Philippe Couillard réprimande le ministre Barrette

Le premier ministre Philippe Couillard a rappelé à l’ordre jeudi avant-midi son « énergique » ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. Celui-ci était tombé à bras raccourcis sur son prédécesseur, Réjean Hébert, le qualifiant de menteur de haute voltige.

« Quand il était en politique, qu’a-t-il [laissé] comme héritage à part un tissu de mensonges ? » avait lancé M. Barrette à l’Assemblée nationale mercredi. Il avait qualifié la réaction de M. Hébert concernant son projet de réorganisation du réseau de la santé de « démagogie » et de « fumisterie totale ». « C’est honteux ! »

En point de presse jeudi, le chef du gouvernement a reproché à M. Barrette de ne pas « aider son argumentaire » en « mettant en doute [les] qualités » d’un adversaire politique.

« Ce n’est pas le genre de discours que je veux que l’on tienne. […] Ce n’est pas nécessaire. Ça n’ajoute pas à l’argumentaire. Ça fait partie des choses qu’il faut changer dans la société », a déclaré M. Couillard à quelques minutes de l’ouverture du Forum sur la lutte contre l’intimidation.

Pas personnel

Il a décrit M. Barrette comme un homme « entier » doté d’une forte personnalité. « Ceci dit, il n’est pas nécessaire lorsqu’on a un discours politique de rabaisser l’autre. Je pense que le Dr Barrette en est conscient. Je pense qu’il aura l’occasion d’en parler », a-t-il ajouté. M. Couillard a toutefois invité les médias à ne pas « faire tout un plat » de l’écart de conduite de M. Barrette.

À l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé et des Services sociaux a offert des demi-excuses à M. Hébert pour l’avoir houspillé la veille. « Vous pouvez me critiquer sur le ton, sur l’ampleur, ça j’accepte ça. […] Vous me connaissez, je réagis parfois de façon dynamique. On va dire ça comme ça », a-t-il affirmé à des journalistes.

Puis, il a demandé à son prédécesseur de « s’excuser auprès de la population » pour l’avoir « ameutée pour rien ». « On me traite de ministre machiavélique. On annonce l’Apocalypse [au lendemain de l’adoption du projet de loi 10] ! », a-t-il lancé, se défendant du même souffle d’en faire une affaire personnelle avec M. Hébert. « Je ne vise pas l’individu. Je vise les propos. C’est pas personnel. »