violence sous entendu envers les hommes et leurs comportements parfois déplacés (par comportements déplacés je sous-entend, par exemple, l'action de dire à une inconnue dans la rue qu'elle est belle).

    Une partie du mouvement féministe creuse définitivement l'écart entre la réalité et leur monde de fiction.