Le PQ et le PLQ s’opposeront au projet de la CAQ

Le projet de loi de la Coalition avenir Québec visant à instaurer un financement à parts égales des régimes de retraite des élus de l’Assemblée nationale se butera à l’opposition du Parti libéral et du Parti québécois.

 

Les élus libéraux accepteront d’accroître leurs cotisations à leur régime de retraite de 21 % à 40 % voire 50 %, mais à une condition : revoir l’ensemble de leurs conditions de travail. « On ne peut pas prendre un bout du problème sans traiter l’autre. […] Tout ça doit être considéré comme un tout : le fonds de pension et le salaire », a fait valoir le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, mercredi, en marge des travaux de la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 3.

 

Les députés versent des cotisations annuelles représentant 21 % du coût total de leur régime de retraite. Ils bénéficient de la « Cadillac » ou, mieux, de la « Ferrari » des régimes de retraite, avait lancé l’ex-secrétaire général de l’Assemblée nationale François Côté.

 

Le PLQ n’a « aucun problème » avec l’idée de « ramener la participation [des 125 élus à leur régime de retraite] à quelque chose qui se rapproche beaucoup de 50-50 », mais il faut « revoir » leur rémunération globale, a répété M. Moreau, faisant écho à quelques-uns de ses collègues.

 

Le président de la Coalition syndicale pour la libre négociation, Marc Ranger, s’étonne de voir les députés du PLQ fixer des conditions préalables à toute hausse de cotisation. « M. Couillard avait déjà la solution : “On augmente la rémunération des députés de 88 000 à 136 000 dollars. Là, on va être prêts à mettre 50-50.” Parfait, nous autres aussi ! Donnez-nous 15 % d’augmentation par année durant trois ans, on va le faire !  »

 

Plus tôt, le député caquiste Mario Laframboise avait appelé ses confrères et consoeurs à régler « le plus vite possible » la question du financement de leur régime de retraite, en acceptant sans rechigner d’y verser un dollar pour chaque dollar débourser par l’État.

 

L’adoption du projet de loi de la CAQ, toujours en rédaction, contribuerait à dissiper toutes apparences d’injustice à l’égard des employés municipaux, a-t-il plaidé. « Les 125 députés doivent donner l’exemple. On ne peut pas demander aux employés municipaux de contribuer à hauteur de 50 % […] alors qu’on contribue à hauteur de 20 % », a dit l’ex-maire de Notre-Dame-de-la-Paix.

 

La proposition de la CAQ « peut envoyer un bon message » à un moment où le gouvernement est à couteaux tirés avec les syndicats, a convenu la ministre Christine Saint-Pierre. « C’est de bonne guerre, c’est de retourner la question sur nos épaules à nous. Mais, ce n’est pas ça qui est discuté devant la commission parlementaire », a-t-elle précisé à l’entrée du conseil des ministres.

 

Le Bureau de l’Assemblée nationale (BAN) aurait déjà donné suite au rapport du comité consultatif indépendant présidé par l’ex-juge à la Cour suprême Claire L’Heureux-Dubé s’il n’en tenait qu’aux élus libéraux et péquistes, ont soutenu tour à tour le PLQ et le PQ au Devoir.

 

Recommandations

 

Le comité L’Heureux-Dubé, duquel faisait partie M. Côté, avait fait connaître en novembre 2013 une trentaine de recommandations afin d’assurer une rémunération « juste » et « équitable » aux députés. Il suggérait notamment de tirer vers le haut le salaire annuel de base des élus de 88 000 $ à 136 000 $, mais d’amaigrir leur régime de retraite.

 

Par ailleurs, le ministre Moreau a accueilli avec réserve la décision « de principe » des élus de Montréal et de Québec de financer à 50 % leur régime de retraite. « Ils font preuve de cohérence », a-t-il affirmé. Cela dit, les élus pâtissent d’une rémunération « bien inférieure » à celles d’autres employés du secteur public.

12 commentaires
  • simon villeneuve - Inscrit 21 août 2014 00 h 21

    Evident que les vieux partis refusent!

    Et les liberaux qui parlent de justice sociale...

    Un jour les gens vont comprendre que pour la majorite des elus, il y a 2 classes sociales au Quebec.
    Ceux qui decident et ceux qui s'agenouillent comme des moutons, meme devant l'inacceptable.

    Ont les appellent les pequistes et les liberaux (autant les chefs que les electeurs).

    Rien a rajouter.

    • Chantale Desjardins - Abonnée 21 août 2014 08 h 05

      Rien à ajouter...
      Commentaire simpliste

    • simon villeneuve - Inscrit 21 août 2014 12 h 03

      Oui bien sur.
      Je ne fais qu'utilier les memes genres d'arguments que M.Coderrre, Labeaume et le parti liberal utilise pour justifier cette loi 3...

      Vous avez le droit Mme Desjardins d'accepter que nos dirigeants soit a l'abri, comme des monarques du passe, des difficultes et regles qui dictent les vies des Quebecois.

  • Guy Desjardins - Inscrit 21 août 2014 07 h 25

    Pourtant !

    Le GBS est le premier critère pour donner l'exemple. Encore une fois, le PLQ dis "faites ce que je dit et...plus tard on verra". Un père de famille dit'il a son enfant ne joue pas avec le feu quand lui-même est un pyromane? Le PLQ va falloir qu'il se réserve une petite gène à cette confrontation avec les syndicats et aller de l'avant avec la proposition de la CAQ. Le Gros bon sens l'exige. Tant qu'au PQ, il semble que le GBS est inexistant et suit la pensée du non sens c'est dans leur gène. Le PLQ manque la bouée de sauvetage que la CAQ leur lance. En touchant les fonds de pension, le Gouvernement est dans une situation délicate, alors il doit prendre tous les bonnes idées pour ne pas que cela dégénère en ce que l'on a vu à l'hôtel de ville de Montréal. J'en conviens que les fonds de pension des syndiqués doivent être revu, la population l'exige car la capacité de payer est à son maximum pour les citoyens. Les Élus(es) doivent donner l'exemple sinon, c'est très mauvais pour le futur.

  • Nicole Moreau - Inscrite 21 août 2014 07 h 35

    Un seul mot: pourquoi?

    quelle est la bonne raison pour justifier cela?

  • François Séguin - Abonné 21 août 2014 08 h 03

    Faites ce que je dis, pas ce que je fais

    Plus culotté que ça, tu meurs.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 août 2014 08 h 37

    Monsieur Moreau a tellement raison!

    Une contribution positive au débat actuel: les salaires et les fonds de retraite ne peuvent être considérés séparément. Tu augmentes les cotisations des employés, tu augmentes leurs salaires.

    Va pour l'avenir. Ça se négocie. Give and take.

    Mais pour ce qui concerne le passé, le pari convenu entre les employeurs et leurs employés que la rémunération différée allait doter suffisamment les fonds de retraite n'a manifestement pas fonctionné. Comme pour les acheteurs de placements REÉR, une bonne part de cet argent s'est volatilisé. La faute à la crise, la faute aux municipalités qui se sont donné des congés de cotisation, la faute aux syndicats qui les ont acceptés?

    Quand on a des contrats signés, on a la loi de son bord. On peut crier au voleur. Mais ça ne ramène pas un sou dans les coffres. Pas plus là que dans les REÉR privés des retraités actuels forcés de garantir les conditions convenues. Ceux-ci, c'est la légitimité qu'ils ont de leur bord, selon le maire Labeaume (Colisée financé avec des fonds publics... on se souvient?), qui se porte vaillamment à leur défense.

    Mais monsieur Moreau montre la voie. Ce qui est en cause, ce n'est pas ce à quoi on a droit ou ce qu'on estime légitime, mais ce qui serait raisonnable compte tenu des contraintes financières objectives. Alors, monsieur Moreau, rangez donc votre loi matraque et faites taire les discours démagogiques et divisifs. Que les polices remettent leur beau linge, oui, mais qu'on leur donne une table où ils pourront s'asseoir sans être tenus en joue par des polices à cravate et leurs offres qu'on ne peut refuser.

    • Patrick Lépine - Inscrit 21 août 2014 09 h 43

      "Qu'on leur «donne» une table..." Voilà le problème, pourquoi «donner» à ceux-là, mais pas aux autres citoyens?

      Votre "Give and take", ça fait longtemps qu'il dure, et il permet de moins en moins de "take" avec le graissage qu'engendre la corruption fédérale, on le voit chez nos voisins du sud, ils imprimment l'argent, pour simplement donner l'illusion de "rembourser".

      C'est bien simple, à terme, ça veut dire que l'argent de monopoly aura plus de valeur que le leur.

      Vos retraites, elles seront payables en billets de monopoly peut-être? Attention, bientôt ça va atteindre le 2$ du billet de 1 dollar! Même l'Euro va être déclassé, parce qu'il est sur la même pente!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 21 août 2014 11 h 09

      Vous avez raison : il ne faut pas leur « donner » une table, il faut simplement la leur laisser. À cette table, les autres citoyens ont aussi leurs représentants. S'ils ont consenti des conditions de travail et des avantages sociaux excessifs, les autres citoyens avaient le recours de ne pas les réélire. Ce qu'ils n'ont pas jugé nécessaire, non plus qu'ils aient réclamé du gouvernement provincial les leviers qui eussent empêché que se creuse l'écart de rémunération entre les fonctions publiques municipales et provinciale.

      Quant à l'allusion à la « corruption fédérale », je ne vois pas du tout en quoi elle concerne la question qui nous occupe et qui est déjà bien assez complexe...