Québec n’entend pas reculer

Stéphane Bédard juge que le gouvernement jette de l’huile sur le feu au lieu de faire preuve d’ouverture et de négocier de bonne foi avec les syndicats pour trouver une porte de sortie de crise et « arrêter l’hémorragie ».
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Stéphane Bédard juge que le gouvernement jette de l’huile sur le feu au lieu de faire preuve d’ouverture et de négocier de bonne foi avec les syndicats pour trouver une porte de sortie de crise et « arrêter l’hémorragie ».

Loin de le faire plier, le saccage perpétré lundi soir à l’hôtel de ville de Montréal par des employés municipaux mécontents n’a fait que renforcer la détermination du premier ministre Philippe Couillard à aller de l’avant avec son projet de loi 3 sur la refonte des régimes de retraite des employés municipaux.

 

Signe de l’importance qu’il accorde à cette question, le premier ministre a tenu à rencontrer les médias mardi, affirmant qu’il ne pouvait « rester silencieux » devant la menace qui pesait sur un « enjeu fondamental de la vie en société, dans une société démocratique qui est basée sur la règle de droit ».

 

À maintes reprises, en point de presse, il a réaffirmé sa « détermination » farouche à faire adopter son projet de loi controversé, malgré les hauts cris des syndicats, des policiers, des pompiers et autres employés municipaux. « Notre détermination demeure entière, a-t-il dit. On va agir. »

 

Le premier ministre a fait cette mise au point à la veille de la commission parlementaire qui passera le projet de loi 3 au peigne fin au cours des prochains jours, dans un climat de grande tension.

 

M. Couillard a indiqué que la sécurité sera renforcée autour du parlement et à l’intérieur, afin d’éviter des débordements comme ceux qui sont survenus à Montréal lundi.

 

Mercredi, parmi les premiers intervenants invités à témoigner en commission parlementaire, on entendra le maire de Montréal, Denis Coderre, et celui de Québec, Régis Labeaume, tous deux ardents défenseurs du projet de loi 3. Par la suite, l’Union des municipalités, la FTQ et la CSN donneront un autre son de cloche.

 

Moreau charge

 

Plus tôt mardi matin, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, avait donné le ton en réaffirmant lui aussi la volonté du gouvernement de ne pas se laisser intimider par des gestes de violence et de vandalisme.

 

Aux centaines d’employés syndiqués de Montréal qui ont décidé d’envahir l’hôtel de ville et de vandaliser la salle du conseil devant des élus impuissants, le ministre Moreau a répliqué en disant qu’ils ne devaient pas croire « qu’on va changer les choses en cassant des vitres et en bousculant des gens ».

 

Les institutions démocratiques doivent être protégées contre les gestes de violence, a-t-il indiqué en point de presse, estimant que des actes criminels ont été commis lundi soir — voies de fait, intimidation, entrées par effraction — et devront être sanctionnés.

 

Sur le fond, il a dit que le moment était venu de « prendre le sujet à bras-le-corps ». Tous les principes ayant donné forme au projet de loi 3 seront donc maintenus : équité intergénérationnelle, création obligatoire d’un fonds de stabilisation, pérennité des régimes, règlement en parts égales des déficits passés et indexation des pensions rendue facultative.

 

La remise en question par Québec de l’indexation automatique des pensions est un des points qui attisent le plus la colère des syndiqués municipaux. Or Québec dit que le gouvernement ne reculera pas : l’indexation ne sera plus automatique, a réaffirmé M. Moreau.

 

Sur les modalités cependant, il a dit qu’il pouvait faire preuve de souplesse, car le gouvernement aborde ce dossier « avec une ouverture d’esprit », selon lui, contrairement à ce que prétendent les syndicats.

 

Or c’est précisément ce que reproche au gouvernement l’opposition péquiste dans ce dossier : le manque d’ouverture d’esprit.

 

« J’invite le premier ministre à retrouver ses esprits », a dit le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, en point de presse. Il juge que le gouvernement jette de l’huile sur le feu au lieu de faire preuve d’ouverture et de négocier de bonne foi avec les syndicats pour trouver une porte de sortie de crise et « arrêter l’hémorragie ».

Notre détermination demeure entière. On va agir.

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