Yves Bolduc s'excuse... mais le milieu du livre attend des gestes concrets

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, a finalement présenté ses excuses, mardi matin, en promettant d’exiger que les commissions scolaires rétablissent les budgets des bibliothèques pour l’achat de livres. Après ses déclarations controversées rapportées dans Le Devoir, son mea culpa a été relativement bien accueilli dans le milieu scolaire et celui du livre, mais tous espèrent que le ministre Bolduc passera de la parole aux actes.

 

« On ne sait pas encore comment il va exiger que les commissions scolaires rétablissent les budgets », note d’emblée Benoît Prieur, de la Table de concertation du livre. « La seule façon pour nous qu’il puisse le faire, c’est de modifier les règles budgétaires et de faire en sorte que cette mesure fasse l’objet d’une reddition de comptes. S’il n’y a pas ce changement, on ne sera pas heureux. »

 

En fait, M. Prieur soutient que le ministre doit rapidement répondre à quelques questions primordiales : quelles sommes vont être dégagées pour l’achat de livres ? Est-ce qu’il y aura une reddition de comptes pour forcer les commissions scolaires, à la fin de l’année, à démontrer qu’elles ont bien utilisé l’argent pour l’achat de livres ?

 

Au cabinet du ministre Bolduc, on a confirmé, mardi soir, que le ministre « ferait le nécessaire afin que les commissions scolaires protègent les budgets dédiés à l’achat de livres et reconduisent les 15 millions de dollars qui y étaient consacrés ».

 

Lors de sa sortie, mardi matin, le ministre Bolduc n’a toutefois donné aucun détail sur ce qu’il compte faire pour s’assurer de maintenir les budgets pour l’achat de livres, alors que les commissions scolaires font face à des compressions budgétaires et que plusieurs d’entre elles ont déjà adopté leur budget pour 2014-2015. Il s’est contenté de dire qu’il va « exiger que les budgets soient protégés », après s’être défendu d’avoir minimisé l’importance de la lecture et de l’achat de nouveaux livres dans les bibliothèques scolaires. « Je suis très malheureux de la déclaration que j’ai faite. Ç’a été une déclaration très malhabile », a-t-il avoué.

 

Long terme

 

Malgré ses excuses, le milieu scolaire et l’industrie du livre affirment qu’ils l’auront à l’oeil ces prochaines semaines pour s’assurer que les budgets seront disponibles. « Du développement de collection, ça se fait sur du long terme et, dans les écoles, on développe une bibliothèque scolaire en fonction des exercices pédagogiques des enseignants », a mentionné Marie-Hélène Charest, la présidente de l’Association pour la promotion des services documentaires scolaires (APSDS).

 

Son association vient d’ailleurs de faire parvenir un mémoire au ministre Bolduc pour lui brosser un portrait de la situation et pour réclamer la mise sur pied d’un comité de travail afin d’encadrer les bibliothèques scolaires. « Parce qu’on est tanné d’essayer de convaincre, année après année, que c’est important d’investir dans la lecture. Une école sans livres, ce n’est pas une école », rappelle Mme Charest.

 

Dans le plan d’action de lecture de 2005, le gouvernement s’était engagé à investir 8,3 millions de dollars chaque année, en plus d’exiger obligatoirement 6,4 millions de dollars des commissions scolaires. Ces 15 millions de dollars ont permis aux bibliothèques scolaires de rattraper leur retard.

22 commentaires
  • Pierre Valois - Abonné 27 août 2014 00 h 44

    Rencontre entre docteurs

    Barette: Yves, j'ai rencontré une de tes patientes hier, et elle ne se porte pas bien.
    Bolduc: Ah oui? Laquelle?
    Barette: Biblio Thèque. Elle a perdu plusieurs livres.
    Bolduc: Cela ne la fera pas mourir.
    Barette: Pourtant on meurt bien d'anorexie.
    Bolduc: Pas elle, elle a bien des livres en réserve et elle peut vivre encore longtemps sur son vieux gras.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 août 2014 07 h 59

      Elle est bonne!

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 août 2014 07 h 37

    La solution est simple

    Si certaines commission scolaires avaient décidé de ne pas se prévaloir de la subvention dédiée, c'est qu'elles étaient contraintes de rendre compte de l'utilisation qu'elles en font et des sommes qu'elles étaient obligées d'engager.

    La différence, cette année, c'est que la participation au plan d'action avait été laissée à la discrétion des commissions scolaires.

    Il suffira dont, théoriquement, de rendre à nouveau la participation obligatoire.

    Théoriquement. La première difficulté: les commissions scolaires ont déjà adopté leurs budgets et devront revenir sur d'autres engagements financiers. La seconde difficulté: aussi grand soit le noble amour des livres, il ne faut malheureusement pas exclure que la décision de suspendre l'application du plan d'action soit dans certains cas le moindre mal.

  • Éléonore Golden - Inscrite 27 août 2014 08 h 21

    Une rue en son honneur

    On parle actuellement de nommer une rue en l'honneur de Robert Bourassa. Je ne suis pas certain qu'ion verra un jour une rue "Yves Bolduc". En tout cas pas un boulevard, mais plus un cul de sac. Peut-être que sur ce bout de rue qui mène nulle part,qu'il y aura une bibliothèque, une clinique médicale et certainement une banque.

    • Pierre Valois - Abonné 27 août 2014 13 h 36

      La toponymie municipale n'a pas encore décidé de donner des noms à des caniveaux ou à des trous d'homme. Pourquoi ne pas commencer avec quelques ministres libéraux qui se démarquent un peu plus que les autres?

      Pour les plus illustres, (comme dans De Lorimier, Papineau, Frontenac) il faudrait relever la tête pour apercevoir la dénomination officielle, au coin des rues...pour les c...(comme dans près de la cave) il faudrait regarder au sol, comme on le fait quand on veut éviter de se mettre les pieds dans, dans, dans, oui vous l'avez bien deviné.

  • André Poirier - Abonné 27 août 2014 08 h 22

    Penser avant de parler

    Bolduc s’est excusé d’avoir d’avoir dit ce qu’il ne pensait pas,
    ça manque de crédibilité.

    Il devrait lire « Nul pour les nuls »

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 août 2014 08 h 51

      D'aucuns diront qu'il ne dit jamais ce qu'il pense. D'autres, au contraire, que de ses mots dépasse toujours sa pensée... avant qu'elle ne se soit vraiment formée. Exemple: quand il dit dans la fameuse entrevue qu'en période de restrictions, il est normal que des gens (il parlait des libraires et des éditeurs) fassent moins d'argent. Dans ce cas, sa pensée est arrivée en retard, genre 215,000$ en retard. Il s'en est excusé, mais pas trop: sa pensée n'est pas encore toute rendue...

      Je ne suis pas de ceux qui s'amusent à faire des procès d'intention ou à tourner les gens en ridicule. D'autres y pourvoient. Mais j'avoue que je n'ai pas réussi à l'écouter débiter ses lignes comme un perroquet sous le tir nourri de Benoît Dutrizac, hier. Le milieu de l'éducation aura décidément besoin de quelqu'un d'autre. S'il ne mérite sans doute pas notre mépris, le milieu mérite mieux.

    • Guy Vanier - Inscrit 27 août 2014 20 h 33

      Le PLQ,commence à patiner de reculons et je peux vous assurer que ce n'est que le commencement!
      Les 3 docteurs vont devenir des spécialistes du patins à reculons. De vrais champions.....

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 août 2014 07 h 27

      Surtout s'ils ont regardé le PQ aller il y a deux ans!

  • Carroll Roy - Inscrit 27 août 2014 09 h 33

    Pas d'excuse...

    pour l'incompétence.

    Les gaffes du parti libéral du Québec se poursuivent...le cas thériault, les primes de bolduc, les livres de bolduc, moreau qui faiblit quant à son projet de loi, .... ça met en cause la crédibilité de son chef....

    On riait bien du PQ au début de son mandat... mais on va rire encore plus durant les 4 prochaines années.

    • Éléonore Golden - Inscrite 27 août 2014 10 h 08

      Typique de l'être humain (surtout les Québécois). Regardons le cas du PQ: On vote pour une chef qui, d'un coup de baguette magique, va tout régler les problèmes accumulés au cours des siècles. Quelques mois après l'avoir mise au pouvoir, on commence à déchanter. Puis on finit par la crucifier et l'oublier. Puis on élit un autre sauveteur, mais on commence à s'ennuyer de la précédente, qui après tout, n'était pas si mauvaise que ça. On a encore 3 ans et demi à endurer. Pauline doit bien rire de nous en ce moment, et elle aurait raison de le faire.