Couillard se défend de centraliser pour contrôler

« Il n’y a aucun désir là-dedans de contrôler l’information. D’ailleurs, on maintient notre engagement d’un gouvernement ouvert et transparent », a affirmé, Philippe Couillard.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir « Il n’y a aucun désir là-dedans de contrôler l’information. D’ailleurs, on maintient notre engagement d’un gouvernement ouvert et transparent », a affirmé, Philippe Couillard.

En intégrant au sein de son ministère — le Conseil exécutif — l’ensemble des effectifs en communications de l’État, le premier ministre Philippe Couillard n’a aucune intention de resserrer son contrôle sur l’information gouvernementale, a-t-il soutenu.

« Il n’y a aucun désir là-dedans de contrôler l’information. D’ailleurs, on maintient notre engagement d’un gouvernement ouvert et transparent », a affirmé, samedi, Philippe Couillard lors de la conférence de presse qui clôturait le Conseil général du Parti libéral du Québec.

Un peu plus de 500 employés des services des communications des différents ministères sont passés au Conseil exécutif, rejoignant les 200 qui y avaient été transférés en 2006, lors d’une première vague de centralisation des communications gouvernementales. Les fonctionnaires regroupés sont placés sous l’autorité du secrétaire associé aux communications, Christian Lessard.

En 2006, les directeurs des communications des ministères et un certain nombre de leurs subalternes avaient été déplacés au Conseil exécutif pour relever de Marie-Claire Ouellet, une décision du gouvernement Charest qui avait connu quelques cafouillages médiatiques et qui cherchait à contrôler davantage le message gouvernemental.

Cette fois-ci, le rapatriement poursuit d’autres objectifs, a avancé le premier ministre. « C’est une décision qui est entièrement basée sur la recherche d’efficacité et des économies », a-t-il indiqué. Ainsi, le regroupement permet à l’État de retrancher 4 millions de dollars par an pendant trois ans, a-t-il précisé. « Il n’y a pas d’autre vision que ça en arrière de cette décision, qui m’apparaît logique et dans l’esprit de la cohérence du gouvernement. »

Dans un entretien accordé au Devoir vendredi, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Pierre Craig, jugeait ce regroupement « dangereux pour le droit dupublic à l’information ». Cette décision plaçait le premier ministre « en contradiction flagrante avec sa promesse » de donner aux citoyens le gouvernement « le plus transparent et ouvert », selon les mots de Philippe Couillard, de l’histoire du Québec, affirmait le président de la FPJQ.

 

Des salves sur PKP

En conférence de presse, le chef libéral n’a pas manqué de critiquer Pierre Karl Péladeau qui, sur sa page Facebook, a rappelé les liens qui ont existé entre Philippe Couillard et Arthur Porter ainsi que le passage de Jean-Marc Fournier chez SNC-Lavalin. Le député de Saint-Jérôme souhaitait entendre le leader parlementaire du gouvernement sur ses relations passées avec Riadh Ben Aïssa, un ex-vice-président de la firme d’ingénieurs accusé de fraude, notamment, relativement à la construction du nouveau Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

« En politique, on a très peu l’occasion de faire une première impression et on choisit son comportement politique, on choisit son discours politique, on choisit son niveau de langage politique. Je vois que M. Péladeau semble avoir fait son choix », a affirmé Philippe Couillard.

Selon le chef libéral, la population est lasse de ce genre d’attaques. « Ce n’est pas le genre de politique que, moi, je veux pratiquer. D’ailleurs, vous ne m’entendrez pas répondre sur le même ton à M. Péladeau », a-t-il dit.

Philippe Couillard souhaite plutôt que Pierre Karl Péladeau comparaisse en commission parlementaire pour s’exprimer sur la relation entre les médias et les parlementaires, un « sujet quand même important pour notre démocratie ».

« Je serais intéressé à avoir son point de vue. De toute évidence, lui croit qu’elle est compatible sa détention d’actions [dans Québecor] avec l’exercice de la politique et éventuellement même du gouvernement », a-t-il souligné.

Négociations ardues

Compte tenu de l’état des finances publiques, Philippe Couillard a prédit que les négociations avec les employés de l’État en vue du renouvellement de leurs conventions collectives seraient « compliquées » et « longues probablement ».

Le redressement des finances, qui n’est pas « une croisade idéologique », a-t-il dit, Philippe Couillard le poursuivra sans fléchir. « Les trois mots que j’entends le plus souvent, c’est “ne lâchez pas” », a-t-il déclaré devant ses militants alors qu’à l’extérieur manifestaient quelque 500 membres de la coalition syndicale qui dénonce l’arbitraire du projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

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