PKP hanté par ses lockouts

PKP se dit toujours « en réflexion » sur son avenir politique, malgré les informations obtenues par Radio-Canada selon lesquelles il sera bel et bien de la course.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne PKP se dit toujours « en réflexion » sur son avenir politique, malgré les informations obtenues par Radio-Canada selon lesquelles il sera bel et bien de la course.

Le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, en a marre d’être dépeint comme un patron de presse impitoyable duquel les progressistes devraient se méfier. Le Parti québécois doit faire le plein d’appuis à la fois à « droite » et à « gauche » s’il entend « faire du Québec un pays », est-il conscient.

Dans Le Journal de Montréal, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a évoqué l’idée de lancer une consigne de vote ou encore de noyauter le PQ afin de barrer la route à « un employeur intransigeant [responsable de] 14 lockouts ».

De retour de Barcelone où il a goûté à la fièvre indépendantiste catalane, PKP a fait peu de cas de la sortie médiatique du numéro un de la FTQ. Il se dit d’autre part toujours « en réflexion » sur son avenir politique, malgré les informations obtenues par Radio-Canada selon lesquelles il sera bel et bien de la course à la direction du PQ.

« Moi, je ne suis pas membre de la FTQ. C’est à eux de déterminer s’ils peuvent ou non s’exprimer sur cette question-là », a affirmé le candidat pressenti, mardi midi. Le magnat de la presse a toutefois paru agacé de voir la centrale syndicale lui remettre sur le nez les 14 lockouts qui ont ponctué son règne à la barre de Québecor. « On mentionne en permanence les 14 lockouts. Je pense que ça requiert une contextualisation », s’est-il contenté de dire à l’entrée du caucus des élus du PQ.

Plus tard, PKP a « contextualisé » sur sa page Facebook les conflits de travail auxquels il a été confronté comme chef de la direction de Québecor, dont celui au Journal de Montréal en 2009 et 2010. Dans un billet mis en ligne mardi après-midi, il se défend d’avoir mal agi. Il soutient au contraire avoir cherché à « continuer à offrir des emplois » à la grande famille du Journal, alors que le syndicat s’entêtait à préserver une « convention collective d’une autre époque » dans un monde des médias en plein bouleversement.

M. Péladeau, aujourd’hui sans remords, appelle l’état major de la FTQ à « évoluer » et à « emprunter une nouvelle orientation pour que tous les Québécois s’enrichissent et [puissent] faire du Québec un pays ». « Ni à gauche ni à droite. […] L’indépendance est en avant », a-t-il fait valoir.

De son côté, le député de Rosemont, Jean-François Lisée, a mis en garde les membres du PQ contre l’idée d’« essayer d’être le parti de tous ». « On ne doit pas être à la fois de centre gauche et de centre droit. Il faut avoir une identité. […] Tant que notre identité n’est pas claire, on n’est pas attractif », a-t-il soutenu à la presse. L’élu de « gauche efficace » plaide pour un PQ affichant sans complexe un « parti pris écologiste » et un « préjugé favorable à l’égard des travailleurs », mais sans plus. « On est des indépendantistes indépendants des syndicats [et] du patronat », a-t-il précisé. D’ailleurs, M. Lisée s’est dit « pas à l’aise du tout » avec l’idée de voir la FTQ noyauter le PQ afin de torpiller la campagne à la chefferie de PKP. « Que chacun de ses membres [à M. Boyer] prenne sa décision », a-t-il dit.

La députée de Vachon, Martine Ouellet, a aussi dit appartenir à la gauche. Pour preuve, l’ancienne ministre des Ressources naturelles pointe ses années de travail dans le secteur privé, à Hydro-Québec et à l’Assemblée nationale, durant lesquelles elle a défendu la « conciliation du développement économique et de la protection de l’environnement ». « [M. Péladeau] a moins d’expérience de ce côté-là », a expliqué Mme Ouellet, promettant aussi un PQ toujours en « dialogue avec la population ».

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, s’est engagé à faire connaître sous peu « plein de propositions qui vont [le] distinguer » de Pierre Karl Péladeau. « Je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je suis là pour gagner », a-t-il répété.

Le chef caquiste, François Legault, a prédit « une certaine lune de miel » au PQ au lendemain de l’éventuelle élection de PKP, qui permettra à la formation politique d’« attirer beaucoup de monde ». Cela dit, à moins de mettre au rancart le projet de pays, le PQ est condamné à croupir dans l’opposition, est-il d’avis. « Rappelez-vous le poing de M. Péladeau. […] [Les Québécois] ont dit clairement qu’ils n’en veulent pas de référendum sur la souveraineté. »

38 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 novembre 2014 05 h 21

    FTQ

    Je suis membre de la FTQ depuis 50 ans (retraité maintenant) et JAMAIS personne ne m'a obligé à voter pour qui que ce soit ou contre qui que ce soit ! Une fois dans la boite à voter, je suis le SEUL à tenir le crayon. Même aux référendums, personne n’est venu sur mes chantiers pour faire du trafic d’influence. Palabrez tant que vous voulez, ce n'est que du vent dans les branchages ! On vous regarde aller et tout ce qu’on peut en dire c’est : «Pauvres types !»

    Bonne journée.

    PL

    • Hélène Gervais - Abonnée 12 novembre 2014 07 h 30

      Bien d'accord avec vous. Nous sommes seul(e)s à décider pour qui voter dans la boîte à voter. Quand à moi la FTQ est rétrograde depuis longtemps et n'a surtout pas de leçon à donner à qui que ce soit, avec tous leurs scandales.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 12 novembre 2014 09 h 28

      Qui parle de vous OBLIGER à voter pour qui que ce soit? Les grandes centrales syndicales n'émettent-elles pas des recommandations à chaque élection, tout comme nombre d'autres organismes?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 novembre 2014 11 h 27

      « n'émettent-elles pas des recommandations à chaque élection ?» Et qui croyez-vous peut mettre en force ces recommandations une fois que je suis tout seul dans la boite ? Et qui a le pouvoir me demander pour qui j'ai voté ? Les recommandations de qui que ce soit ne sont que du vent... et je n'ai pas de boat à voile ! Si quelqu'un se sent obligé de voter contre sa position personnelle, la démocratie est une farce même ici. Et si vous pensez que mes chums se laissent attendrir par qui que ce soit... vous ne connaissez pas mes chums.

      Bonne journée.

      PL

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 12 novembre 2014 15 h 47

      Pierre Lefebvre: «Et qui a le pouvoir me demander pour qui j'ai voté ?»

      Personne, M. Lefebvre, et personne ne demande à avoir ce pouvoir. Un électeur, lorsqu'il vote, base sa décision sur une foule d'informations. Certaines de ces informations la position que défendent certains groupes ou organismes au sein de la société. Ces positions sont basées sur l'analyse que font ces groupes de la situation, en fonction de leur rôle au sein de la société, de leur mandat, des valeurs ou principes qu'ils défendent.

      Lorsque la FTQ, la CSN, une fédération étudiante, souvent suite à un vote, prennent position pour ou contre un parti, un politicien ou les mesures d'un gouvernement, cela constitue pour les électeurs une information qu'il est libre à vous de considérer ou d'ignorer.

      En quoi cela est-il si problématique qu'une organisation prenne position sur des enjeux politiques en fonction de principes qu'elle défend?

  • Pierre Labelle - Inscrit 12 novembre 2014 06 h 05

    La FTQ et ses conflits.

    Si j'étais à la place de Daniel Boyer, il me semble que je serais un petit peu gêné de parler de louckouts.... Combien de grèves illégales la FTQ a-t-elle déclenchée, et le saccage de la Baie-James par les fiers à bras de la FTQ qui nous a coûté des centaines de millions de dollars, et les nombreux bris volontaires d'équipements sur les chantiers des jeux olympiques de 76; encore des millions de dollars qui son sorties de nos poches pour réparer vos actes sauvages. Moi monsieur Boyer je me souviens, avez-vous oublier un certain André (Dédé) Desjardins, un fier à bras de la FTQ des années 70, un de ceux qui faisait règné la terreur sinon la peur sur tous les chantiers majeurs, ses accointances avec le crime organisé étaient connues de tous et pourtant votre syndicat le laissait occupé un poste de direction et de pouvoir, ses jours se sont terminés dans la violence comme il a vécu, il a été assassiné. Et plus récemment les Jocelyn Dupuis et autres qui étaient associés avec des membres du crime organisé, qui allaient se faire griller la bédaine sur le bateau de Tony, et votre Rambo de la Côte Nord, je pourrais continuer comme ça pendant des heures mais je pense que vous avez compris monsieur Boyer. Avec ce genre de passé, abstenez-vous de vouloir faire ou donner des leçons à qui que ce soit. La seule leçon qui s'impose dans un cas comme le vôtre: c'est celle que vous devriez tirée de ce passé tumultueux de la FTQ.

    • Yvon Giasson - Abonné 12 novembre 2014 09 h 04

      La FTQ a connu et connais encore de graves lacunes.
      Cette centrale syndicale est tout de même une grande institution qui a contribué au Québec moderne.
      Pensons simplement au Fonds de solidarité des travailleurs et ses nombreuses contributions au développement des PME québécoises.
      Il faudrait lui rappeler toutefois qu'il a pour mandat essentiel de défendre et de protéger les droits des travailleurs et non de marquer sa détestation envers un homme politique quel qu'il soit.
      Mais après la déclaration de son représentant à la Commission Charbonneau hier, je me demande où réside son sens éthique.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 novembre 2014 11 h 32

      «je me demande où réside son sens éthique.»

      Le sens éthique devrait se trouver en tête de liste; là où les contrats se donne. Compter sur les syndicats pour refuser du personnel à ceux à qui on a donné des contrats, c'est prendre le taureau par le mauvais bout et vous savez ce qu'il sort de ce bout-là !

      PL

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 novembre 2014 06 h 12

    Savoureux

    « [M. Péladeau] a moins d’expérience de ce côté-là », a expliqué Mme Ouellet

    Gageons qu'il ne s'en porte pas trop mal.

    • Louka Paradis - Inscrit 12 novembre 2014 06 h 33

      Un bon proverbe dans les circonstances pour M. Péladeau : «Bien faire et laisser braire.»

  • charles noel - Inscrit 12 novembre 2014 07 h 08

    Les questions qui fachent

    Les questions qui fâchent ont été jusqu'a présent soigneusement écartées. Cela ne peut durer.

    A noter que PKP utilise la formule de Landry - l'indépendance n'est ni de gauche ni de droite mais droit devant - le vieux rève de bâtir une coalition. Faire cohabiter Francois Legault et Francois David sous la même tente, vraiment ?

    Ce qui se gagne a droite, se perd a gauche, un jeu a somme nulle.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 12 novembre 2014 15 h 00

      En quoi voyez vous un lien entre "l'indépendance n'est ni de gauche ni de droite mais devant et un VIEUX rêve de bâtir une coalition. La majorité du temps le P. q. a été le seul à promouvoir l'indépendance, si on fait exception de quelques particules. Depuis des décennies ce Parti, dont je ne suis pas membre en passant, est celui qui a le plus membres au Québec. Et finalement... ce qui ne s'est jamais fait peut se faire un jour, ça c'est vu partout et souvent, et vouloir accéder à l'indépendance n'est pas un jeu ni qu'une affaire de calcul.

  • Ginette Joannette - Inscrite 12 novembre 2014 07 h 17

    Est-ce que la FTQ préfère le crime organisé?

    Est-ce que la FTQ préfèrerait que le crime organisé soit au pouvoir? Pourvu qu'il soit un bon gouvernement ... qui ofrre 250 000 emploi .... Ha! Ha! Ha! Rappelons Dédé Desjardins, Tony Arcuso, Rambo, Jocelyn Dupuis ... et combien d'autres.

    • Josée Duplessis - Abonnée 13 novembre 2014 06 h 35

      Quelle très bonne réflexion mme Joannette.
      La question est entière pour la FTQ.