Québec exhorté à sévir contre les matamores syndicaux

La présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec, Diane Lemieux
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec, Diane Lemieux

Le placement syndical est « le poison » de l’industrie de la construction, a martelé Diane Lemieux, lundi à la commission Charbonneau. La p.-d.g. de la Commission de la construction du Québec (CCQ) exhorte Québec à durcir encore le ton contre les matamores du monde syndical.

Mme Lemieux a amorcé un dialogue avec le gouvernement Couillard, afin d’obtenir des pouvoirs accrus pour les enquêteurs de la CCQ en matière d’intimidation et de discrimination syndicales.

À l’heure actuelle, la CCQ peut recommander au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) d’intenter des poursuites seulement lorsque les cas d’intimidation viennent entraver la liberté syndicale. Mme Lemieux veut plus de flexibilité à ce sujet. Elle recommande également d’allonger le délai de prescription, qui est présentement d’un an, et d’imposer des amendes plus élevées aux fautifs.

L’intimidation demeure un problème caché dans l’industrie. Selon un sondage interne de la CCQ, un travailleur sur cinq et un employeur sur quatre ont subi de l’intimidation sur les chantiers. Parmi ces victimes, 78 % des travailleurs et 86 % des employeurs ont préféré garder le silence, évoquant comme principales raisons la crainte de subir des représailles et le manque de confiance dans le traitement des plaintes.

Changement de culture

Depuis maintenant un an, la CCQ gère le placement de la main-d’oeuvre, avec son « carnet de référence » en ligne, une mesure destinée à circonscrire l’influence des syndicats dans le choix des travailleurs. Dans les quatre premiers mois, à peine 9 % des embauches ont été faites grâce à cet outil. Le système n’est pas parfait, concède Mme Lemieux, mais il n’est pas inutile. « On ne peut pas changer une culture en criant ciseaux. C’est une course de fond », a-t-elle dit.

Les syndicats de la construction se sont pliés aux nouvelles règles, même si certains agents d’affaires tentent encore de les contourner et d’imposer leurs vues. Ce serait le cas de Bernard « Rambo » Gauthier, qui a été accusé récemment de deux nouvelles accusations pénales, pour avoir fait du placement sans détenir les autorisations nécessaires.

Chiffres à l’appui, Mme Lemieux a démoli le témoignage de Gauthier, l’homme fort de la FTQ-Construction (FTQ-C) sur la Côte-Nord.

Contrairement aux propos véhiculés par le délégué syndical des opérateurs de machinerie lourde, les travailleurs de la Côte-Nord ne manquent pas de travail. Dans les dernières années, ils ont récolté environ 70 % de toutes les heures travaillées dans les chantiers de la région, une proportion enviable.

Les travailleurs de la Côte-Nord travaillent 1100 heures par année, soit 15 % de plus que la moyenne québécoise dans la construction. Les faits ne soutiennent donc pas la thèse de Bernard Gauthier, qui défend bec et ongles la priorité absolue à l’embauche locale dans la région. Aussi noble soit la cause de l’embauche régionale, « la fin ne justifie pas les moyens », a dit Mme Lemieux.

Du travail à Montréal

En fin de journée, le contrôleur général de la Ville de Montréal, Alain Bond, a présenté les activités de son service, qui est doté d’un budget de 3,1 millions et de 21 employés. M. Bond estime qu’il y a de la place à Montréal pour un contrôleur, un vérificateur et un inspecteur.

La Ville donne environ 120 000 contrats par année, pour un montant global de 1,5 milliard. Il y a donc du travail pour les trois institutions dont les rôles sont complémentaires, juge-t-il.

Le contrôleur traite peu de dossiers relevant du mandat de la commission depuis la création du poste d’inspecteur général par l’administration Coderre, ce qui a conféré au témoignage de M. Bond un caractère essentiellement pédagogique.

2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 23 septembre 2014 10 h 18

    Rambo le menteur

    Les travailleurs de la Côte-Nord travaillent 1100 heures par année, soit 15 % de plus que la moyenne québécoise dans la construction.

    Dans les dernières années, ils ont récolté environ 70 % de toutes les heures travaillées dans les chantiers de la région, une proportion enviable.

    Donc Rambo est un menteur , des gros bras qui disent n'importe quoi pour justifier leur intimidation.. Et dire que certains le voit comme un héros!!!

  • Paul Michaud - Abonné 23 septembre 2014 18 h 25

    Tenir le fort

    Mme Lemieux! Tenez-bon!
    Les syndicats refusent de se remettre en question. Tout est bon pour "défendre" un membre en règle, y compris bafouer les droits des autres.
    Le rôle du syndicat n'est pas la gestion des activités des entreprises, mais la négociation et la surveillance des conditions de travail.
    Ils ont perdu toute crédibilité en dehors de ces activités.