La fermeture des bureaux régionaux du MIDI inquiète

La fermeture annoncée des bureaux régionaux du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) suscite son lot d’interrogations sur le maintien des services de francisation et d’intégration offerts aux personnes immigrantes en région.

Le ministère fusionnera les bureaux de Montréal, de la Montérégie et de Laval en novembre et en décembre, après quoi il orchestrera l’abolition des directions régionales de Québec, Sherbrooke, Gatineau et Trois-Rivières. La réorganisation devrait générer des économies annuelles de 4,6 millions de dollars à compter de l’année financière 2016-2017.

Le MIDI « continuera de soutenir les initiatives régionales et d’investir dans les projets porteurs pour l’établissement en région des personnes immigrantes », a pris soin de préciser le sous-ministre Robert Baril dans une lettre transmise à son homologue du ministère de la Famille, Line Bérubé, et dont Le Devoir a obtenu copie.

La retraite forcée des agents du MIDI déployés en région sera sans impacts sur les services de francisation et d’intégration offerts aux personnes immigrantes à l’extérieur de la métropole québécoise, argue le ministère. « Pour offrir des services de francisation et d’intégration complets et accessibles dans toutes les régions du Québec, le MIDI compte aujourd’hui sur la complémentarité et l’expertise d’un vaste réseau de près de 250 partenaires : organismes communautaires, cégeps, universités et commissions scolaires », a souligné M. Baril, tout en rappelant que le MIDI avait préalablement « transféré [sans ennuis] ses services aux entreprises au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale ».

«Oeuvre de centralisation»

Le gouvernement libéral continue de plus belle son « oeuvre de centralisation », a dénoncé le Parti québécois vendredi. « Comment s’assurer d’une intégration optimale des immigrants dans nos régions lorsqu’on coupe les ressources qui y sont consacrées ? » a déclaré le porte‑parole de l’opposition officielle en matière d’immigration, Maka Kotto.

Selon lui, le gouvernement libéral peut difficilement « prétendre » l’absence d’impacts sur les services offerts en région. « L’intégration des nouveaux arrivants à Québec, à Trois-Rivières, à Sherbrooke et à Gatineau est tout aussi essentielle qu’elle l’est à Montréal », a ajouté le député de Bourget.

De son côté, le porte‑parole de l’opposition officielle en matière de développement des régions, Gaétan Lelièvre, a reproché vendredi à l’équipe de Philippe Couillard d’accélérer, « sous le masque de l’austérité », la « centralisation » des opérations gouvernementales. « [Ceci fait] mal au développement des régions, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan social », a-t-il fait valoir.