Pour contrer la corruption, la transparence

La FPJQ rappelle qu’au cours des dernières années les reporters enquêteurs ont débusqué et exposé la corruption et la collusion dans l’octroi des contrats publics à Montréal comme ailleurs.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir La FPJQ rappelle qu’au cours des dernières années les reporters enquêteurs ont débusqué et exposé la corruption et la collusion dans l’octroi des contrats publics à Montréal comme ailleurs.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) mise sur la libre circulation de l’information, la transparence et la protection des sonneurs d’alarme pour lutter sur la corruption et la collusion.

 

Dans un mémoire adressé à la commission Charbonneau, l’association plaide en faveur d’une réforme de l’accès à l’information, de l’adoption d’une loi pour protéger les lanceurs d’alerte, de la modification de la Loi sur les cités et villes pour accroître la transparence administrative et de la reddition des comptes dans les municipalités.

 

La fédération formule dix recommandations. La toute première concerne la modification de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics, réclamée « dans les plus brefs délais » afin de dépolitiser le traitement des demandes et de réduire les échappatoires. La Fédération souhaite l’ajout d’une clause dite d’intérêt public alors que les procédures actuelles évaluent les documents en fonction de leur potentiel dommage politique.

 

La loi québécoise date de 1982 et elle « accuse le poids de ses 32 ans », dit le texte. La FPJQ parle d’une « culture du secret bien ancrée dans la fonction publique », amplifiée depuis une décennie avec la centralisation des communications gouvernementales. Le Québec demeure le cancre de la classe canadienne en cette matière selon les évaluations comparatives récurrentes.

 

La deuxième proposition des journalistes vise la protection des lanceurs d’alertes, dénonciateurs de situations illégales ou anti-éthiques, au privé comme au public. Cette recommandation compense l’absence de demande du mémoire sur la protection des sources médiatiques.

 

Expertise

 

La FPJQ, fondée en 1969, est le principal regroupement de journalistes au Canada. Son mémoire d’une vingtaine de pages s’intitule Libérer l’information publique : un impératif pour lutter contre la corruption et la collusion. La prise de position a été préparée par Pierre Craig de Radio-Canada, actuel président de la Fédération et Brian Myles, collègue du Devoir, son prédécesseur, maintenant vice-président.

 

L’introduction du texte rappelle qu’au cours des dernières années les reporters enquêteurs ont débusqué et exposé la corruption et la collusion dans l’octroi des contrats publics à Montréal comme ailleurs. Cela dit, la FPJQ « décline toute compétence sur la quasi-totalité des questions à l’étude de la Commission ». Elle n’est pas spécialiste des mécanismes d’octroi des contrats ou de contrôle des travaux. Par contre, elle possède « une expertise indéniable » en matière journalistique et c’est de ce point de vue qu’elle s’adresse à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

 

La Commission dévoile ce mardi matin la liste des quelque 80 mémoires déposés par autant d’organismes et de citoyens. Tous ne seront pas présentés aux audiences cet automne, à la toute fin des travaux d’enquête.


 
2 commentaires
  • Jean Boucher - Inscrit 26 août 2014 08 h 16

    « culture du secret bien ancrée dans la fonction publique »

    Deux importants oublis: le politique et les propriétaires des médias

  • Leclerc Éric - Inscrit 27 août 2014 11 h 05

    C'est pour ça que

    La commission d'accès à l'information existe. Pour que la vraie vérite se sache, et encore là parfois il faut insister.