Couillard compare l’état actuel des finances publiques aux crises budgétaires de 1982 et 1997

Le premier ministre Philippe Couillard n’a pas hésité, jeudi, à comparer l’état actuel des finances publiques du Québec à celui qui prévalait durant la crise économique de 1982 ou encore en 1997 quand Lucien Bouchard s’est attelé à l’atteinte du déficit zéro, même si ces comparaisons apparaissent tirées par les cheveux.

 

« La situation financière du Québec, en termes de chiffres, est aussi sérieuse qu’elle l’était en 82 et en 97 », a soutenu Philippe Couillard à l’entrée du caucus présessionnel de ses députés, qui se déroule jusqu’à vendredi au chic Manoir Richelieu.

 

« Si on n’agit pas, nous, les Québécois, c’est New York et les agences de crédit qui vont décider pour nous », a prévenu le premier ministre.

 

En 1982, le gouvernement Lévesque, aux prises avec des finances publiques qui se détérioraient gravement en raison de la crise économique, a décrété une coupe ponctuelle de 20 % des salaires de tous les employés de l’État. En 1997, le gouvernement Bouchard, menacé par les agences de crédits, avait mis en place un programme massif de mises à la retraite des employés de l’État.

 

En 1982, « ça n’a pas été très agréable et ç’a mis un mauvais climat dans les relations [avec les employés de l’État] pendant des années », a rappelé Philippe Couillard.

 

« En 97, on a pensé pelleter en avant en envoyant des gens à la retraite. Mais ç’a eu des conséquences négatives pour les services aux citoyens, notamment en éducation et en santé », a-t-il poursuivi.

 

Le gouvernement libéral actuel a appris de ces erreurs, a fait valoir Philippe Couillard. « On veut au contraire préserver les services et élaguer le plus possible ce qui entoure les missions essentielles de l’État. »

 

Changements budgétaires

 

Le premier ministre n’aime pas le mot « coupe ». Il préfère parler de « changements budgétaires ». Les Québécois auront-ils moins de services ? « Ils vont surtout avoir un gouvernement qui va avoir les moyens de faire ce qu’il veut faire et de faire ce qu’il dit », a-t-il insisté. Et comme le veut le cliché : « Il n’y a pas de pierre qui n’est pas retournée. »

 

Le gouvernement donnera dès la fin de l’automne des « indications assez précises »,mais la pièce maîtresse de l’exercice de révision, ce sera le prochain budget.

 

Au terme de l’année en cours, le gouvernement Couillard a prévu afficher un déficit de 2,35 milliards, ce qui représente 3,2 % de ses revenus budgétaires de 74,3 milliards. Toutes proportions gardées, le déficit du gouvernement Lévesque en 1981-1982 était six fois plus important, soit 20 % de ses revenus budgétaires. En 1996-1997, le poids du déficit auquel était confronté le gouvernement Bouchard s’élevait à 8,7 % de ses revenus budgétaires, soit 3,275 milliards au regard de revenus de 37,6 milliards.

 

Au cours de cette réunion du caucus, ce ne sera que d’une façon générale qu’il sera question de compressions. « On est encore dans la discussion, l’élaboration », a signalé le premier ministre.

 

Le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc, ne discutera pas avec ses collègues des compressions affectant les écoles. « Ça va être une discussion générale », a-t-il souligné.

 

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, est loin d’avoir trouvé la solution pour les services de garde. « Comment je fais pour donner plus aux familles avec ce que j’ai en ce moment ? Je n’ai pas encore trouvé l’adéquation », a-t-elle avoué.

13 commentaires
  • Réjean Guay - Inscrit 5 septembre 2014 07 h 21

    Pauvre Couillard , rappeler les solutions péquistes aux crises de 82 et de 97 me semble manquer de courage et d'imagination . J'espère qu'il dira aussi que Pauline Marois a admis qu'elle aurait fait les choses autrement , moins rapidement . De même , le PM actuel devrait se souvenir que le PQ a chèrement payé l'application de ses solutions . . . Par ailleurs , il faut préciser , qu'en 1982 , le PQ a couper les salaires des employés de la fonction publique de 20% pour 03 mois ou 06 mois , non pour la durée de la convention collective . Bref , on donne en exemple les mauvais
    coups des adversaires si cela nous arrange ! Désolant !

  • Pierre Germain - Inscrit 5 septembre 2014 08 h 12

    Ce que l'article ne dit pas, c'est qu'en 1982, pendant que les employés de l'État se faisaient couper leur salaire de 20 %, les médecins, les juges et les députés ramassaient tout de même une généreuse augmentation.

    L'histoire est-elle entrain de se répéter? Les juges ont eu une augmentation de plus de 100 % en à peine quelques années, les médecins se battent pour avoir une augmentation de plus d'un milliard de dollars, et Couillard manœuvre pour augmenter significativement le salaire des députés qui, disons-le, bénéficient déjà d'un généreux système de primes cachées, faisant que leur salaire réel est de 70 % plus élevé que leur salaire officiel.

    Devant tant de prodigalité devant les juges, médecins et députés, l'évidence s'impose: il faut geler, sinon diminuer, les salaires des employés de l'État qui, eux, n'ont aucune dépenses ni ne subissent l'inflation.

    Le gouvernement Couillard participe croassement au clivage 99%-1%.

  • Guy Desjardins - Inscrit 5 septembre 2014 08 h 56

    M. Couillard se n'est absoulument pas drôle.

    Commencez à couper par le haut plutôt que vers par le bas. Ensuite l'exemple donné. il sera plus facile à faire avaler au peuple les coupures que vous projetez, afin de corriger les erreurs des Gouvernements antérieurs qui n'ont eu de vision qu'à leur portefeuille. Un exemple parmi tant d'autres; vos pensions payés à plus de 80% par les citoyens. Et, si vous en voulez une de plus. Pourquoi ne pas diminuer le nombre de députés si l'on se compare à d'autre Villes qui ont plus de personnes que nous pour payer? Il me semble que c'est le moment voulu pour faire comprendre l'urgence des coupures car... Le Québec n'a plus d'argent et il faut changer la façon de faire si l'on ne veut pas une décote sur la gestion des finances du Québec.

  • Benoît Landry - Abonné 5 septembre 2014 09 h 11

    On voit bien qui gouverne au Québec

    «« Si on n’agit pas, nous, les Québécois, c’est New York et les agences de crédit qui vont décider pour nous », a prévenu le premier ministre.»

    Et ces agences de crédit qui sont associés au grand capital de Wall Street, aux instances financières très faiblement imposé ont une vision très partisane de l'économie qui favorise le 1% des plus riches et les grandes corporations multinationales.

    On voit bien que M. Couillard n'a aucune volonté de souveraineté économique et qu'il accepte cette nouvelle forme de colonisation

    • Charles Lebrun - Abonné 5 septembre 2014 09 h 23

      Vous remarquerez, que cet homme, libre de ses décisions de carrière, n'est pas allé travaillé pour Médecins sans Frontières... quand il est allé travaillé à l'étranger... et il n'a pas déposer son argent dans une coopérative d'épargne et de crédit... Chacun ses valeurs... Tout homme est libre... Mais son passé en dit long sur ses VALEURS!

  • Grace Di Lullo - Inscrit 5 septembre 2014 09 h 30

    Voila, l'expression Changements budgétaires

    Gens davantages habiles en sémantique qu'en litératie financière, nous présentent des mots et des expressions pour nous faire toujours le même discours et les mêmes stratéges.

    Voilà une autre expression s'ajoutant au maniement sémantique : Changements budgétaires. Il parait que cette expression est supérieure à Coupe.

    À ces mots et expressions, nous pouvons ajouter: Frapper un mur, Virage, Compressions, Réingénierie, Couper dans le gras, Crise budgétaire, Crise économique, Cote de crédit, Lucide, Allègement du fardeau de la dette, Partenariat-Privé-Public, Revoir le modèle Québécois, Déséquilibre fiscal, Au-dessus de nos moyens, Faire des efforts(*), etc.

    Ces gens par leur maniement sémantique, ne nous leurrent pas.

    Non, ils sont très forts en mots et en expressions financières, mais médiocres dans la gestion des finances de notre état. C'est bien eux, qui nous ont mené à Frapper un Mur et à faire des Changements budgétaires. C'est bien eux les responsables de l'appauvrissement de leurs concitoyens. Ils n'ont rien fait de constructifs pour faire croitre l'économie Québécoise.

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    (*) Il faut noter que cette expression est utilisée pour dire aux citoyens ordinaires de faire des efforts. Les autres n'ont pas à faire d'efforts.