Couillard tarde à tenir ses promesses

La lutte acharnée contre l’intégrisme religieux promise par Philippe Couillard quand il était dans l’opposition n’est toujours pas engagée.


Avant de prendre le pouvoir en avril dernier, M. Couillard avait pourtant promis d’agir «rapidement» dans ce dossier, qui constituait selon lui un sujet de grande préoccupation pour les Québécois.


En plus de six mois de pouvoir, le gouvernement libéral n’a pas encore donné suite à ses nombreux engagements pris dans l’opposition en vue de chasser l’intégrisme religieux du Québec.


Il devait notamment, dès la prise du pouvoir, mettre sur pied un organisme chargé de documenter et de mesurer l’ampleur de ce phénomène au Québec, une idée lancée et promue par l’ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin. L’organisme n’a jamais vu le jour et plus personne au gouvernement n’en a parlé au cours des six derniers mois.


La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, travaille depuis des mois à un projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, qui pourrait englober des enjeux liés à l’intégrisme religieux, comme la prévention des mariages forcés et des cimes d’honneur. Il n’est cependant pas prévu que la détection d’éléments intégristes dans la société en fasse partie.


Mutisme


Depuis sa nomination, la ministre Vallée s’enferme dans un mutisme total, au sujet de ses intentions dans ce dossier. Le dépôt de son projet de loi, attendu cet automne, pourrait même être reporté au printemps 2015, d’après les informations obtenues.


Il n’y a «pas de rapprochement» à faire entre le projet de loi à venir et l’extrémisme religieux apparemment à l’origine des attentats survenus cette semaine à Saint-Jean-Sur-Richelieu et à Ottawa, a soutenu la porte-parole de la ministre, vendredi.


Jeudi, à la suite des attentats d’Ottawa et de Saint-Jean-sur-Richelieu, le premier ministre Couillard a dit vouloir interpeller les leaders de la communauté musulmane pour qu’ils recensent, parmi ceux qui fréquentent les mosquées, les individus susceptibles d’adhérer au radicalisme religieux. L’annonce n’a été accompagnée d’aucun moyen ou objectif précis, ni d’aucune ressource financière.


Le 21 janvier, alors dans l’opposition, M. Couillard se montrait beaucoup plus affirmatif en conférence de presse pour annoncer ses engagements à ce sujet.


Figurait dans la longue liste la création d’un organisme de recherche sur l’intégrisme. «Nous allons nous doter, au Québec, d’un organisme qui va documenter, étudier, mesurer et publier les résultats de ses travaux sur les manifestations de l’intégrisme au Québec», disait-il alors.


La proposition de Mme Houda-Pepin, qu’elle avait formulée sous forme de projet de loi, consistait à créer un centre de recherche-action sur les intégrismes religieux et leurs impacts sur la démocratie, les droits de la personne et les droits de la jeunesse.