D’importantes refontes dès septembre

Le PM n’attendra pas l’avis des commissions en cours chargées d’évaluer où l’État québécois peut économiser.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le PM n’attendra pas l’avis des commissions en cours chargées d’évaluer où l’État québécois peut économiser.

Convaincu plus que jamais qu’il jouit de l’appui d’une majorité de la population pour redresser les finances publiques, le premier ministre Philippe Couillard entend déposer dès la rentrée parlementaire des projets de loi afin de refondre des programmes gouvernementaux, sans attendre les recommandations de la Commission de révision permanente des programmes.

 

Au terme du caucus présessionnel des députés libéraux, le gouvernement est entré dans « une nouvelle phase d’accélération de l’action gouvernementale », a indiqué Philippe Couillard dans sa conférence de presse de clôture. Dès l’ouverture de la session parlementaire à la mi-septembre, il entend annoncer « des décisions » pour implanter des « changements importants », qui nécessiteront le dépôt de projets de loi.

 

Selon le premier ministre, « l’effort de pédagogie » sur la nécessité de redresser les finances publiques, il est en « grande partie » accompli. Les députés libéraux sont aussi revenus de vacances « encore plus déterminés », a-t-il dit.

 

«Têtu »

 

«J’ai la conviction que la majorité des Québécois qui, lors de la dernière élection, — et ça n’inclut pas notre parti uniquement — ont voté pour le changement profond dans les façons de faire au Québec est encore fortement convaincue et derrière les actions qui mènent à ce changement-là. »

 

Sans chercher l’affrontement avec les opposants, Philippe Couillard n’entend pas se laisser arrêter par la grogne ou la « rue ». « Ceux qui me connaissent savent que je peux être excessivement déterminé, parfois un peu têtu. »

 

« Je n’ai pas d’illusions : le changement est difficile. Quand j’étais en chirurgie, on disait que les seuls les chirurgiens qui n’ont pas de complications, c’est ceux qui n’opèrent pas », a-t-il illustré.

 

La Commission d’examen de la fiscalité québécoise doit remettre ses rapports préliminaires dans quelques jours, a indiqué, vendredi, le ministre des Finances, Carlos Leitao, tandis que la Commission de révision permanente des programmes présentera ses premières recommandations en octobre. Or, non seulement le gouvernement entend agir avant que ces commissions ne terminent leur travail, mais le premier ministre a tenu à préciser qu’elles n’étaient pas décisionnelles. « Ce ne sont pas les commissions qui vont prendre les décisions, a-t-il souligné. C’est un guide pour la décision gouvernementale. » 

 

Pas de minibudget

 

Contredisant son ministre des Finances, qui évoquait en matinée la possibilité qu’il présente un minibudget à l’automne, Philippe Couillard en a rejeté d’emblée l’idée. « Je n’ai jamais parlé de minibudget et je ne pense pas qu’on ait mentionné ça non plus », a-t-il tranché. Il y aura à l’automne une mise à jour économique et financière, comme c’est l’usage, et sans doute l’annonce de mesures fiscales, a-t-il indiqué.

 

En ce qui concerne le menu législatif de l’automne, Philippe Couillard s’est montré avare de détails. Le projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État, que prépare la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, doit être présenté lors de la prochaine session, mais le premier ministre a refusé de préciser son état d’avancement. En outre sera déposé un projet de loi qui permettra au gouvernement de connaître combien de personnes travaillent pour l’État, une volonté manifestée le printemps dernier.

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8 commentaires
  • Charles Lebrun - Abonné 6 septembre 2014 09 h 29

    À quoi bon...

    Première suggestion pour M. Couillard, mettez fin IMMÉDIATEMENT au mandat de Mme Robillard et de son équipe... ce serait beaucoup de salaires en moins. Car, vous savez déjà, avant même les élections, ce que vous vouliez faire... Vous avez juste oubliez de nous le dire lors de la dernière campagne! De même, cessez de demandez des études à M. Montmarquette, vous avez un "trio économique"... Cet économiste pense de façon IDENTIQUE à M. Coiteux... Pourquoi dépenser cet argent? Et la consultation publique? Vous en avez RIEN À FAIRE! Votre idée est déjà faites! Un peu de franchise. Ne l'aviez-vous pas promis! Et que l'on se le tienne pour dit... de la part de l'homme qui a tenu tête à Jean Charest dans le dossier du CHUM! Oui, vous êtes têtu, je confirme, un têtu "dangereux"... pour les "petits" de la société... Les riches ne sont pas inquiétés!

  • Pierre Germain - Inscrit 6 septembre 2014 10 h 05

    Cher Philippe,

    Allez de vautrer dans le luxe au Manoir Richelieu avec ton caucus - alors qu'il y a des salles de réunion gouvernementales à la pochetée à Québec - n'était pas ce qu'il y avait de plus intelligent à faire ni de plus loyal. On en comprend que tu attend des plus pauvres qu'ils se serrent encore plus la ceinture afin que les privilèges des riches, leur train de vie et tout le tralala superflu soient maintenus.

    Tu n'aura jamais l'adhésion générale si tu te comportes en oubliant qu'on est en démocratie et que tu représentes le peuple, tout le peuple.

    Ta décision de boire du vin cher au Manoir pendant que tu réduis l'eau dans le verre des gens était odieuse. Si tu as un peu d'honneur, tu auras aussi un peu de honte.

  • Françoise Breault - Abonnée 6 septembre 2014 13 h 12

    Le meilleur moyen de redresser les finances publiques

    Réinstaurer l'impôt progressif comme cela était le cas dans les années 1970.

    • Sylvie Giguère - Inscrit 7 septembre 2014 14 h 27

      Oui, et mettre fin aux paradis fiscaux...

  • Benoit Toupin - Abonné 6 septembre 2014 15 h 39

    Manipulation et ambiguité

    Ce gouvernement utilise de façon abusive la manipulation de l'opinion publique et se tient loin de la recherche d'un minimum de diversité d'opinion... Danger... Il devait être la parti de l'économie, le déclin est à nos portes. Il devait donner priorité à l'éducation, il a offert, en prix de consolation, la gouverne de ce ministère à un politicien qui ne possède pas les qualités pour le poste. Il devait apporter un climat de prospérité, mais ses premiers gestes visent l'appauvrissement à long terme des employés municipaux et éventuellement de ses propres employés puis finalement de tous...

    Certes la rigueur budgétaire est requise, mais quelles sont les alternatives à cette vision ratatinante de l'avenir? Est-il efficace de véhiculer un message alarmiste comme le fait Monsieur Couillard; ce message entrainera l'inquiétude, minera l'économie et réduira les revenus de l'état au même rithme que le gouvernement réduira les dépenses.

    La prudence est de mise. Il est temps de douter du discours entretenu par le gouvernement Couillard. Qui sait ce qu'avait en tête Monsieur Couillard lors de la dernière campagne électorale? Les campagnes électorales se nourissent de stratégies de communication alambiquées où le message embrué est la norme. La manipulation de l'électeur, de la séduction pré-élection aux sophismes post-élection, est le terrain de jeu de nos dirigeants... Prudence... Le gouvernement doit cesser de jouer avec l'ambiguité et restaurer la confiance. Malheureusement, il semble avoir la tête ailleurs. Ne serait-il pas en train de nous manipuler pour nous amener là où ne voudrions pas aller...

    Je crains pour les plus démunis, je vois l'écart entre riches et pauvres s'accroître, je crains que les plus riches soient servis en premier, je crains que l'on soit entrain de démolir sans nous consulter. Je souhaiterais plus de transparence sur les valeurs et les visées de ce gouvernement; il y a ambiguité...

  • Raymond Lutz - Inscrit 6 septembre 2014 22 h 57

    La majorité des Québécois?

    S'il vous plaît, le prochain journaliste qui entend un ministre Libéral claironer son appuis électoral ("on a gagné, la population est derrière nous, fermez-la") pouvez-vous lui rappeler que sur 66 adultes québécois, seulement 16 on voté PLQ!

    Alors, oui, inévitablement la rue se remplira des 5 millions de gens qui n'ont pas voté pour ça.