Les dépenses des ministres bientôt en libre accès

Après les agendas des ministres, ce sont les dépenses de fonction des ministres, mais aussi des présidents et vice-présidents des sociétés d’État comme Hydro-Québec et la Société des alcools du Québec qui seront rendues publiques de façon automatique, trimestriellement, à compter d’avril prochain.

Le ministre de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Jean-Marc Fournier, jouant à l’effeuilleuse, a dévoilé, mercredi, la deuxième étape de sa « démarche pour un gouvernement ouvert et transparent ». Un exercice encore plus révélateur surviendra quand le ministre publiera, au plus tard en février, un document d’orientation en vue d’une refonte en profondeur de la loi sur l’accès à l’information, refonte basée sur le principe de « données ouvertes », c’est-à-dire la divulgation statutaire d’informations gouvernementales.

Jean-Marc Fournier a également annoncé que les documents transmis à la suite d’une demande d’accès à l’information seront diffusés sur les sites Internet des ministères, organismes ou des sociétés d’État cinq jours ouvrables après qu’ils ont été remis au demandeur. C’est donc dire que les médias, jaloux de leur exclusivité, ne disposeront que d’un court délai pour lancer leur scoop, le cas échéant.

Les dispositions annoncées feront l’objet d’un règlement qui sera publié dans la Gazette officielle ; il sera donc soumis à une période de consultation de 45 jours avant son adoption définitive.

Ministres, présidents et vice-présidents diffuseront sur Internet leurs frais de déplacement, y compris pour les missions à l’étranger, leurs frais de repas, le coût de leur limousine. La SAQ, par exemple, devra révéler le coût de ses campagnes de publicité. Les frais de télécommunications et les loyers seront aussi rendus publics. La divulgation touche également le personnel politique et les sous-ministres ainsi que les sous-ministres adjoints ou associés, mais elle ne sera pas individuelle : sera inscrit un montant global.

Les salaires, primes, allocations et autres indemnités qu’empoche l’aréopage seront connus une fois l’an. En outre, tous les trimestres, on connaîtra l’usage que font les ministres de leur budget discrétionnaire.

Des consultations seront bientôt amorcées avec les municipalités et avec les réseaux de l’éducation et de la santé pour qu’ils se conforment à des exigences semblables, a mentionné le ministre. Quant aux députés, le Bureau de l’Assemblée nationale a entamé une réflexion en ce sens.

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2 commentaires
  • Jean-François - Abonné 13 novembre 2014 07 h 21

    Question...

    Libéral, transparence, Jean-Marc Fournier,ouvert....

    Tout ces mots réunis dans la même phrase; suis-je le seul à être mort de rire ce matin?

    Tant qu'à y être, rajoutons aussi compétent!

  • Leclerc Éric - Inscrit 13 novembre 2014 11 h 03

    Telle action posée par Lucien Bouchard à une certaine époque

    Il avait annoncé au peuple qu'il ordonnait à ses députés-ministres (et lui-même) de réduire leur chèque de paie de... 6%!

    Selon mes calculs, 6% de 155,000 $ par an ou 100,000 $ par an (en plus des allocations non-imposables et imposables) c'est une goutte d'eau dans l'océan.

    Si Couillard rend publiques les dépenses de ses ministres et les siennes, en plus des agendas de ceux-ci, ont pourra alors parler réellement de transparence.

    Croyez-vous encore au Père-Noël?