Des mémoires prêchent pour la libération de données publiques

Photo: Thinkstock

Nouvelles voix dans le concert d’appels à plus de transparence pour vaincre la corruption. Dans trois mémoires déposés devant la commission Charbonneau cette semaine, deux groupes de pression et une citoyenne réitèrent l’urgence pour Québec de multiplier la libération de données publiques en format numérique, mais surtout de le faire dans des formats standardisés, faciles d’utilisation, et en s’assurant de la qualité et de la fiabilité des informations transmises par les administrations publiques. Ce qui serait loin d’être toujours le cas.

 

« De nombreuses données sont actuellement recueillies par le gouvernement dans le cadre de ses activités, mais elles sont difficilement accessibles pour le grand public, de piètre qualité ou dans des formats qui compliquent leur analyse par un tiers », résume dans son mémoire l’organisme Nord Ouvert, un groupe de citoyens qui militent depuis plusieurs années pour les données ouvertes et une plus grande transparence numérique des organismes publics.

 

Un plus grand accès aux données liées à l’octroi et à la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction permettrait, à titre d’exemple, de mieux comprendre le fonctionnement de ce secteur, d’optimiser l’utilisation des fonds publics en limitant les risques de corruption et de collusion, de réduire le pouvoir discrétionnaire des agents publics et d’accroître la transparence, puisque ces données seraient dorénavant soumises à l’examen du public.

 

Josée Plamandon, bibliothécaire spécialisée en exploitation de contenus numérique et figure importante du monde québécois des données ouvertes, montre du doigt, quant à elle, le Système électronique d’appels d’offres (SEAO), une base de données gouvernementale centrale sur l’octroi de contrats publics, dont le contenu est régulièrement critiqué par les analystes et informaticiens qui cherchent à en faire quelque chose. Information peu fiable, données impossibles à relier avec d’autres, erreurs de saisie, champs vides : les reproches sont nombreux. Ce manque de qualité donne, selon elle, un caractère factice à la transparence telle que présentée par Québec, en plus d’empêcher les citoyens de réellement surveiller les activités de l’administration publique et ses administrations.

 

Un obstacle qui semble d’ailleurs être inscrit, paradoxalement, dans la notion même de gouvernement ouvert, telle que souhaitée par le gouvernement du Québec. Sa licence d’utilisation des données ouvertes stipule en effet que la divulgation de données se fait sans aucune garantie de quelque nature que ce soit, expresse ou tacite, notamment quant à leur adaptabilité, à leur exactitude, à leur actualité ou à leur utilité à des fins particulières.

 

La précision devrait être éradiquée de la licence, estime, dans son mémoire, le groupe Hackons la corruption, qui cherche à développer des applications citoyennes sur la base des données publiques. Et ce, tout en estimant qu’une transparence sans rigueur ni qualité des données n’est finalement rien d’autre qu’un environnement opaque essayant de faire croire qu’il ne l’est plus.

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2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 28 août 2014 08 h 54

    Du pain et des jeux

    Si jamais on arrivait a posséder toutes les informations de quoi vivraient les administrateurs et surtout, qu'arriverait-il de notre sport national qui est de reconnaitre les méchants parmis les bons, que deviendraient nos loisirs, trois ans de suputations ca vaut quand meme, son pesant d'or , et qui s'intéresserait encore a la politique.

  • Leclerc Éric - Inscrit 30 août 2014 12 h 16

    De toute façon

    Les audiences sont publiques, pourquoi les données ne le seraient pas?

    Les témoignages entendus sont le résultats d'années de corruption, magouillage et fraude envers les contribuables avec la bénédiction de certains ministres du gouvernement libéral.