Québec délaisse-t-il le «.quebec»?

À ce jour, le gouvernement du Québec n’avait pas réservé les extensions qui lui permettraient de faire migrer ses sites de « gouv.qc.ca » vers « gouv.quebec ».
Photo: Riodofranz iStock À ce jour, le gouvernement du Québec n’avait pas réservé les extensions qui lui permettraient de faire migrer ses sites de « gouv.qc.ca » vers « gouv.quebec ».

Le gouvernement du Québec hésite à utiliser la nouvelle identité québécoise sur le Web, le nom de domaine «quebec», obtenue par l’organisme sans but lucratif Point Québec au terme d’un processus de longue haleine.

Le secrétaire général associé à la communication gouvernementale, Christian Lessard, a commandé aux ministères et organismes publics de ne pas faire leur entrée dans ce nouvel espace numérique, a appris Le Devoir.

Pourtant, des dizaines d’organisations ont déjà demandé à Point Québec de mettre de côté un suffixe afin d’assurer leur présence dans l’univers virtuel « quebec ». Parmi elles, le géant américain du commerce de détail Target a réservé « target.quebec » sur le registre de l’OSBL. Le « www.registre.quebec » est accessible depuis le 2 septembre dernier, mais seulement, ou presque, aux détenteurs d’une marque de commerce.

À ce jour, le gouvernement du Québec n’avait pas réservé les extensions qui lui permettraient de faire migrer ses sites de l’espace Web « gouv.qc.ca » vers « gouv.quebec » ou « quebec ».

« Tout le monde a reçu l’ordre de ne pas bouger. Le gouvernement libéral ne sait pas trop quoi faire avec cela », a déclaré une source du milieu ne voulant pas être nommée, avant d’ajouter : « Ça serait un scandale que le Québec ne donne pas le ton ! Il faut retrouver notre fierté. »

La « situation est inquiétante », a fait valoir le porte-parole de Point Québec, Michel Philibert. « Le temps presse. Il reste un peu plus d’un mois à la période de préenregistrement, et nous ne connaissons pas les intentions du gouvernement. Nous sommes dans la période où nous pouvons mettre de côté des noms de domaine, ce que nous avons fait, mais cela a une limite », a-t-il souligné.

Point Québec a sollicité « à plusieurs reprises » une rencontre avec le Secrétariat du Conseil du trésor, mais en vain. « Nous sommes toujours en attente », a fait savoir M. Philibert.

À l’approche du coup d’envoi de l’ouverture de course aux adresses « quebec » à tous les internautes, le 18 novembre 2014, Point Québec a mis à l’abri les noms de domaines correspondant aux « missions principales » de l’État comme « culture.quebec » et « revenu.quebec ». « Pour des raisons d’intérêt public », l’exploitant de l’extension « quebec » a aussi retiré du marché les noms des municipalités et des régions touristiques du Québec.

Le dirigeant principal de l’information (DPI) effectue à l’heure actuelle une analyse d’impact afin de recenser toutes les conséquences en matière de coûts et de sécurité d’une migration des sites Web gouvernementaux vers « gouv.quebec » ou « quebec », a indiqué Jérôme Thibodeau au Secrétariat à la communication gouvernementale. « Est-ce qu’on y va ou on n’y va pas ? Il n’y a pas de décision prise à ce moment-ci », a-t-il ajouté, tout en précisant que la réflexion gouvernementale s’inscrivait dans un « contexte de restriction budgétaire ». Durant cet exercice, le gouvernement a « par précaution » « bloqué » des noms de domaine génériques comme « gouvernement.quebec » ou « surete.quebec », a-t-il fait remarquer.

Fonds publics

En juin 2008, le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec s’étaient rangés derrière une motion appuyant l’initiative de Point Québec de décrocher un nom de domaine géographique de premier niveau exclusif au Québec, y voyant une façon « [d’]aider au succès de nos entreprises et [de] faire progresser les intérêts du Québec sur la scène internationale ». Cinq ans plus tard, l’organisme de régulation des noms de domaine sur le Web, l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, a donné le feu vert à la création de 76 nouveaux géoTLD, dont un seul au Canada : « quebec ».

Point Québec s’est vu confier la gestion du suffixe « quebec » après avoir déposé un dossier de candidature de 260 pages assorti d’une promesse de paiement de 185 000 $ et de 25 000 $ de frais annuels. L’OSBL a réussi à amasser la somme nécessaire, notamment grâce à de l’aide financière du gouvernement du Québec.


 
8 commentaires
  • Éric Alvarez - Inscrit 7 octobre 2014 08 h 46

    .canada

    Le seul suffixe avec lequel peut vivre M. Couillard et le PLQ d'aujourd'hui.

    Triste époque pour le Québec.

  • Robert Breton - Inscrit 7 octobre 2014 09 h 44

    .qc.ca etc.

    J'ai mon propre site web et il se termine avec .com, simplement parce qu'universel.
    Il y a bien assez de .net, .org, .com, etc... comme ça.
    Le nationalisme c'est excellent, mais il faut aussi voir le pratique des choses et ici, cela n'implique pas grand chose.

  • André Lacombe-Gosselin - Inscrit 7 octobre 2014 11 h 33

    Québec rappetissé avec le PLQ

    Toujours maintenir sous le joug esclavagiste "canadian" cette province ("Pro vincis" i.e. pour les vaincus) qui n'en finit jamais (depuis 1760) de mourir à petits feux... Voilà le plan Couillard... tout à fait dans la lignée du rapport Durham (1840) et des 2 PET... de 1982 à nos jours. Aucune visibilité internationale du Québec pour eux sinon Canada partout, même si ce ".quebec" -sans accent, svp- oblitère le ".ca"... n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan des mesures assimilatrices, vous me direz, pour ne pas réveiller les Québécois endormis dans leur confort et leur indifférence moribonde et surtout sans douleur. André Lacombe-Gosselin, toujours vivant !

    • Cyr Guillaume - Inscrit 7 octobre 2014 17 h 28

      Bien dit! Je n'aurais pas mieux dit! Quelle petitesse ce Couillard et le PLQ!

  • Daniel Lemieux - Inscrit 7 octobre 2014 12 h 06

    Frileux

    Deux hypothèses possibles pour expliquer ce « blocage »:

    1) une peur maladive de froisser nos « amis » canadians (ou même les anglophones du Québec) en s'affirmant un peu trop à leur goût aux yeux de la planète, ou

    2) cette phobie obsessive de susciter de manière subliminale une ferveur nationaliste, ressuscitant les « séparatistes » qui sont en dormance.

    Pas d'autre explication possible.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 7 octobre 2014 12 h 14

    à voir...

    le peu de réactions sucitées par cet article...je doute fort que les Québécois, en général, soient au courant d'une telle démarche...ou s'en foutent royalement...

    Ils sont plutôt à la rubrique sport en train de regarder "les scores" au hockey et
    autres commérages sportifs...

    Dommage...Je reprends la phrase de "l'inconnu du milieu" qui allait comme suit: "...Ce serait un scandale que le Québec ne donne pas le ton.Il faut retrouver notre fierté!" Après tout, il a fallu cinq ans pour que la ICANN daigne donner le feu vert à 76 demandes mondiales de GeoTLD suffixes pour sites virtuels dont un pour "quebec".

    L'initiative de Point Québec a finalement porté fruit..il s'agit maintenent de donner suite...Le temps presse semble-t-il!
    Il faudrait que nos médias en parlent plus...afin de souligner les avantages que le Québec pourrait en tirer.