Jean Charest en a fini avec la politique

«Il n'y a personne qui me voit dans un retour à la vie publique, moi le premier... et surtout pas mon épouse.» — Jean Charest
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Il n'y a personne qui me voit dans un retour à la vie publique, moi le premier... et surtout pas mon épouse.» — Jean Charest

Elles l’envoient tantôt à Québec. Elles l’envoient tantôt à Ottawa. L’ancien premier ministre Jean Charest demande de ne pas croire une seconde aux rumeurs saugrenues lui prêtant de nouvelles visées politiques.

 

Près de deux ans après avoir été chassé par les urnes, Jean Charest dit ne pas rêver secrètement à un retour dans l’arène politique. « Il n’y a personne qui me voit dans un retour à la vie publique, moi le premier… et surtout pas mon épouse », lance-t-il sur un ton amusé dans un échange téléphonique avec Le Devoir. « Franchement, je ne m’ennuie pas du tout de la politique ! »

 

À l’écart du jeu politique, l’ancien chef de gouvernement dit néanmoins « suivre ce qui se passe » à l’Assemblée nationale du Québec. « Ça m’intéresse. » D’ailleurs, il donne une bonne note à l’équipe libérale, et ce, quatre mois après qu’elle s’est vu confier les rênes d’un gouvernement majoritaire. « Je suis très heureux. […] Ils font très bien cela », affirme-t-il.

 

Jamais dire jamais

 

Interrogé au début du mois sur ses ambitions politiques, l’avocat associé à McCarthy Tétrault avait pourtant refusé d’exclure de briguer les suffrages une nouvelle fois. « Il ne faut jamais dire jamais », avait-il laissé tomber sur les ondes de l’émission matinale du réseau CBC. Les réactions — favorables et défavorables — ne se sont pas fait attendre.

 

« Aidez-moi ! » s’exclame à l’autre bout du fil M. Charest. « C’est la réponse que j’ai donnée parce que je la trouvais la plus honnête », soutient-il en marge d’une entrevue téléphonique sur l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG). L’ex-chef du Parti progressiste-conservateur (1993-1998) et du Parti libéral du Québec (1998-2012) dit s’être « fait prendre dans un passage à vide médiatique » lorsque l’extrait d’entrevue de l’émission Daybreak a roulé en boucle sur les chaînes d’information continue. « Vous avez dû remarquer, ça n’a pas duré longtemps. Ç’a fait une petite nouvelle pendant douze heures. Les gens sont rapidement passés à autre chose », dit-il en riant.

 

Un retour souhaité

 

Mais la possibilité d’un retour en politique fédérale de Jean Charest, si mince soit-elle, avait notamment souri au président de la Commission-Jeunesse du PLQ, Nicolas Perrino. « Je pourrais juste me réjouir de le revoir en politique fédérale », avait-il déclaré à la veille du 32e congrès-jeunes du PLQ dans une entrevue avec Le Devoir. Le diplômé de l’Université d’Ottawa ne tarissait pas d’éloges sur l’ancien chef de gouvernement. « Moi, j’ai beaucoup, beaucoup aimé M. Charest. C’est un très grand leader. »

 

M. Charest répète être « extrêmement heureux » de travailler au bureau d’avocats McCarthy Tétrault où il peut notamment suivre pas à pas l’évolution de l’AECG entre le Canada et l’Union européenne, dont il est l’un des principaux instigateurs. « J’ai joué de chance parce que j’ai fait un bon choix. Je voyage beaucoup, beaucoup, beaucoup… peut-être même trop », précise-t-il, de retour d’un séjour en Asie du Sud-Est.


 
37 commentaires
  • Jean-François - Abonné 25 août 2014 02 h 47

    Fiou!!!!!

    Sans autre commentaire...

    • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 25 août 2014 09 h 36

      pkp avait annoncé que "jamais au grand jamais" il serait en poitique 2 semaines avant de devenir candidat... mouahaha

    • Danielle - Inscrit 25 août 2014 10 h 52

      Fiou, on l'a échappé belle, déjà qu'on a trop perdu!

  • Pierre Labelle - Inscrit 25 août 2014 04 h 33

    Coup de sonde....

    Sa réponse du début du mois: "faut jamais dire jamais", ressemble drôlement à un coup de sonde, c'est du pur James Jean Charest. Il a gouverné le Québec avec ces coups de sonde alors.... Chasser le naturel et il reviendra au galop. Et toi "Michou" continue à le convaincre des bienfaits d'un non retour en politique, bienfaits qui sont profitables non seulement à lui-même mais surtout à nous.

  • gilles lalancette - Inscrit 25 août 2014 05 h 38

    SVP

    SVP M .Charest, n'allez pas nous faire le coup d'un retour.
    Écoutez votre épouse Michou ella entierement raison.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 25 août 2014 06 h 07

    Chacun son opinion...

    « Moi, j’ai beaucoup, beaucoup aimé M. Charest. C’est un très grand leader. »

    Bien moi, je ne l'ai pas aimé et je souhaite profondément qu'il ne revienne pas en politique. Après tout le mal qu'il a fait au Québec, il ferait mieux de rester chez lui, s'il a encore un peu de gros bon sens...Son passage en politique n'a été que provocations et chaos...Citez-moi une seule bonne réalisation du Gouvernement Charest...Son règne a été celui de tous les scandales: celui de la caisse de dépôt, celui de la corruption et de la collusion, celui des nominations partisanes des Juges, celui de son influence indue sur la SQ lors d'une certaine poursuite, et j'en passe...À part de se remplir les poches, qu'est-ce que les gens de son gouvernement ont fait pour faire avancer le Québec ? RIEN...

    • Claude Lachance - Inscrite 25 août 2014 08 h 23

      Il a mené le Québec au bord du précipice, et avec le gouvernement actuel ce sera un pas en avant

    • Emmanuel Rousseau - Inscrit 25 août 2014 08 h 33

      Je n'ai pas aimé ce gouvernement, mais tout gouvernements font quelques bon coups... pour en citer deux, le gourvernement Charest à quand même mis en place la bourse du carbone en copération avec le WCI et créé la loi sur le développement durable du Québec... maintenant, était-ce en harmonie avec le reste de ses actions ? Ça, ça reste à voir!

      Bonne journée!

    • Donald Tremblay - Inscrit 25 août 2014 12 h 35

      J'aurais aimé qu'il réalise sa réingénierie de l'état...

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 25 août 2014 12 h 58

      M. Simard, lorsque M. Charest a pris le pouvoir la dette du Québec était de 3 md$, lorsqu'il a quitté elle était de 12 md$.
      Une famille qui en 9 ans quadruple sa dette, est vouée a la faillite.
      S'il est resté au pouvoir si longtemps c'est qu'il était habité d'une corruption systémique vicérale comme l'a démontré la commission Charbonneau.

  • Guy Lafond - Inscrit 25 août 2014 07 h 02

    Voyager davantage à vélo?


    Ou en train?

    Cela améliorerait sûrement l'image de Monsieur Charest.

    Il faut aussi garder la forme! N'est-ce pas?

    • Gilles Théberge - Abonné 25 août 2014 09 h 47

      Je ne serais pas surpris qu'une bone partie de nos impôts contribuent directement ou indirectement à soutenir la vie d'hôtel de luxe que mène Charest à travers le monde. Au prétexte de «vraies affaires»...

      Moi non plus je ne m'ennuie pas du gars qui a fait grandir de façon épouvantable la dette du Québec pendant son trop long règne.