Les militants devront travailler plus fort, lance Archambault

Le président du conseil exécutif national, Raymond Archambault
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le président du conseil exécutif national, Raymond Archambault

Les militants du Parti québécois devront « travailler plus fort » au cours des prochains mois s’ils choisissent de tenir des primaires ouvertes ou semi-ouvertes, avertit le président du conseil exécutif national, Raymond Archambault.

« Si les militants ont vraiment envie d’ouvrir la course à des électeurs sympathisants, ils vont travailler plus fort et ils vont aller chercher davantage de financement, et on va réussir à boucler le budget », a-t-il mis en garde lors d’un entretien téléphonique avec Le Devoir vendredi.

Le conseil exécutif national soumettra le samedi 4 octobre aux représentants de régions et de circonscriptions trois propositions de règlements en vue de l’élection du prochain chef du PQ : suffrage universel direct des membres (statu quo), primaires semi-ouvertes (vote des membres au premier tour et vote des membres et des sympathisants au second tour), ainsi que primaires ouvertes (vote des membres et des sympathisants au premier et au second tour).

La Conférence nationale des présidentes et présidents (CNPP) devra trancher : « Est-ce qu’on va vers des primaires [ouvertes] ou pas ? S’ils choisissent [dans trois semaines] d’aller vers des primaires, on remballe nos affaires et on convoque un congrès extraordinaire pour réviser les statuts de manière à donner le droit de vote aussi à des électeurs sympathisants », explique M. Archambault à l’autre bout du fil.

Six, le chiffre magique?

La proposition d’ouvrir la course à un maximum de Québécois indépendantistes partageant les valeurs du PQ — « [nous avons convenu d’]une définition qui est inclusive », précise-t-il — devra par la suite passer la rampe d’un congrès extraordinaire à Montréal ou à Québec le 22 novembre et d’une CNPP extraordinaire, le 23 novembre. L’exercice coûtera 350 000 $, prévoit l’état-major du PQ. Les membres de la CNPP auront sous les yeux le « budget du Parti québécois » lorsqu’ils trancheront la question le 4 octobre à Sherbrooke, mentionne-t-il. « [Cela dit,] il ne faut pas que la décision soit basée uniquement sur des questions financières. »

Malgré quelques réactions négatives, le conseil exécutif national demandera la bénédiction de la CNPP de facturer 30 000 $ aux candidats à la succession de Pauline Marois, montant auquel deux d’entre eux devront peut-être ajouter 5000 $ s’il y a un second tour, indique un document de travail transmis à tous les représentants de régions et de circonscriptions jeudi. « [La députée de Vachon, Martine Ouellet,] a été surprise par ce montant-là, mais ce montant-là n’est pas nouveau », fait remarquer M. Archambault. En 2005, les candidats à la succession de Bernard Landry avaient garni les coffres du PQ à hauteur de 31 600 $ en moyenne chacun — en excluant les deux candidats en tête, André Boisclair et Pauline Marois — par le biais d’une « taxe » perçue sur les dons à leur équipe de campagne.

La direction du PQ devra compter sur la ligne de départ au moins six candidats, à défaut de quoi elle devra réviser à la baisse les recettes de 200 000 $ attendues de leur part. Six, s’agit-il du chiffre magique ? « S’il y en a moins, on va vivre avec », rétorque M. Archambault. Puis, s’il y en a plus ? « Je ne pense pas qu’il y en aura [plus]. Mais, on est prêts à toutes les éventualités. »

Candidats sérieux

Le président du conseil exécutif national du PQ veut voir des « candidats sérieux » prendre part à la course, dont le coup d’envoi officiel serait donné le 4 février 2015 (primaires fermées) ou le 18 mars 2015 (primaires ouvertes ou semi-ouvertes). À ses yeux, une « candidature sérieuse » est endossée par 2000 membres en règle ou plus, établis dans au moins 50 circonscriptions. « Elle a déjà un appui à l’intérieur du parti », fait valoir M. Archambault, dans un clin d’oeil aux outsiders, comme l’éditeur Michel Brûlé, voulant sauter dans la mêlée. « Pour être sérieux, il faut qu’il ait 2000 signatures dans 50 circonscriptions et neuf régions du Québec. Ça, c’est sérieux ! »

Les Québécois connaîtront l’identité du huitième chef du PQ le week-end du 17 au 19 avril. Mais ils devront patienter un mois supplémentaire si les membres de la formation politique décident de balayer l’idée de tenir des primaires ouvertes ou semi-ouvertes.

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