Les policiers manifestent calmement chez Pierre Moreau

Environ 500 policiers et retraités ont manifesté bruyamment, mais dans la plus grande civilité, mardi, devant le bureau du ministre Pierre Moreau.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Environ 500 policiers et retraités ont manifesté bruyamment, mais dans la plus grande civilité, mardi, devant le bureau du ministre Pierre Moreau.

Environ 500 policiers et retraités ont manifesté bruyamment, mais dans la plus grande civilité, mardi midi, devant le bureau du ministre des Affaires municipales Pierre Moreau, à Châteauguay, en Montérégie.

 

Après les dérapages des cols bleus et des pompiers à l’hôtel de ville de Montréal la veille, la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ) avait visiblement donné le mot d’ordre à ses membres de se tenir tranquilles et de ne parler que de leurs revendications pour revoir le projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

 

Dans la foule, les policiers, qui étaient tous officiellement en congé, refusaient de répondre aux questions des journalistes sur ce qui s’était passé lundi soir à Montréal. Dans son discours, le président de la FPMQ, Denis Côté, a lui aussi évité d’y faire référence, se contentant de dénoncer le processus de négociation.

 

Questionné en conférence de presse sur les dérapages et le travail des policiers, M. Côté a toutefois été bien prudent dans ses déclarations. « On n’a pas à juger. On va présumer que le travail a été fait, on verra suivant l’enquête. Il y a eu du débordement, c’est clair, mais nous, on ne s’inscrit pas dans ce genre d’action », a-t-il dit.

 

À travers les bruits de sirènes et de trompettes, le président de la FPMQ a indiqué que ses membres étaient là pour se faire entendre jusqu’à Québec et qu’ils ne voulaient pas être associés aux événements survenus à l’hôtel de ville de Montréal. « Vous avez vu qu’on a manifesté encore une fois de façon pacifique. Toutes les fois qu’il y a une activité de la fédération, les membres sont disciplinés et pour nous c’est extrêmement important. »

 

Avec leurs pancartes sur lesquelles étaient inscrits les mots « Au voleur », les policiers ont donc appelé le gouvernement Couillard à mener des négociations sur les régimes de retraite avec plus de transparence. Alors que s’ouvre aujourd’hui la Commission parlementaire sur le projet de loi 3, M. Côté affirme que la confiance de ses membres est actuellement « extrêmement ébranlée ».

 

« Quand on entend le premier ministre venir dire qu’il n’y a pas de place, qu’il ne reculera pas, pour moi, ce n’est pas la plus grande forme de respect du processus parlementaire. » Il soutient que la FMPQ va suivre les travaux, qu’elle fera preuve de « bonne foi » et espère que le gouvernement en fera autant.

 

En regardant tout ce brouhaha, les commerçants situés près du bureau du ministre Moreau étaient par contre loin d’être convaincus des bonnes intentions des manifestants. L’un d’entre eux a confié au Devoir qu’il y avait, selon lui, une « incongruité » dans le discours des policiers, qui réclament le « respect » de leurs droits alors que leurs actions les pénalisent de même que leurs clients. Pendant un peu plus d’une heure, une portion de la route 132 a été bloquée.

5 commentaires
  • Jean Boucher - Inscrit 20 août 2014 09 h 29

    «Incongruité» !

    Ils sont payés pour quels résultats ! Ils sont combien ? Qu'est-ce qu'ils font durant l'année ?

    Ils ont besoin de commissions d'enquêtes gouvernementales pour les aider dans leurs enquêtes, concernant le Code de la sécurité routière ils s'en occupent surtout à Noël, Pâques et le 24 juin - sûrement pas hier parce qu'ils étaient presque tous à Châteauguay bloquant encore la 132 - quatre ou cinq contaventions par jour de préférence pour de jeunes conducteurs avec autos usagés, se promènent en voiture dans des rues de préférence paisibles, sans s'émouvoir du non respect des arrêts routiers, arrêtent quelques pushers mais il y a toujours autant de drogues dans les écoles primaires et secondaires... Solution: remplacez plusieurs par des caméras et radars : ce sera beaucoup plus efficace et efficient et on épargnera peut-être.

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 20 août 2014 10 h 28

    En congé?

    S'ils sont «officiellement en congé», pourquoi portent-ils leur arme à la ceinture?

    À moins que, vêtus comme des clowns, il ne s'agisse de pistolets à eau.

    Desrosiers
    Val David

  • André Michaud - Inscrit 20 août 2014 10 h 30

    Un permis ?

    Ces policiers avaient-ils un permis pour manifester ? Ont-ils plus de droits que les étudiants?

    • simon villeneuve - Inscrit 20 août 2014 13 h 28

      Vous allez tres loin M.Michaud, je trouve votre point de vue inquietant...

      Un permis pour manifester n'existe pas pour avoir la permission de manifester...

      Un permis est necessaire dans les grandes villes comme Montreal pour la securite en vertu de la securite routiere...

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestation

      "Dans la plupart des pays démocratiques, les lois (par exemple le premier amendement de la constitution américaine) permettent les manifestations et la liberté de se regrouper, qu'elles considèrent comme un droit et un contre-pouvoir."


      http://conventions.coe.int/Treaty/fr/Treaties/Html

      Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales

      "Article 11 – Liberté de réunion et d'association

      Toute personne a droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d'association, y compris le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

  • Paul D'Amour - Abonné 20 août 2014 22 h 27

    On s'assume...

    Plusieurs parmi ceux et celles qui revendiquent ont voté pour ce parti... Il faudrait alors qu'ils assument leurs choix. Il y a aussi ceux et celles qui sont outrés de voir les revendications syndicales, car ils veulent se sauver quelques dollars sur le dos des autres. Les uns comme les autres seront les premiers lors d'un prochain scrutin à voter pour leurs poches sans trop réfléchir et la plupart du temps sans idéal commun. Chez-nous il semble qu'il faille se prononcer contre quelque chose, puisqu'il apparait que nous ayons bien de la misère à se prononcer pour une idée. Je pense bien qu'il ne reste à tout ce beau monde que le besoin de "chialer", d'un côté comme de l'autre!

    Paul D'Amour, professeur honoraire UQO