L’aide aux victimes d’actes criminels pourrait écoper

Philippe Couillard a répété que les services aux personnes vulnérables ne seraient pas amputés, mais la ministre de la Justice s’est montrée plus nuancée.
Illustration: Thinkstock Philippe Couillard a répété que les services aux personnes vulnérables ne seraient pas amputés, mais la ministre de la Justice s’est montrée plus nuancée.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a confirmé jeudi que le programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels est dans le collimateur du gouvernement.

Ce programme, qui a entraîné une dépense de 113 millions en 2013, soit 11 millions de plus qu’en 2012, est « le plus généreux de tout le Canada », a rappelé Stéphanie Vallée. « Malgré ça, il subsiste de grandes insatisfactions parmi les victimes. »

Ce programme comprend plusieurs volets : il offre des rentes viagères aux personnes qui souffrent d’une incapacité totale ou partielle à la suite d’un acte criminel, des indemnités aux proches des victimes et le remboursement des frais funéraires, notamment.

Le premier ministre Philippe Couillard a répété que les services aux personnes vulnérables ne seraient pas amputés en raison de l’exercice actuel de redressement des finances publiques. Stéphanie Vallée s’est montrée plus nuancée. « Tout programme gouvernemental qui vise à soutenir les personnes vulnérables doit se faire avec la capacité de payer des contribuables. » Elle a signalé que c’est le ministère de la Justice et non pas la Commission permanente de révision des programmes qui procède à l’examen du régime. « La réflexion, elle est en cours depuis quand même quelques années », a-t-elle souligné.

À l’Assemblée nationale, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de services sociaux, Jean-François Lisée, a dénoncé « le manque de compassion » du gouvernement. « Si le projet libéral se réalise, les hommes et les femmes qui ont subi un traumatisme grave ou un deuil seront aussi victimes des coupes libérales », a-t-il avancé.

Revoir sans couper

La présidente de l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes, Arlène Gaudreault, reconnaît que la Loi sur l’indemnisation des victimes d’actes criminels, qui n’a subi que des « réformes à la pièce » en 2006 et 2012, doit être revue. Mais elle craint le « couperet » du gouvernement Couillard. Ainsi, depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, le ministère n’accepte plus aucun projet spécial ; une somme de 1,2 million a déjà été retranchée, a-t-elle indiqué. En 2013, sous le précédent gouvernement, le ministère avait mené des consultations privées en vue d’améliorer le programme auprès des organismes concernés.

2 commentaires
  • Charles Lebrun - Abonné 19 septembre 2014 11 h 37

    Curieux tout de même...

    Dans tous les programmes qui sont appellés à être coupés, il est curieux que l'on entende pas parler des subventions très coûteuses aux écoles secondaires privées!

    En Ontario, comme ce gouvernement aime bien SOUVENT se comparer, les écoles privées ne SONT PAS SUBVENTIONNÉES!

    Faut dire que la clientèle libérale est aussi la clientèle qui envoit leurs enfants à l'école privée, j'imagine... Pour mémoire, Pauline Marois a envoyé ses propres enfants à l'école publique!

  • Leclerc Éric - Inscrit 21 septembre 2014 20 h 35

    Elle ne diminuera pas

    À chaque fois que vous reçevez une contravention pour excès de vitesse (et dieu sait si les policiers municipaux, proviniciaux et photos radars en distribuent), vous contribuez allègrement aux fonds d'indemnisation des victimes d'actes criminels.

    N'ayez pas peur! Les compressions il n'y en aura pas!