Cloutier se pose en défenseur des régions

Pendant que Philippe Couillard met la hache dans les instances locales — conférences régionales des élus, agences de santé et commissions scolaires en tête —, Alexandre Cloutier s’engage à redonner une voix aux régions du Québec s’il devient chef du Parti québécois. Une façon pour le plus jeune candidat dans la course à la direction du PQ de se distinguer de ses nombreux adversaires.

« Les mieux placés pour prendre des décisions, pour nos écoles, pour nos hôpitaux, ce sont les gens qui vivent à proximité, les gens qui côtoient le monde sur le terrain. C’est ça, la décentralisation, a affirmé Alexandre Cloutier en lançant officiellement sa campagne, chez lui, à Alma au Lac-Saint-Jean, dimanche. Mon voisin de Roberval, M. Couillard, et moi on a deux visions diamétralement opposées du développement régional, du développement du Québec. »

Près de 300 personnes avaient répondu à l’appel. Si aucun député du PQ n’appuie publiquement M. Cloutier pour l’instant, celui-ci assure que cela s’en vient, que « des noms » seront dévoilés prochainement. Dimanche, il était flanqué de l’ex-ministre Louise Harel, qui a longuement vanté son expérience. « C’est un constitutionnaliste distingué [et] il s’intéresse à des gens que la plupart des gens oublient. Il possède une énergie, une volonté, un courage et un talent [...] pour nous ouvrir un nouveau chapitre », a-t-elle affirmé.

Au fil de son évolution, le PQ s’est égaré. Il doit redevenir le parti du monde ordinaire, des travailleurs, des familles, mais aussi des plus démunis, a estimé M. Cloutier, en entrevue au Devoir. Un parti capable de convaincre les Québécois de souche, mais aussi ceux issus des communautés culturelles. « Le lien de confiance a été rompu, de toute évidence. On doit comprendre que ça va mal pas juste depuis la dernière élection, mais depuis très longtemps », a-t-il jugé, ajoutant qu’il sera nécessaire pour le PQ de « redevenir un parti d’alliance, une grande coalition », afin de regagner le vote de ceux qui votent pour Option nationale et Québec solidaire, s’il souhaite reprendre le pouvoir en 2018.

Pour y arriver, M. Cloutier propose notamment de modifier l’article I du programme du PQ, pour s’assurer que le processus d’accès à l’indépendance soit expliqué « avec une précision chirurgicale », inspiré de la méthode écossaise. La souveraineté ne pourra se faire sans la signature, par un million de Québécois, d’un registre national visant à réclamer la tenue d’un référendum sur l’indépendance. Un troisième référendum sur la souveraineté du Québec aurait lieu en 2021, trois ans après l’arrivée au pouvoir du gouvernement Cloutier.

Priorité éducation

Outre la souveraineté — ou plutôt, en l’attendant —, le député souhaite faire de l’éducation la priorité de son parti. « Les sociétés qui vont être au sommet dans 20 ou 30 ans, qui seront les plus riches au monde, ce sont celles qui auront les jeunes les mieux formés. Il y a encore trop de jeunes qui décrochent au Québec. Et pas juste au secondaire. Au cégep et à l’université également », dit-il, soulignant que le Québec est l’endroit avec le plus fort taux de décrochage universitaire en Amérique du Nord.

Âgé de 37 ans, Alexandre Cloutier est avocat de formation. Il est détenteur d’une maîtrise de Cambridge. Élu pour la première fois en 2007, il a été ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, à la Francophonie canadienne et à la Gouvernance souverainiste dans le gouvernement de Pauline Marois.