Un rendez-vous non partisan pour réunir les forces souverainistes

Martine Desjardins animera l’événement des 20 et 21 septembre prochains, qui reçoit la caution d’éminents souverainistes, dont Bernard Landry.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Martine Desjardins animera l’événement des 20 et 21 septembre prochains, qui reçoit la caution d’éminents souverainistes, dont Bernard Landry.

Plus éclaté que jamais, le mouvement indépendantiste a rendez-vous à Montréal à la fin septembre, afin de recoller les pots cassés, près de six mois après la cuisante défaite électorale du Parti québécois. Une initiative « non partisane » et « inclusive », dont l’objectif est de consolider les divers éléments des forces souverainistes.

 

L’indépendance de l’Écosse semble plus plausible que jamais. L’option a également le vent en poupe en Catalogne. Ici, pourtant, elle fait du surplace. Une réalité à laquelle tentent de remédier deux organisations, le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) et le Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ) en organisant l’événement « DestiNation », un rassemblement citoyen pour l’indépendance du Québec, qui se tiendra au Théâtre de l’Olympia et à l’Université du Québec à Montréal, les 20 et 21 septembre prochains.

 

« Le coeur de cette aventure, c’est la convergence », soutient l’ex-premier ministre Bernard Landry, qui participait dimanche au lancement de la programmation de ce sommet.

 

« Le mouvement indépendantiste est un mouvement fort, encore soutenu par une large partie de la population, mais il est éclaté. Il y a une pléthore d’organisations qui travaillent à la promotion de l’indépendance, mais elles ne sont pas coordonnées. En dehors des partis, il y a une convergence à faire. Les partis aussi ont à travailler en ce sens », estime-t-il.

 

L’idée avant les partis

 

D’un sondage à l’autre, l’option indépendantiste récolte davantage d’appui que la somme des résultats électoraux obtenus par les trois partis souverainistes québécois, souligne l’ex-leader étudiante et candidate défaite du PQ Martine Desjardins, qui dit aujourd’hui évoluer en dehors des lignes partisanes. L’animatrice de DestiNation estime que c’est à la société civile plutôt qu’aux formations politiques de porter le projet d’un Québec indépendant.

 

« L’idée de la souveraineté est populaire. On veut la mettre entre les mains des citoyens », explique-t-elle, souhaitant « relancer la ferveur » des Québécois.

 

Les participants — ils devraient être près de 1000, selon Mme Desjardins — auront l’occasion d’assister à divers ateliers et conférences, à la diffusion d’un discours de l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, préenregistré pour l’occasion, et à un spectacle. Les éventuels candidats à la chefferie du Parti québécois seront les bienvenus, tous comme les partisans de Québec solidaire ou d’Option nationale, mais tous y seront à titre de « simples citoyens », explique Mme Desjardins. Aucun élu ne prendra officiellement la parole au cours des deux journées de rencontres, précise-t-elle.

 

Des dizaines de personnalité telles que les syndicalistes Claudette Carbonneau et Gérald Larose, l’ex-journaliste et homme politique Jean-Pierre Charbonneau, l’ex-ministre Louise Harel, le sociologue Guy Rocher et la comédienne et militante Catherine Dorion, notamment, ont déjà confirmé leur présence.

 

En définitive, les organisateurs de DestiNation souhaitent jeter les bases d’un nouveau plan d’action pour le Conseil de la souveraineté, qui a entrepris, depuis l’an dernier, une restructuration visant à y accroître la participation de simples citoyens et d’organisations de la société civile.

 

« Il faut cesser d’attendre uniquement les partis politiques ou les campagnes électorales pour se mobiliser », souligne le président du NMQ, Pierre Curzi. DestiNation se veut le « coup d’envoi » du regain d’intérêt pour un Québec indépendant, selon lui.

7 commentaires
  • Michel Blondin - Abonné 8 septembre 2014 06 h 53

    vivifiante et nourissante

    Un mouvement ne fait pas de loi ni ne prendra le pouvoir. Il peut et doit soulever le vent, faire l'arrimage de tout organisme de façon verticale et transversale. Il accompagne.

    Les associations italienne ,argentinienne, brésilienne ou bien le parti vert, tous doivent être amené à la participation par un énoncé de principe commun.

    Le coeur de la fierté doit être le moteur. L'esprit doit se nourir d'information riche et vivifiante pour résister au long voyage du mouvement en marche vers sa destiné.
    Notre or noir c'est la langue,. Notre force, nous-mêmes.

  • Gilbert Bournival - Abonné 8 septembre 2014 07 h 42

    la pensée de René Levesque

    Au moment de la fondation et de l'alliance du RIN avec le parti que fondait René, le débat sur le choix du nom a décidé à la majorité Parti Québecois. René n'aimait pas ça. C'est l'affaire d'un peuple pas d'un parti. En bon démocrate, il a accepté. Aujourd'hui ça nous revient en pleine face. La décision de mettre notre avenir comme peuple dans les mains d'un parti montre son incapacité de rallier les multiples aspirations des citoyens. Un mouvement pour la souveraineté peut le faire. D'abord la souveraineté, on verra ensuite entre nous les autres décisions qui nous concernent.
    J'appuie entièrment la démarche menée par Martine Desjardins et son groupe.

    • Marc Provencher - Inscrit 8 septembre 2014 11 h 55

      Pour ce qui est des idées, j'aimerais rappeler une remarque de René Lévesque.

      Talonné par un journaliste anglophone qui lui demandait avec insistance (avec sans doute l'assignment habituel de trouver prétexte à des accusations de racisme): «Qui est québécois?» , Lévesque répondit:

      «Celui vote au Québec et paie ses taxes au Québec.»

      Il n'ajouta même pas: «et qui parle français.» La définition qu'il donnait ce jour-là n'était pas identitaire: il décrivait au contraire une citoyenneté.

      Certes, pour moi qui suis fédéraliste, cette citoyenneté québécoise est un cercle concentrique qui prend place dans un cercle concentrique plus grand, la citoyenneté canadienne. Si vous êtes séparatiste, vous êtes contre ce bout-là, je le comprends très bien. Mais je parle ici d'autre chose.

      Qui est Canadien? Eh bien pardi, «Celui qui vote au Canada et paie ses taxes au Canada». Là encore, définition non-identitaire. Or savez-vous quoi, quand je transpose auprès de mes coreligionnaire fédéralistes cette définition de Lévesque, vous devriez entendre les cris d'orfraie horrifiés! «Voyons, c'est l'identité canadienne!», me réplique-t-on vertement. «N'es-tu pas fier d'être canadien?», etc.

      Le nationalisme, tant à l'échelle du Canada que du Québec, est un lit de Procuste qui veut forcer citoyenneté et identité à se correspondre, qui veut à toute force visser l'une dans l'autre, ce qui est une menace à la fois pour la citoyenneté (fait politique, juridique et administratif) et pour l'identité (fait culturel, fait de civilisation).

      Comme disait l'antifasciste Carlo Sforza: «Le nationalisme n'est pas seulement la caricature et la contrefaçon du patriotisme mais à proprement parler son antithèse même.» Séparatistes comme fédéralistes devraient, pour l'idée qu'ils se font respectivement du Québec et du Canada, entamer enfin la discusison sur la confusion entre patriotisme et nationalisme, entre patrie et nation, entre citoyenneté et identité, entre uni et unifié...

    • Albert Descôteaux - Inscrit 8 septembre 2014 13 h 08

      @ M. Provencher: en effet, c'est ce que je répondais à mes collègues anglophones à McGill lorsque j'y étudiais il y a 25 ans. Un québécois est un résident du Québec. Point. Celui qui dit le contraire est de mauvaise foi. L'identité, qu'elle soit québécoise ou canadienne, est un mythe. Idem pour les fameuses valeurs...

  • Éric Thiffault - Abonné 8 septembre 2014 09 h 15

    Le simples citoyen ?

    Il y a quelque mois, un sondage chez les jeunes disait que plus de 70% voteraient pour le non et qu'également autant ne s'informaient pas sur les enjeux politiques.
    " on veut la remettre entre les mains des citoyens " . Avant cela, il faudrait comprendre cette jeunesse et savoir ce qu'elle veut. Elle ne ressent pas de malaise face à l'avenir de notre peuple. Les conséquences sont pour eux trop éloignées dans le temps et la culture anglaise fait parti de leur quotidien et ne les empêche pas de fonctionner. Je crois que pour changer cette mentalité et faire comprendre l'importance du pays, le chemin sera trés, trés long. Je ne vois qu'une solution malheureusement , c'est un être trés charismatique et jeune comme une star pour passer le message... On pourrait faire un " star academie"

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 8 septembre 2014 23 h 15

      À M, Descôteaux

      Je préfère votre définition de Québécois "un québécois est un résident du Québec, point" à celle de Lévesque qui, me semble-t-il, en faisait une affaire économique et politique. Même si on ne vote plus parce qu'on en a mare on en est pas moins Québécois, non?

  • Benoit Toupin - Abonné 8 septembre 2014 11 h 26

    Une voie de sagesse

    Le débat sur le statut du Québec appartient aux citoyens et s'il peut se faire en dehors des allégeances politiques, bravo! La place des partis politiques est de prendre le relai pour répondre aux questions concernant la situation actuelle et supporter les orientations découlant de ce débat pour les concrétiser.

    Les partis politiques auront toujours de la difficulté à proposer d'importants changements si, en premier lieu, le citoyen n'est pas celui qui met la question à l'agenda. Les jeunes en ont fait une brillante illustration lors du printemps 2012.