Référendum: le plan Drainville déçoit

Bernard Landry, sans discréditer « l’autre Bernard », a remis en question son plan pour un référendum en 2023.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Bernard Landry, sans discréditer « l’autre Bernard », a remis en question son plan pour un référendum en 2023.

Le référendum imminent sur la souveraineté de l’Écosse et l’automne chaud pour les nationalistes catalans font rêver les indépendantistes du Québec, qui pressent le Parti québécois (PQ) de mettre le « pays » à bâtir en tête de ses priorités.

 

Une cinquantaine de jeunes militants souverainistes, quatre députés du Parti québécois et d’autres représentants de la société civile feront le voyage en Écosse pour assister au référendum sur l’indépendance qui aura lieu dans moins de deux semaines, le 18 septembre. Ces militants « pressés » de faire l’indépendance souhaitent que ce moment historique fouette les Québécois, même en cas de victoire du Non (qui mène avec 53 % d’appuis, selon un récent sondage).

 

La députée péquiste et ancienne ministre Martine Ouellet, qui songe à se lancer dans la course à la chefferie du PQ, fait partie des convaincus pour qui la souveraineté doit redevenir la priorité. Elle critique l’idée de son collègue Bernard Drainville, qui a proposé cette semaine de repousser la tenue d’un référendum à un deuxième mandat péquiste, éventuellement en 2023, pour dissiper toute ambiguïté sur le calendrier référendaire.

 

« Non, effectivement [l’année 2023] c’est pas demain. Je trouve que ça s’inscrit beaucoup dans la continuité de ce qu’on a fait dans les dernières années. On a vu le 7 avril qu’il faut peut-être faire les choses un petit peu autrement », a confié Martine Ouellet vendredi.

 

La stratégie du « bon gouvernement » en attendant la souveraineté a fait son temps, selon elle. « On l’a démontré, au Parti québécois, qu’on est capables de se gérer au Québec. Même le Parti libéral le dit, le Québec est capable de se gérer, est capable d’être un pays. Cette démonstration-là est faite depuis plusieurs années. Je pense qu’il faut aborder une nouvelle stratégie », a ajouté Martine Ouellet.

 

Cap sur l’indépendance

 

La députée péquiste participait vendredi à un événement qui regroupait une vingtaine de jeunes militants indépendantistes, des représentants de la Société Saint-Jean-Baptiste et d’Option nationale et l’ancien premier ministre Bernard Landry, à Montréal. Tout ce beau monde lance une campagne pour faire « lever le vent » de la souveraineté, même si le ciel paraît bien « gris » pour les indépendantistes, de l’avis même de M. Landry.

 

L’ancien premier ministre est emballé par le mouvement de liberté qui soulève l’Écosse et même la Catalogne, où aura lieu un référendum informel le 9 novembre, que ne reconnaissent pas les autorités espagnoles. Comme Martine Ouellet, M. Landry est plus pressé que Bernard Drainville.

 

« Mon idée n’a pas changé : j’ai toujours préconisé [un référendum] le plus rapidement possible. […] En tout respect pour l’autre Bernard [ses délais] m’apparaissent un peu longs de la façon dont il nous les a présentés. Si on laisse entendre que les délais n’ont pas d’importance, ça veut dire que la chose n’a pas d’importance », a dit Bernard Landry.

 

Sol Zanetti, chef d’Option nationale, ajoute aussi son grain de sel dans la course à la direction du PQ. « Pour arriver à rassembler tout le monde, il faudra proposer la seule chose qui ait jamais pu cimenter la coalition des indépendantistes, c’est-à-dire un engagement clair à faire l’indépendance dans un premier mandat », écrit-il dans une lettre au Devoir.

56 commentaires
  • Mathieu Bouchard - Inscrit 6 septembre 2014 02 h 11

    La reconnaissance de la Catalogne

    La reconnaissance de la Catalogne ne se fera pas en Espagne, c'est sûr. Alors ça n'a pas d'importance que le référendum soit considéré informel par l'Espagne. Ce qui est important, c'est qu'il soit considéré formel par d'autres pays. Faudrait savoir quels sont les alliés de la Catalogne et quel effet d'entraînement ils peuvent faire pour la reconnaissance par d'autres pays.

    Pour le Québec, par exemple, la loi sur la Clarté n'a aucun impact, puisque les deux premiers alliés d'un Québec indépendant, la France et les États-Unis, avec tout l'effet d'entraînement qu'ils auraient causé à la reconnaissance du Québec dans le monde, n'étaient pas intéressés à demander plus que 50 % ni à demander autre chose que la question de 1995, pourvu que le scrutin soit assez bien fait. Ça serait sûrement pas différent aujourd'hui avec la question qu'on choisirait, puisque les lumières de Stéphane Pion n'éclairent pas au delà des frontières canadiennes.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 6 septembre 2014 11 h 12

      S'ils n'étaient pas intéressés à une autre question qu'à celle de 1995, c'est peut-être que dans le fond ils ne sont pas intéressés à quoi que ce soit, et que leur appui ce n'est que de la broue...

      La question de '95 comme celle de 80 ne demandait rien d'autre qu'une nouvelle entente économique et politique, qui, si elle était refusée par Ottawa déboucherait sur un nouveau référendum... Et si elle était accepté alors? De nouvelles chaîne, une autre version du beau risque?

      Deux possibilité autrement dit, qui ni une ni l'autre n'avait quoi que ce soit à voir avec la souveraineté et encore moins avec l'indépendance. Que de la broue, là aussi, une perte de temps et... surtout une perte d'appuis.

      L'auto-assimilation ça existe, et quand on regarde la nature de ces référendums fait à de mauvais mauvais moments, pour de mauvaises raisons et avec une mauvaise question... ou ni les mots souveraineté ou indépendance n'apparaissait, y a de quoi virer de bord, et se foutre de tout.

      Autrement... c'est qu'on est courageux en maudit!

    • Pierre Samuel - Inscrit 6 septembre 2014 12 h 08

      @ Mathieu Bouchard:

      Toute partisanerie mise à part, où avez-vous déniché que les deux premiers alliés d'un Québec indépendant sont la France et les Etats-Unis ? En ce qui concerne la France, à l'exception de De Gaulle en 1967, aucun aucun autre président ne s'est jamais prononcé clairement à ce sujet préférant s'en tenir à la formule célèbre de la < non-ingérence et de la non-indifférence>.

      Quant aux Américains en 1995, Bill Clinton s'était clairement affiché en faveur de l'unification du Canada.

      En ce qui a trait à la clarté de la question, que voulez-vous dire exactement lorsque vous affirmez < pourvu que le scrutin soit assez bien fait. Ça serait sûrement pas différent aujourd'hui avec la question qu'on choisirait...> ?

      Peu importe son camp et les résultats ambigus de 1995, la seule et unique véritable question est: < Voulez-vous, oui ou non, que le Québec devienne un pays indépendant ? >

      Ce que Drainville, lui-même, a reconnu suite à son périple en Ecosse pour tenter de se requinquer le moral et celui de ses troupes désorientées, ne sachant plus trop comment se sortir
      de la confusion dans laquelle ils sont empêtrés depuis bientôt un demi-siècle justement par leur manque de transparence.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 6 septembre 2014 13 h 46

      Depuis quand les É.U. sont-ils un allié pour la séparation du QC?? Je n'ai jamais entendu aucun politicien américain énoncer un support pour la séparation du QC...Au contraire!

      Quant à la France, nous connaissons son ni...ni... Ni indifférence, ni intervention...Une façon d'échapper à une position quelconque.

      Quant à la reconnaissance internationale : d'après les règles établies, le Qc n'est ni opprimé, ni subit un génocide..Seule une majorité de OUI écrasante pourrait contourner ces règles!

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 7 septembre 2014 16 h 52

      Quand le processus référendaire s'est enclenché en Écosse, le OUI était largement minoritaire. Maintenant, c'est au coude à coude.

      En Catalogne, le gouvernement central espagnol refuse de même reconnaître leur droit de faire un référendum. Qu'à cela ne tienne, la Generalitat catalane le fera quand même.

      Et nous ?

      On attend Godot, la semaine des quatre jeudis, le Père Noël, le retour du Christ, l'armageddon, un super devin qui nous garantirait à 110% que c'est dans l'sac.

      Et il ne faudrait surtout pas que ça nous dérange dans nos petits guidzis-guidzis-haha, que la communauté internationale nous encourage et nous appuie, que le reste du Canada nous souhaite bonne chance ou peut-être souhaiterions-nous qu'il nous mette carrément dehors de leur plussmeilleur pays ?

      Pardonnez l'image, mais c'est comme le gars gêné qui n'ose pas approcher la potentielle femme de sa vie, parce qu'il a peur de se faire rejeter.

      Pôôôvre de pôôôvre petit garçon à sa maman !!!

  • Patrick Boulanger - Abonné 6 septembre 2014 03 h 43

    Mauvaise idée

    Il me semble évident que se soit une mauvaise idée qu'un parti indépendantiste propose un référendum lors d'un deuxième mandat consécutif. Il est inévitable qu'un parti au pouvoir déçoit sur certains points en exerçant le pouvoir et il va sans dire qu'un parti qui souhaite faire l'indépendance n'a pas de besoin de récents mauvais coups a (sic) son actif tout juste avant de proposer un référendum a (sic) la population...

    • Sylvain Auclair - Abonné 6 septembre 2014 09 h 40

      Tout à fait d'accord. Remettre un référendum veut aussi dire qu'il est possible de bien gouverner au sein du Canada. D'ailleurs, comme il est peu probable que ce parti soit élu pour un troisième mandat, ce serait laisser au Parti libéral le soin de poser les fondations du nouveau Québec.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 6 septembre 2014 07 h 02

    ... jasent trop !

    Bien que tout plan d'activité référendaire soit perfectible, l'indépendance recherchée demeure tout un défi-enjeux à réaliser, un jour !

    Entre-temps, se souvenir et s'y engager faient du bien pour tout le monde, spécialement ces "patriotes" qui, parfois, hésitent ou ...

    ... jasent trop ! - 6 sept 2014 -

  • Hélène Gervais - Abonnée 6 septembre 2014 07 h 36

    Il est urgent d'avoir un pays

    C'est le but du Parti Québécois de faire l'Indépendance; arrêtez de tergiverser et faites-en votre priorité en tout temps. Arrêtez de vous baser sur l'opinion que c'est le bon moment ou pas. En tant qu'indépendantiste de longue date, je ne sais plus que penser du mouvement, parfois c'est oui on va en faire une priorité, parfois c'est non, on va attendre que l'opinion soit favorable. Ce n'est pas de cette façon là que nous aurons un PAYS.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 6 septembre 2014 14 h 13

      Le pays se fera non pas quand le PQ l'aura décidé mais quand le peuple en voudra. Or de tous les groupes linguistiques du Québec, seuls les Francophones sont majoritairement favorables à l'indépendance.

      Conséquemment, la perspective d'un référendum gagnant diminue avec le déclin démographie de ces derniers. Tant que le Québec accueillera 50,000 immigrants par année choisissant à 60% de devenir des Anglophones, l'appui à l'indépendance diminuera.

      Bref, pas de référendum gagnant sans refrancisation de Montréal. La vraie bataille de l'Indépendance commence là.

    • Patrick Boulanger - Abonné 6 septembre 2014 14 h 18

      Mme Gervais, le PQ ne représente pas le «mouvement » indépendantiste à lui seul.

  • Chantale Desjardins - Abonnée 6 septembre 2014 08 h 02

    Non à Bernard Drainville

    Il semble n'avoir rien compris du message des dernières élections. Son projet à long terme est à rejetter et je ne vois pas cet homme chef du PQ. Seul PKP est le plus compétent pour diriger ce beau parti.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 6 septembre 2014 13 h 49

      ...ce beau Parti avec 19% de support!

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 6 septembre 2014 16 h 15

      Je suis entièrement d'accord avec vous. Avant j'aurais pensé que Lysée pourrait devenir un chef avec son expérience tant à l'internationale qu'ici, et toutes ses écritures sur l'indépendandance, mais son silence sur la question de la charte avant comme après, et aussi sur les causes de la défaite, je me dis que lui non plus n'a pas la stature ni le courage qu'il faut pour nous mener à l'indépendance. Et j'ai été très heureuse de voir Péladeau entrer à l'assemblée, samedi je crois, d'un pas décidé et avec un sourire inspirant. Le P. Q. est le parti qui a la base la plus large, la plus militante, et le meilleur projet, il ne lui manque qu'un chef convaincu et convainquant.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 6 septembre 2014 17 h 59

      Réponse à M. Martel

      Premièrement, les francophones ne sont pas comme vous l'écrivez majoritairement favorables à l'indépendannce, si c'était le cas, celle ci aurait déjà été faite. Selon les dernières statistique, nous francophones représentons au Québec + ou - 82, 01% de la population, alors... Le problème est ailleurs.

      Quant à vous statistiques elles me semblent très souvent biaisées, pour le moins, sinon fausses: vous oubliez aussi que dans les dernières années les immigrants du Maghreb, les plus nombreux, sont très majoritairement francophones, et qu'il en allait aussi de même des vietnamiens, et qu'il y a de plus en plus de jeunes Français qui viennent étudier au Québec. Et parlant d'études, vous oubliez aussi que sur les immigrants anglopbones qui viennent à Montréal, après leurs études une bonne partie d'entre eux flyent au USA ou dans le ROC.

      Vous écrivez aussi que Montréal doit être refrancisée, mais encore là ça cloche: il y à peine un million de Montréalais alors que le Québec atteindra bientôt 8millions de population. Le problème n'est donc pas à Montréal, mais... dans votre manière de voire les choses, telles qu'elles ne sont pas.

      Vous semblez aveuglé par je ne sais trop, un genre de partisannerie à l'envers, ou tout est noir chez nous et rose chez les autres. Vous faites aussi abstraction du fait que le problème vient en bonne partie de nos chefs qui eux non plus ne sont pas à l'abris de la partisannerie, de l'électoralisme, et autres travers pervers pour un projet comme celui de faire du Québec un pays. Se croire irresponsable de tout, est justement irresponsable.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 6 septembre 2014 18 h 12

      MMe Wandelmaier, 19% d'appui pour le P. q.?? Diable où êtes vous allez pêcher ça?

      Le P. q. constitue actuellement le premier parti d'opposition, l'opposition officielle à Québec, dit autrement, alors quelle serait la proportion de vote de la CAQ, de Q. s. ? Déjà ça crève les yeux que vous êtes dans les prunes.

      De plus, depuis presque les débuts de son existence ce parti a été et demeure, au Québec, celui qui a le plus de membres. Je peine à vous reconnaître dans de tels propos. Un problème de calcul ou quoi?

    • Patrick Boulanger - Abonné 6 septembre 2014 19 h 46

      @ Mme Massicotte

      Mme Massicotte, le PQ va a mon avis renforcir QS si M. Péladeau prend la tete du parti (bien qu'il y de très bonnes chances qu'il fasse mal a la CAQ). En outre, il va sans dire que le fameux appel péquiste aux forces progressistes lors des élections va faire patate pas a peu près lors du prochain scrutin si cet homme-la prend la tete du PQ. Bref... je me demande si ce souriant conservateur a la démarche décidé est vraiment l'homme de la situation pour les péquistes et le Québec?

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 6 septembre 2014 23 h 35

      Oui! Madame Massicotte...Ce qui m'a déçue le plus est que M. lisée s'est distancé de Drainville et la Charte, après le 07 avril, alors qu'il apparaissait dans toutes les photos-op avec Drainville et Marois quand il pensait que la Charte fournissait les conditions gagnantes...

      Là oû nos opinions diverges, c'est à propos de PKP...Jamais la population ne va s'identifier à cette star du business..De plus, il n'a aucun charisme personnel, n'est pas articulé, n'a aucune expérience en politique, est connu pour être impulsif et n'a jamais appris à travailler en équipe..Lever les bras et déclarer bien haut et fort son engagement pour la souveraineté n'est pas une garantie d'un grand chef ou d'un rallieur de troupes..

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 7 septembre 2014 07 h 55

      Ps: au lendemain des dernières élections, il y avait 22-23% de support pour le PQ puis celui-ci était tombé à 19%...Je n'ai pas lu d'autres sondages...