Bolduc donne de l’espoir aux directeurs

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc

La volonté du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc, de décentraliser le système d’éducation représente une lueur d’espoir pour les directeurs d’écoles aux prises avec des compressions budgétaires depuis plusieurs années.

« Entendre M. Bolduc dire qu’il faut que la gouvernance se passe près des élèves, de la classe, ça nous donne de l’espoir », a déclaré au Devoir, Lorraine Normand-Charbonneau, la présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) qui regroupe environ les deux tiers des 3300 directeurs d’écoles au Québec.

Dans un mémoire présenté en janvier dernier au comité d’experts présidé par Pauline Champoux-Lesage, la FQDE avait plaidé pour une « gouvernance de proximité » axée sur l’autonomie des écoles en matière de pédagogie.

Renverser la tendance

« Le statu quo ne peut pas continuer. On est en train d’égorger les écoles », estime Lorraine Normand-Charbonneau. Dans un contexte d’austérité, la décentralisation s’impose, croit-elle. Or depuis quelques années, « il y a eu une forte tendance des commissions scolaires à centraliser », à augmenter les contrôles bureaucratiques et à réduire les marges de manoeuvre dont bénéficiaient les écoles.

Dans un discours la semaine dernière, Yves Bolduc s’est adressé aux représentants des quatre associations des directeurs d’école pour leur parler de la décentralisation qui fera l’objet d’un projet de loi qu’il déposera à l’automne après les élections scolaires.

Son cabinet a précisé, lundi, que l’intervention du ministre, prévue dans ce projet de loi, pour prendre « le contrôle » des écoles déficientes « le temps de replacer ça », comme Yves Bolduc l’a affirmé au Devoir vendredi dernier, se ferait avec les commissions scolaires. Cette tutelle ne serait donc pas exercée par-dessus cette instance. Yves Bolduc n’a pas en main de liste d’écoles déficientes, ni d’exemples à donner, a soutenu son attachée de presse, Yasmine Abdelfadel.

Dubitative, la Fédération des commissions scolaires du Québec n’a pas voulu réagir, mardi, à cette volonté de décentralisation du ministre.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière d’éducation, Jean-François Roberge, ne croit pas Yves Bolduc quand il affirme qu’il est un « décentralisateur ». Tout au plus les libéraux veulent-ils fusionner quelques commissions scolaires et partager des services de paie, a déploré le député dont le parti préconise l’abolition de ce palier administratif. « Les commissions scolaires, ça leur fait un bouc émissaire » pour les compressions, a-t-il fait valoir.

1 commentaire
  • Carroll Roy - Inscrit 30 octobre 2014 19 h 40

    Encore un recul...

    bolduc avait annoncé que dans la période de compressions et de coupure, l'école privée devrait faire sa part. Il n'en sera rien...

    Avance, recul... je pense qu'il est meilleur médecin avec ses 1500 patients...