Bolduc veut permettre des exceptions exceptionnelles

Un étudiant qui n’aurait pas réussi ses épreuves de français ou de philosophie pourrait obtenir ce nouveau diplôme technique et rejoindre ainsi rapidement le marché du travail.
Photo: Michael Monnier Le Devoir Un étudiant qui n’aurait pas réussi ses épreuves de français ou de philosophie pourrait obtenir ce nouveau diplôme technique et rejoindre ainsi rapidement le marché du travail.

Tout en affirmant que les étudiants du cégep devront tous réussir l’épreuve uniforme de français pour obtenir leur diplôme d’études collégiales (DEC), Yves Bolduc a réitéré qu’il y aura des exceptions, mais de rares exceptions.

« C’est l’exception de l’exception », a déclaré le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science à l’Assemblée nationale quand il fut questionné par le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière d’éducation, Jean-François Roberge.

« J’en appelle à votre sens humain, a lancé Yves Bolduc. S’il est démontré qu’un étudiant a une problématique très particulière, le cas exceptionnel — un exemple : une dyslexie sévère —, est-ce qu’on pourrait accepter comme société une façon d’évaluer différemment, de permettre à cette personne d’avoir un métier ? »

 

Un DEC sans français

Si Yves Bolduc fait à ce sujet dans les nuances afin de faire du sur-place, il en va tout autrement de sa position sur la création d’un nouveau « certificat d’études collégiales techniques » (CECT) qu’a recommandée l’ancien directeur de cégep Guy Demers, dans son rapport sur l’offre de formation collégiale. Un étudiant qui n’aurait pas réussi ses épreuves de français ou de philosophie pourrait obtenir ce nouveau diplôme technique et rejoindre ainsi rapidement le marché du travail.

« Que ce soit au niveau technique ou au niveau de la formation pré-universitaire, on doit passer les examens de français, les examens de philosophie […]. Pour nous, c’est un incontournable », a-t-il affirmé mardi, faisant volte-face.

Il y a un peu plus d’une semaine, Yves Bolduc annonçait pourtant, dans un communiqué, « la mise en oeuvre des recommandations du rapport Demers » pilotée par une équipe de fonctionnaires de son ministère.

Pour Jean-François Roberge, le ministre « est en train d’ouvrir la porte à une diplomation à la carte ». Le député de Chambly s’est demandé si les exceptions, « ce n’est pas la solution libérale pour augmenter le taux de réussite et lutter contre le décrochage ».

La porte-parole péquiste en matière d’enseignement supérieur, Véronique Hivon, estime qu’en offrant ce certificat d’études techniques, on rendrait facultative la formation générale au cégep, qui doit pourtant « former des citoyens, non seulement des travailleurs ».

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