Couillard croit que des ententes administratives satisferaient les Québécois

Québec — Le premier ministre Philippe Couillard croit que des ententes administratives avec Ottawa satisferaient les Québécois pour les célébrations du 150e anniversaire du Canada.

 

M. Couillard n'a pas précisé dans quel domaine il souhaite ainsi conclure une entente avec le gouvernement fédéral d'ici 2017.

 

En 2008, l'ancien premier ministre Jean Charest avait annoncé son intention de réclamer une entente administrative pour rapatrier à Québec les pouvoirs fédéraux en matière de culture et communication. M. Charest avait alors expliqué que cette démarche, qui n'a jamais abouti, pouvait s'accomplir sans négociation constitutionnelle.

 

Lors d'un point de presse, mardi, avant une rencontre avec des chefs autochtones, M. Couillard n'a évoqué aucun projet pour que le Québec ratifie la Constitution de 1982.

 

Le premier ministre a toutefois répété que l'apport des Québécois à la construction du Canada doit être «répété et réaffirmé».

 

Appelé à préciser quel geste permettrait de réaffirmer cette contribution, M. Couillard a notamment parlé d'ententes administratives.

 

«Ça peut se faire de toutes sortes de façons, a-t-il dit. Ça peut se faire par des ententes administratives, ça peut se faire par des déclarations, ça peut se faire par des projets communs. Il y a bien des façons de faire.»

 

Samedi, lors d'un événement à Québec auquel participait également le premier ministre Stephen Harper, M. Couillard a déclaré qu'à l'aube du 150e anniversaire du Canada, «les Québécois souhaitent que le pacte qui lui a donné naissance soit réaffirmé».

 
«Une bonne qualité de vie»


Dimanche, M. Couillard a expliqué que ces propos ne devaient pas être perçus comme une demande pour que le Québec réintègre le giron constitutionnel d'ici trois ans.

 

Aux journalistes, mardi, M. Couillard a expliqué que pour le 150e anniversaire du Canada, les Québécois «souhaitent avant tout qu'il y ait une bonne qualité de vie, que l'économie continue à se développer».

 

Le premier ministre a également fait référence à son discours de samedi.

 

«J'ai rappelé, comme je l'ai fait toujours, ce n'est pas une surprise, que les Québécois ont participé à la construction du Canada, que ça doit être répété et que ça doit être réaffirmé, a-t-il dit. Et ça le sera.»

 

Atikamekw

 

Par ailleurs, M. Couillard a déçu des chefs autochtones de la Nation Atikamekw en affirmant que les avis juridiques divergent sur la portée d'une décision de la Cour suprême qui a reconnu les droits ancestraux d'une nation autochtone de la Colombie-Britannique.

 

Avant de rencontrer les représentants de l'Association des Premières Nations du Québec et du Labrador, dont les Atikamekw font partie, M. Couillard a affirmé que le gouvernement met déjà en pratique une approche de conciliation.

 

«Quant au jugement de la Cour suprême, ça demande une analyse plus poussée, vous avez vu que les avis divergent sur sa signification réelle, a-t-il dit aux journalistes. Mais de toute façon, nous, on est déjà sur une logique de consultation et d'accommodement.»

 

Aux quatre chefs atikamekw qui ont déclaré la souveraineté de leur territoire, M. Couillard a affirmé que cela traduit leur intérêt à obtenir la cogestion des projets sur leur territoire, sans toutefois les soustraire aux lois québécoises.

 

M. Couillard a invité les Atikamekw à retourner négocier une entente prévoyant 35 millions d'investissements du gouvernement, qu'il a qualifiée d'«excellente».

 

«On veut retourner à la table et finaliser cette entente», a-t-il dit, en faisant valoir qu'un partage des profits pourrait être discuté.

 

Le grand chef Constant Awashish a exprimé sa déception, à la suite des propos de M. Couillard qui minimise la portée du jugement.

 

«M. Couillard semblait dire que ça ne s'applique pas au Québec, a-t-il dit. Aux dernières nouvelles, la Constitution s'applique au Québec également.»

 

M. Awashish a répété que les Atikamekw sont prêts à opter pour la voie judiciaire ou recourir à des moyens de pression.

 

«On aimerait que le gouvernement nous prenne au sérieux et nous fasse des offres satisfaisantes pour notre nation, mais en deuxième recours, on peut aller en justice, ou on peut faire des blocus, c'est à eux de décider», a-t-il dit.

13 commentaires
  • Jean Lapierre - Inscrit 9 septembre 2014 21 h 59

    Croire ou ne pas croire

    Comment se fait-il qu'un politicien peut ainsi dire que les Québécois pensent de telle ou telle manière sans aucune consultation? C'est un déni de démocratie. Philippe Couillard peut bien désirer conclure des ententes administratives avec le fédéral, c'est son droit en tant que citoyen. Mais en aucun cas il n'est autorisé à parler au nom des Québécois sur des questions aussi graves que les conditions d'appartenance à un pays qui n'est pas reconnu comme le leur par un très grand de Québécois. C'est de la pure démagogie.

  • Louka Paradis - Inscrit 9 septembre 2014 21 h 59

    Des noeuds

    C'est dangereux de parler la langue de bois : on frappe parfois des noeuds... Mais quel est donc ce français abâtardi dans lequel s'exprime notre Premier Ministre ? La «CONSTRUCTION DU CANADA», qu'est cela signifie exactement ? On dirait que M. Couillard fait référence à un jeu de Lego ou de Minibrix... Est-ce que cela voudrait dire «la création du Canada ? Le développement du Canada ? L'évolution du Canada, ou encore, la consolidation du Canada ?
    ET plus loin : «...de toute façon, nous on est SUR une logique de consultation et d'accommodement.», affirme M. Couillard, le plus candidement du monde. Qu'est-ce à dire ? Bien «assis dessus» ? Voudrait-il dire que son gouvernement adopte la voie de la consultation, ou uelque chose d'analogue ?
    Le célèbre Boileau disait : «Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément.» Peut-être que M.Couillard devrait se remettre à lire les grand auteurs français, d'ici et d'ailleurs, tout comme son ministre Bolduc d'ailleurs. Les livres, c'est important, mais pas seulement pour décorer son salon ou sa bibliothèque : il faut aussi les lire.

  • gaston bergeron - Abonné 9 septembre 2014 22 h 00

    Qu'est-ce qu'il y connaît?

    Quel grand esprit!

  • André Nadon - Abonné 9 septembre 2014 22 h 19

    À quand la reconnaissance et l'inclusion de nos frères des Premières Nations?

    Pourquoi ne pas s'inspirer du Traité de Montréal en 1701 et de la Paix des Braves plus récemment pour reconnaître les droits légitimes des Premières Nations. Ces Nations nous ont accueillis, sauvées lors des premiers hivers et furent nos alliées jusqu'à la cession de la France, en 1763. Ils ont subit les misères de cette cession et la domination des Anglais qui les ont dépouillés de tous leurs droits et leur pays.
    Soyons inclusif. Ces Nations veulent participer au développement de leurs terres que nous avons envahies sans vergogne. Ils veulent leur part de l'usufruit et une reconnaissance de leurs droits légitimes et la fin de l'apartheid.
    Soyons Québécois.

  • Donald Bordeleau - Abonné 9 septembre 2014 23 h 21

    Des ententes administratives accomoder les demandes historiques des Québéçois

    Lors de l'accord de la confédération le Haut Canada avait une dette de 6 millions et le Bas Canada un surplus de près de 200,000 $ en 1845.

    Pour la suite dans le fouillis des négociations la majorité des négociateurs ont passés en douce la dette du Haut Canada en 1867. Aujourd'hui on déclare que le processus a été équitable.

    Imaginez aujourd'hui en dollars constant que vaudrait les surplus du Québec de 200,000 $ de 1843, probablement plusieurs centaines de milliards et peut-être plus.

    C'est le Haut Canada qui le plus profité de la prospérité du Bas Canada.

    On connait aujourd'hui la suite des choses ou le Québec perd continuellement sa position dans le Canada.

    La proportion du PIB du Québec qui était de 23% en 1980, ne sera que de 17.5% en 2030.

    Monsieur Couillard, il devra y avoir des négociations très sérieuses pour amener le Québec à signer la constitution.

    Que les Québécois ont participé à la construction du Canada, que ça doit être répété et que ça doit être réaffirmé dit Monsieur Couillard. Donc une négociation pour évaluer la valeur de l'actif actualiser de 200,000$ qui serait évaluer à plusieurs centaines de milliards lors de la création du Dominion en 1867.


    Merci de persévérer pour amener 9 provinces à la table de négociation, mais pas d'ententes administratives.

    Que signifie reconnaître les Québécois comme une nation. Rien de plus qu'avant comme les Atikamekw.

    Le premier ministre a toutefois répété que l'apport des Québécois à la construction du Canada doit être «répété et réaffirmé».