Le PQ demande une enquête sur l’ex-ministre Normandeau

Nathalie Normandeau
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Nathalie Normandeau

La leader parlementaire de l’opposition officielle, Agnès Maltais, soupçonne l’ancienne vice-première ministre, Nathalie Normandeau, d’avoir fait entorse au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale en acceptant un mandat de consultante spéciale à la Ville de L’Ancienne-Lorette. À la demande de la députée péquiste Agnès Maltais, le commissaire à l’éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, a déclenché une enquête.

Le maire Émile Loranger a appelé à la rescousse l’ex-ministre des Affaires municipales (février 2005 au 23 juin 2009) afin de débloquer les négociations sur la part de la facture des services d’agglomération refilée à L’Ancienne-Lorette et à Saint-Augustin-de-Desmaures par l’agglomération de Québec. Pour ses services-conseils, Mme Normandeau touchera une allocation de 250 $ l’heure, et ce, jusqu’à concurrence de 25 000 $.

« La députée de Taschereau [Agnès Maltais] a des motifs raisonnables de croire que Mme Nathalie Normandeau aurait commis un manquement à l’article 59 du Code », précise le bureau de M. Saint-Laurent dans un communiqué diffusé vendredi, c’est-à-dire deux jours après avoir reçu la demande d’enquête du PQ. « Mme Normandeau [en] a été préalablement avisée. » Le commissaire remettra « sans délai » un rapport d’enquête assorti de ses recommandations au président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, s’il « en vient à la conclusion qu’un manquement a été commis » au cours de son « enquête à huis clos ».

L’article 59 du Code d’éthique et de déontologie prévoit qu’« un membre du Conseil exécutif qui a agi relativement à une procédure, une négociation ou une autre opération particulière ne peut, après qu’il a cessé d’exercer ses fonctions à ce titre, agir au nom ou pour le compte d’autrui à l’égard de la même procédure, négociation ou autre opération ».

Mise au parfum de la désignation de Nathalie Normandeau à la vice-présidence du développement des affaires chez Raymond Chabot Grant Thornton en 2012, la Coalition avenir Québec avait déposé une demande d’enquête au commissaire à l’éthique et à la déontologie. Le deuxième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale estimait que l’ex-ministre des Ressources naturelles pouvait difficilement travailler pour RCGT en raison de l’intérêt marqué de la firme d’experts-comptables pour le Plan Nord. Le commissaire ne partageait pas son avis.

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8 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 1 novembre 2014 08 h 03

    Enrichissons notre vocabulaire

    Immunité:
    Fait d'échapper à l'application d'une loi.

  • Martine Fortin - Inscrite 1 novembre 2014 10 h 21

    Personne n'est au dessus des lois

    Mme Normandeau, qui recevait des fleurs par des personnes mal-intentionnés, ne se soucie que d'elle même... misère! C'est elle qui essayait de défendre l'indéfendable en voulant justifier les primes généreuses quand on perd ou démissionne de la politique.... craignant la faillite financière.

    En quittant la politique, sa prime de 150,000$ était un simple gaspillage pour les contribuables du Québec. Ayant préparée sa sortie, elle a "trouvée" une job très payante rapidement. Maintenant, malgré les règles de l'éthique, elle veut travailler pour une municipalité et s'emplir la sacoche (déjà pleine $$). On va voir si le commissaire à l'éthique est une marionette, ou quelqu'un qui applique la loi.

    • Gilles Théberge - Abonné 1 novembre 2014 11 h 39

      Personne n'est au dessus des lois? En tout cas son passage à la CEIC laisse à penser que pour assurer que les politiciens rendent des comptes, il faudrait au moins qu'on leur pose les bonnes questions.

  • Leclerc Éric - Inscrit 1 novembre 2014 11 h 36

    Le menu législatif est plutôt mince

    Après avoir voulu la «peau» de PKP parce qu'il représentait l'espoir de Pauline Marois du renouveau du PQ, voilà que Nathalie Normandeau l'ancienne "dame de fer" du PLQ est la cible du PQ; tout comme d'autres députés-ministres elle a quitté la politique car c'est l'ensemble du caucus libéral, qui était visé par des allégations de corruption avant le retour des péquistes au pouvoir.

    Avant de faire enquête sur Normandeau, le caucus péquiste devrait plutôt se poser de très sérieuses questions sur ce qui a mené à leur défaite en rêgle.

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 novembre 2014 16 h 21

      Quel est le rapport, monsieur Leclerc entre les élections et le code de déontologie de l'Assemblée Nationale? S'il y en avait un, le PLC n'aurait certainement pas été élu... Il aurait même été disqualifié.

    • Normand Carrier - Inscrit 2 novembre 2014 06 h 33

      Quel salmigondis politique qui n'a aucun rapport monsieur Leclerc .... Comment pouvez-vous mélanger tout dans un petit texte ?
      Le PQ ne fait que son travail de parlementaire et je crois que cela vous ennui ......

    • Leclerc Éric - Inscrit 2 novembre 2014 12 h 23

      Madame Paulette, pourquoi selon vous n'importe quel bon communicateur ou homme ou femme d'expérience se faire élire à Ottawa ou Québec, fait un ou deux mandats pour tenter d'aller changer les choses? (c'est d'ailleurs pour ça qu'on entre en politique semble-t-il), et une fois élu le candidat se fait dire à l'oreille que ses idées ne seront jamais acceptées. Donc il doit faire son mandat, en se disant au service des citoyens qu'il représente, puis une fois terminé il aura profité de tous les avantages financiers d'être député sans plus. La politique c'est comme une cage à requis. Combien de députés ont annoncé qu'ils quittaient le PLQ avant le déclenchement des élections, sous Jean Charest?

    • Leclerc Éric - Inscrit 2 novembre 2014 12 h 24

      Monsieur Carrier, ce n'est qu'un commentaire. Le PQ fait son travail parlementaire, mais Nathalie Normandeau n'est plus en politique et son bureau est vide depuis longtemps, qu'on lui fiche la paix!