QS s’en prend aux partis traditionnels

Pauline Marois était au courant de l’existence du financement sectoriel par les firmes de génie-conseil, et Jean Charest y participait. L’avocat de Québec solidaire, Alain Tremblay, n’y est pas allé par quatre chemins pour condamner l’attitude des partis traditionnels, jeudi dans ses remarques finales à la commission Charbonneau.

Québec solidaire évalue à 90 millions de dollars les sommes perçues illégalement par les principaux partis (PLQ, PQ et ADQ) au cours des 15 dernières années. Le parti va même jusqu’à accuser les trois formations d’avoir ourdi « un complot criminel » avec les firmes de génie-conseil.

La formation de gauche demande des amendements au Code criminel afin que les politiciens qui ont bénéficié des largesses des firmes de génie-conseil et des entrepreneurs en construction soient traduits en justice.

« La clé de la prévention, c’est de mettre fin à l’impunité », a fait valoir Me Tremblay.

Québec solidaire est le seul parti à faire des recommandations à la commission Charbonneau. Le PQ a choisi de transmettre des représentations écrites seulement, tandis que le PLQ boude entièrement cette étape pourtant importante des travaux.

De son côté, l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) a rappelé dans ses remarques finales qu’elle ne cautionnait pas la collusion et la corruption. « On a voulu protéger les membres, protéger les entrepreneurs qui sont honnêtes », a dit l’avocat de l’Association, Denis Houle.

Me Houle a déploré le fait qu’une minorité d’entreprises ont « brisé la réputation de l’industrie » par leurs gestes isolés.

Service-conseil

Dans son mémoire, l’ACRGTQ a recommandé notamment de créer des centres de services professionnels, au sein des MRC, afin de conseiller les municipalités dans leurs projets d’infrastructures ; d’élargir les modes d’attribution des contrats publics, pour tenir compte de la localisation, de la complexité des ouvrages, etc. ; et de soumettre Hydro-Québec à la Loi sur les contrats publics.

La commission terminera ses travaux vendredi matin avec une allocution finale d’une trentaine de minutes de la juge France Charbonneau. La commission devra rendre son rapport final au plus tard le 19 avril 2015.

Laval veut son argent

La Ville de Laval demande à la commission Charbonneau de ressusciter un projet de loi qui avait été déposé par le précédent gouvernement du Parti québécois, qui visait à permettre de récupérer des sommes perdues à cause de la collusion et de la corruption. Ce projet de loi n’a finalement jamais été adopté à cause des élections, a déploré Me Patrice Guay, directeur du contentieux de la Ville de Laval. Ce projet de loi devait permettre au gouvernement d’entreprendre des poursuites en dommages au nom des organismes publics ou des municipalités pour récupérer des sommes auprès d’entreprises ayant participé à des stratagèmes. La Presse canadienne
13 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 14 novembre 2014 01 h 38

    Et pourtant

    et c'est même un libéral qui l'a avoué devant la Commission, c'est bien le parti libéral qui a été la Voie Royale de la corruption dans le financement des partis politiques et du secteur de la construction.

    Et la CEIC dirigée par la juge Charbonneau, véritable SPHYNX, et conseillée par un collaborateur de Jean Charest a fermé les yeux.

    Voilà pourquoi votre fille est muette, Majesté!

    • Gilbert Talbot - Abonné 14 novembre 2014 13 h 45

      Juste une question: pourquoi la CEIC n'a pas demandé à Marc Bibeau, le collecteur de fonds en chef du PLQ, à témoigner?

  • Victoria - Inscrite 14 novembre 2014 08 h 08

    C’est bien beau…

    C’est bien beau de corriger le tir pour l’avenir. Sauf que, qu’arrivera-t-il aux citoyens lésés, qui doivent encore se débattent (financièrement) contre les abus du passé qui persistent et qui en font toujours les frais ???

    On nous accuse d’infraction lorsque nous respectons l’environnement autant que l’on puisse le faire et ce, avec peu ou pas de moyens à notre disposition. Et, comme de raison, il est difficile de trouver un expert impartial pour prouver l’excès envers nous, les simples citoyens.

    Est-ce que ça va corriger les abus antérieurs et actuels? …les distorsions d’application de la loi ?
    Je me pose toujours la question avec le stress qu’on nous impose depuis au moins 6 ans.
    Faut-il toujours passé par les médias pour que ça cesse ?

    Bonne journée !
    Je vais essayer d’en avoir une bonne journée moi-aussi, malgré tout.

  • Richard Laroche - Inscrit 14 novembre 2014 08 h 36

    Une maladie mentale collective

    Si les partis politiques ont rempli leurs coffres d'argent illégal depuis tant d'années, ça veut dire que leurs campagnes électorales étaient payées avec de l'argent sale et que de facto, la campagne électorale était elle-même injuste. Les partis honnêtes avaient moins d'argent tandis que les partis de magouilleurs profitaient d'un magot d'argent illégal pour acheter des votes.

    Donc par extension, l'élection elle-même a été truquée et le gouvernement n'avait absolument aucune légitimité.

    Nous sommes depuis des années sous le règne de criminels et de leurs collaborateurs opportunistes et aliénés car nous avons été trompés à coups de détournements et de mensonges. Et le plus absurde est que personne ne semble réagir concrètement, sauf QS. Même la CAQ et son ramassis de carriéristes n'ose pas prononcer le mot "criminel".

    Je ne verrai aucune légitimité dans cette assemblée nationale tant qu'aucun politicien n'aura été en prison pour ces faits. Tout ce que je vois, c'est une grosse maladie mentale collective.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 novembre 2014 11 h 55

      .

      «Donc par extension, l'élection elle-même a été truquée et le gouvernement n'avait absolument aucune légitimité.»- Richard Laroche

      Vous mettez le doigt sur un gros bobo M. Laroche et c'est ce que je pense moi-même depuis des années En ce sens, cela remet même en question la légitimité de la fameuse dette nationale qui a été contracté en bonne partie de manière abusive et que les Islandais ont décidé de refuser de payer.

      - CM

    • Richard Laroche - Inscrit 14 novembre 2014 15 h 50

      Dans le cas de l'Islande, ce sont les épargnants qui avaient de l'argent dans des grosses banques en faillite qui ont individuellement absorbé les pertes de manière privée, à défaut de passer par l'État.

      C'est un peu incohérent de la part d'un militant de QS d'utiliser l'exemple Islandais qui est plutôt un cas de politique de droite non-interventionniste.

      C'est tout le contraire d'un "bailout" où toute la population (même ceux qui n'avaient pas un sou dans la banque) paye solidairement (avec la dette du gouvernement) pour couvrir les pertes de ceux qui avaient de l'argent dans ces banques.

    • Patrick Boulanger - Abonné 14 novembre 2014 16 h 21

      @ M. Montmarquette

      M. Montmarquette, notre fameuse dette nationale il va bien falloir la payer un jour ou l'autre (peu importe si ce sont des gouvernements corrompus qui nous l'ont donné). Et personnellement, je trouve que QS ferait un bon coup s'il s'engageait à la réduire progressivement d'un budget à l'autre. Pour ce faire, nous n'avons qu'à augmenter suffisemment nos revenus pour investir dans nos programmes sociaux tout en la réduisant progressivement. Vous savez, elle nous coûte très chère en intérêts cette dette-là. J'ignore qu'elle est la position officielle de QS par rapport à la dette, mais je trouve que ce serait une erreur si ce parti politique choisisait de la banaliser et de laisser le problème de son remboursement à ses adversaires (qui ont des solutions pour la rembourser qui, bien souvent, ne peuvent pas être qualifiées de progressistes).

    • Renaud Blais - Inscrit 14 novembre 2014 20 h 49

      @ M. Boulanger,
      La dette, il faut d'abord l'auditée, comme le font en Amérique du Sud, l'Équateur et autres. afin d'en déterminer LES ÉLÉMENTS légitimes et les autres qui le sont moins. L'Argentine y arivera peut-être, avant de crouler sous sont poid sans possibilité de se libérer des griffes des re-reprêteurs fripons.
      Renaud Blais
      Québec

  • André Michaud - Inscrit 14 novembre 2014 10 h 20

    Évidemment

    Facile de se montrer "pur" pour QS puisqu'il n'ayant aucune chance d'être choisi par les citoyens pour gouverner on ne leur propose pas de fournir de gros montants à leur caisse ...

    Comme un homme laid qui se vante d'être puceau...??

    • Louis Horvath - Inscrit 14 novembre 2014 11 h 13

      J'en conclus donc que vous êtes contre l'idée de condamner les politiciens et les organismes qui ont volontairement enfreint la loi? Si la corruption persiste c'est parce que des gens comme vous la laisse passer et ne joignent pas leur voix à ceux qui la dénonce.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 novembre 2014 11 h 50

      .

      En réplique au Devoir :

      « Facile de se montrer "pur" pour QS puisqu'il n'ayant aucune chance d'être choisi par les citoyens pour gouverner on ne leur propose pas de fournir de gros montants à leur caisse» - André Michaud

      Notre gauche politique existe depuis plus de 15 ans si on inclu l'UFP. Et Québec Solidaire depuis 8 ans, et malheureusement pour vous, contrairement au PQ, au PLQ et à l'ADQ, Québec Solidaire n'a jamais trempé dans le financement illégal comme ses trois adversaires dans la collusion et la corruption.

      Il y des limites à foutre tous les partis politiques dans le même sac pour essayer se donner bonne conscience.

      - CM

    • Benoît Landry - Inscrit 14 novembre 2014 13 h 59

      Wow bravo pour votre qualité argumentaire.

      Une chance que Qs était là pour lancer les premières dénonciations qui ont amenées cette Commission. Pas pire pour un parti qui n'avait qu'un seul député à l'époque.

  • Simon Chamberland - Inscrit 14 novembre 2014 23 h 17

    Être sérieux

    Si QS était sérieux dans sa luttte à la corruption, ce groupuscule, ce parti-division, ne serait pas l'allié objectif des libéraux. Quoique entre fédéralistes...