Les Québécois privés d’une baisse d’impôt?

Le gouvernement Couillard songe à priver les Québécois de la baisse d’impôt que projette de leur consentir le gouvernement Harper pour refiler cette somme aux entreprises.

« Si, en effet, un champ fiscal est libéré, on pourrait hypothétiquement aussi l’occuper, mais au bénéfice des PME », a indiqué Carlos Leitao à l’issue du Conseil des ministres.

À l’Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard avait pourtant donné l’assurance que son gouvernement n’avait « aucune intention d’augmenter ni les impôts ni les taxes des Québécois ». Carlos Leitao a réitéré cet engagement.

Il faut donc comprendre qu’il s’agit du fardeau fiscal global des Québécois, à la fois provincial et fédéral. Le jeu serait à somme nulle : les impôts et taxes que paient les contribuables au Québec seraient haussés, mais cette augmentation serait compensée par une baisse équivalente des impôts et taxes décrétée par le gouvernement fédéral. De même, on pourrait déshabiller Pierre (les particuliers) pour habiller Paul (les entreprises) : le fardeau fiscal global des Québécois resterait le même.

Carlos Leitao a parlé de cette possibilité d’occuper le champ fiscal laissé libre par le gouvernement fédéral après que l’Assemblée nationale eut adopté une motion réitérant l’existence du déséquilibre fiscal. Les députés libéraux, péquistes et caquistes ont voté pour la motion tandis que les élus de Québec solidaire ont voté contre parce qu’elle mentionnait l’exigence d’un cadre budgétaire équilibré.

Le gouvernement Harper refuse de reconnaître la résurgence du déséquilibre fiscal. Au cabinet du premier ministre Stephen Harper, on a indiqué la semaine dernière que les provinces seraient libres d’occuper l’espace fiscal que le gouvernement fédéral dégagera dans le prochain budget.

Dans le passé, le gouvernement Charest avait profité du fait qu’Ottawa avait abaissé la taxe sur les produits et services (TPS) de 7 % à 5 % pour augmenter la taxe de vente du Québec (TVQ) de ces mêmes 2 points. Carlos Leitao a affirmé qu’il ferait de même si le gouvernement fédéral réduisait la TPS de 1 point de pourcentage, ce dont il doute fortement, toutefois. Cette somme, il s’en servirait pour réduire la taxe sur la masse salariale imposée aux PME.

Si Ottawa réduit plutôt l’impôt sur les revenus des contribuables, « on verra ça aussi », a indiqué le ministre des Finances. Mais « ce serait beaucoup plus complexe » d’annuler cette baisse, juge-t-il. « La classe moyenne, comme on l’a déjà dit à plusieurs reprises, souhaite aussi avoir un peu d’oxygène. »

 

Coup de pouce aux entreprises

Le ministre des Finances a évoqué d’autres avenues pour réduire le fardeau fiscal que supportent les entreprises. Ainsi, en réduisant les prestations du programme de congés parentaux, les cotisations que paient les employeurs à cet effet pourraient être diminuées. De même, les contributions des entreprises au Fonds des services de santé (FSS), qui représentent une somme annuelle de 6 milliards et qui servent à financer le système de santé public, pourraient être réduites, a signalé Carlos Leitao. Toute taxe sur la masse salariale « pénalise la création d’emploi », a-t-il affirmé.

Lors de la dernière réunion du Conseil de la fédération en août, les provinces ont dévoilé une étude du Conference Board qui concluait qu’elles feraient face à des déficits croissants d’ici 20 ans tandis que le gouvernement fédéral engrangera des surplus. Carlos Leitao a fait valoir que le Québec et l’Ontario assureront un « leadership » pour renégocier le transfert fédéral en santé ainsi que les transferts pour les infrastructures.

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18 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 18 septembre 2014 01 h 03

    Dégueux

    Refiler cela aux banques et aux grandes entreprises? C'est du libéral tout cracher

    • Raymond Turgeon - Inscrit 18 septembre 2014 09 h 52

      Le mépris du peuple est perpétué; tout va bien

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 18 septembre 2014 10 h 23

      On nous ressort le coup de la "taxe" sur la masse salariale. Gracieuseté du Conseil du Patronat.

      Il faut rappeller ce que ça veut dire concrètement. Rammener aux employés les frais de la CSST, l'assurance-emploi (dont au oublie au combien souvent que c'est une mesure bénéfique aux employés ET employeurs), l'assurance parentale, le 1% de formation...

      Mais inquiétons-nous pas, on nous dit qu'il n'y a pas de hausses pour les employés.

      Alors c'est quoi sinon???

  • André Chevalier - Abonné 18 septembre 2014 06 h 44

    Je suis la classe moyenne.

    Carlos Leitao: « La classe moyenne, comme on l’a déjà dit à plusieurs reprises, souhaite aussi avoir un peu d’oxygène.»

    On ne m'a jamais demandé mon avis à ce sujet.
    Je suis tanné d'entendre ces politiciens prétendre parler en mon nom sans m'avoir consulté...
    De considérer chaque groupe de la société comme ayant une opinion monolithique déterminée arbitrairement selon leurs intérêts politiques...
    De faire, une fois élu, le contraire de ce qu'ils on promis en campagne électorale...

    ...et de considérer séparément chaque mesure envisagée sans les réunir dans un tout cohérent.
    Par exemple, si on me demande si je veux une augmentation d'impôt, c'est non! Si je veux une baisse des services, c'est non!
    Pourquoi ne me demande-t-on pas m'on opinion par rapport à ces deux options interreliées? Pourquoi traitent-ils les citoyens comme des imbéciles?

    • Gilles Ducharme - Inscrit 18 septembre 2014 10 h 21

      Si vous n'avez pas besoin d'un peu d'oxygène, ce serait facile de le dire tout simplement.
      Carlos Leito doit se sentir coupable de ne pas vous avoir demandé votre avis. C'était naïf de sa part de penser qu'avec près de 70% de l'électorat (Vote caquiste + vote libéral), il pouvait exprimer l'avis de la majorité.
      Vous ne voulez pas d'augmentations d'impôt, ni de de ''baisse'' de services? Au train où vont les choses, vous aurez bientôt les deux.

    • Johanne Bédard - Inscrite 18 septembre 2014 20 h 18

      À Monsieur Chevalier

      Je suis tout à fait d'accord avec vous Monsieur. Vous demandez pourquoi ils traitent les citoyens comme des imbéciles ? Mais voyons, parce que c'est exactement ce qu'ils pensent des Québécois ! Ils n'en n'on rien à foutre que les imbéciles payeurs de taxes que nous sommtes, meurent parce qu'ils attendent trop longtemps pour une chirurgie. Ils se contrefouent que les itinérants crèvent eux aussi. Ils n'aiment pas les enfants puisqu'ils coupent des services (en hypocrites) partout, en petite enfance, adolescence et jeunes adultes. Les personnes âgées sont devenues pour eux, un « fardeau fiscal ». Leurs conditions de vie se détériorent de mois en mois. La liste est infinie, et elle s'allongera encore pendant longtemps.

      Celles et ceux qui ont remis ce gouvernement au pouvoir, sont des gens bien nantis, qui demeurent pour une partie dans le West Island et aussi à Outremont... Eux, se fouent aussi de la pauvreté, de la précarité des besoins essentiels d'un humain. Ils ne viennent pas dans les quartiers pauvres et défavorisés qui s'élargissent de plus en plus. ILS NE VEULENT PAS VOIR ÇA, LA RÉALITÉ DES VRAIES ADFFAIRES ! LA VRAIE VIE DE MONSIEUR, MADAME TOUT LE MONDE, ce qu'on appelle dans leur langage la « plèbe ».

      Alors, rien ne changera. Continuons à écouter La Voix, le hockey, Occupation double, triple, quadruple. Abstenons-nous d'avoir une conscience sociale. Après tout, c'est tellement plus important d'avoir du fun, de rire des blangues vulgaires et idiotes d'humoristes.

      Pendant ce temps, on ne s'informe pas, on ne lit pas sur ce qui se passe chez nous, on n'est pas au courant des dernières décisions des gouvernements qui nous saignent à blanc. On ne veut pas le savoir, c'est trop dur de réfléchir, de compter, d'analyser, de s'impliquer dans la discussion pour s'engager comme citoyen. Ça nous tentent pas, bon !

      Du monde malheureux et des jours malheureux sont déjà au rendez-vous, et ça continuera et s'intensifiera ... Qui ça intér

  • Frédéric Miville-Deschênes - Inscrit 18 septembre 2014 07 h 43

    Je ne veux pas de baisse d'impôt

    ... Mais je ne veux pas non plus de hausse injustifiée. Pourtant, si seulement la moitié des rumeurs de coupures des dernières semaines se réalisent, c'est bien ce que le PLQ imposera : moins de service pour plus cher ! En particulier pour ma génération ("X") et celles qui nous suivent (coupures dans les programmes familiaux, coupures dans l'éducation, coupures dans la culture, etc.).

  • Jocelyn Cloutier - Inscrit 18 septembre 2014 08 h 28

    Cauchemar !

    Personnellement, je suis pensionné de la sécurité de la vieillesse et quand je songe que ce domaine social pourrait éventuellement devenir une responsabilité provinciale, j'en fais des cauchemars.
    Dans une province où un système de "sprinklers" dans les centres d'accueil est considéré comme un luxe au même titre qu'un repas qui coûte plus de $ 1.25, s'il fallait que nos dirigeants aient le pouvoir de nous "sauter à la gorge" comme il fait actuellement avec les classes sociales les plus faibles, le terme "cauchemar" n'est certainement pas exagéré.

  • RONALD LESAGE - Inscrit 18 septembre 2014 08 h 47

    Toujours la même chose à l'agenda des libéraux ?

    Appauvrir le Québec de toute façon . Les atteintes aux fonds de pension de la classe moyenne ainsi que la hausse des coûts en garderie pour n'en nommer que deux feront que la classe moyenne limitera ses achats avec des répercussions au niveau de la vente au détail donc l'économie locale en souffrira par des baisses d'emploi et de revenu pour l'état . Pourquoi vouloir tenter de faire l'impensable soit de balancer le budget en un si court laps de temps ?