Les ministres devront dévoiler certaines de leurs rencontres

Jean-Marc Fournier veut rendre plus d’information accessible sous le principe des « données ouvertes ».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Jean-Marc Fournier veut rendre plus d’information accessible sous le principe des « données ouvertes ».

Québec fait un premier pas dans l’instauration de la « transparence » promise par le premier ministre Philippe Couillard en rendant publics les agendas de tous les ministres, que ce soit leurs activités publiques ou les rencontres qu’ils ont eues avec des acteurs non gouvernementaux.

« C’est une étape, une première étape », a indiqué le ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Jean-Marc Fournier, lors de son annonce jeudi. « C’est bien évident qu’un agenda, c’est un détail dans l’ensemble de l’oeuvre de transparence. Je crois que ce détail est important. »

En février au plus tard, le ministre doit présenter un document en vue de la refonte de la loi québécoise sur l’accès à l’information s’appuyant, notamment, sur le principe des « données ouvertes », c’est-à-dire l’information gouvernementale rendue publique systématiquement sans qu’il soit nécessaire de la demander, sans, surtout, qu’il soit possible d’en refuser la diffusion, comme c’est couramment le cas. « Le coeur du problème de la loi actuelle, c’est la perception qui s’est développée, et je pense aussi une certaine application, où le “ peut ” est vu comme “ ne doit pas ”. Alors on “ peut ” donner une information, donc on “ peut ne pas ”, donc on ne la donne pas, a expliqué Jean-Marc Fournier. Il y a trop de “ peut ” et il n’y a pas assez de “ doit ”. »

À la faveur de cette première étape, le premier ministre a donné « un mandat » à ses ministres, au whip et au président du caucus, de diffuser, à compter du 15 janvier prochain, une liste de leurs activités publiques la veille de leur déroulement (le jour même si des impératifs de sécurité s’imposent). C’est ce que fait le premier ministre à l’heure actuelle.

Trois mois plus tard

En outre, à compter d’avril 2015, les ministres, y compris le premier ministre, publieront mensuellement une liste des rencontres qu’ils ont eues avec des acteurs non gouvernementaux, trois mois après les faits, mais seulement les rencontres que ces personnes ont sollicitées. Si c’est le ministre qui demande à voir quelqu’un, il n’aura pas à faire de déclaration.

Les acteurs non gouvernementaux, ce sont les représentants d’entreprises, d’organismes, de syndicats, et les citoyens en général, mais aussi un maire, un recteur, un directeur d’hôpital ou de cégep, a précisé Jean-Marc Fournier. Les rencontres du ministre avec son sous-ministre, des membres de son cabinet ou des collègues élus ne sont pas visées. De même, les membres de son cabinet pourront rencontrer qui bon leur semble sans rendre de comptes.

S’il est jugé que la divulgation de ces rencontres pourrait nuire à des intérêts économiques, compromettre la sécurité ou encore entraver la justice, elles resteront secrètes.

Évidemment, la bonne foi se présume. Si, par exemple, un chef d’entreprise veut rencontrer un ministre sans que cela se sache, il n’a qu’à demander à celui-ci de « solliciter » la rencontre. « Est-ce qu’on va inventer une police qui va vérifier que les renseignements seront offerts ? La réponse, c’est non », a indiqué le ministre.

D’ici une dizaine de jours, Jean-Marc Fournier ajoutera une brique à son oeuvre en annonçant la divulgation d’informations sur les allocations de dépenses des ministres.

5 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 7 novembre 2014 04 h 56

    Phillippe rencontre Arthur.

    Phillippe rencontre Arthur pour planifier un voyage de pêche au saumon, c'est cela de la transparence.... Et le contenu de la rencontre lui, mis à part les saumons bien sûr, qu'en est-il? Cela m'apparait une grosse mascarade, on nous prend vraiment pour des valises si ce Fournier croit que l'on va gober cette salade. Tant qu'à faire pourquoi ne pas engagé le grand, le seul, l'unique inspecteur Duchesneau qui pourrait faire enquête sur chacune de ces rencontres et ensuite nous produire un rapport de son cru, un rapport transparent. Comme le ridicule ne tue pas, allez-y gaiement Jean-Marc et les autres, faut bien rigoler....

  • Gisèle Filion - Inscrite 7 novembre 2014 08 h 08

    Invoquer la transparence n'en donne pas nécessairement

    Oui, on nous prend pour des valises.

    Ce premier pas dans le sens de la prétendue transparence en est un qui semble justement ne viser qu'à l'invoquer comme si ce faisant, on en acquiérrait.

    Il semble que ce soit là une nouvelle façon toute libérale, de régler des problèmes. Sous prétexte de les régler, on ne fait que donner l'opportunité de les cacher sous le tapis, pendant qu'on se vantera de les avoir réglés.

    C'est une insulte à l'intelligence.

    Invoquer la transparence n'en donne pas nécessairement.

    • Claude Lachance - Inscrite 7 novembre 2014 14 h 28

      Et aussi une façon de contrôler et d'imposer l'opacité de ce que Monsieur Couillard appelle sa mission.

  • Sylvain Bolduc - Inscrit 7 novembre 2014 20 h 32

    Transparence oui mais à sens unique...

    Si un ministre veut rencontrer quelqu'un, il n'a pas à le divulguer. Voilà l'autoroute à sens unique de la corruption des nouveaux libéraux. Mais vraiment, ils nous prennent pour des cons ou quoi? Le pire c'est que la majorité des québécois n'y verront que du feu dans la BS de Fournier.

  • Leclerc Éric - Inscrit 7 novembre 2014 23 h 05

    Les agenda ça demeure personnel... surtout pour les ministres

    Seules les rencontres officielles seront dévoilées au grand jour. Les rencontres privées qui ont lieu dans des clubs bien connus des ministres, où se "closent" les affaires autour d'un copieux lunch ne seront jamais rendues publiques. Car aucun contributeur à la caisse électorale du PLQ ou argentier ne tiendra à ce que les rendez-vous «particuliers« ne soient connus de tous.

    Coullard a réussi à former un gouvernement majoritaire, et ceux qui ont réélu ce gouvernement ont tenu à ce que le passé soit oublié, où que l'on maquille la vérité, pour mieux poursuivre la tradition libérale de l'époque Charest.