La CSN déplore le saccage

La vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque
Photo: Source CSN La vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque

Tout en condamnant fermement le projet de loi 3, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’est dissociée des incidents survenus lundi soir à Montréal.

 

En conférence de presse mardi matin à Québec, la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, a indiqué que la Coalition pour la libre négociation, dont fait partie la CSN, n’est pas à l’origine du saccage. Mme Lévesque estime que ces gestes nuisent à la cause.

 

« C’est sûr que ce ne sont pas des événements heureux, c’est pour cela qu’on veut se concentrer aujourd’hui sur le message. Cela a un mauvais effet, c’est certain, parce que cela vient donner une image des employés municipaux qui ne correspond pas à la réalité des efforts consentis pour être capable de trouver des solutions », a-t-elle dit.

 

Le président de la Fédération des employés des services publics (FEESP), affiliée à la CSN, Denis Marcoux, a aussi estimé que cet événement était « inacceptable ». Mais il a ajouté que la colère est grande chez ses membres. « Je n’ai jamais vu un niveau de frustration aussi important parmi les troupes », a-t-il commenté.

 

La CSN entend contester la loi si elle est adoptée dans sa forme actuelle, parce qu’elle porterait atteinte notamment au droit d’association et au droit à la négociation. « Ce ne sont pas des menaces en l’air », a tenu à préciser Mme Lévesque.

 

La CSN juge que certaines mesures de ce projet pourraient représenter un recul pour les femmes. « L’inclusion d’un plafond sur la valeur des régimes de retraite équivaut à agir après coup, pour obtenir, par la force, une réduction de la rémunération des employés municipaux », affirme notamment Mme Lévesque.

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4 commentaires
  • Diane Gélinas - Abonnée 20 août 2014 01 h 57

    Déficits accumulés des régimes de retraite

    On ne répète pas assez que si certains régimes sont déficitaires, c'est parce que certaines municipalités ont pris des «congés de cotisations» durant des années, ce qui les dispensait d'augmenter les taxes foncières pour favoriser leur réélection.

    Nous sommes donc devant la situation absurde que les employés municipaux qui, eux, ont toujours payé LEUR part de cotisation à leur régime de retraite, se voient obligés de payer la moitié de la part non versée au régime par leur employeur, en violation de conventions collectives passées dûment signées.

    Plutôt que de laisser les gens négocier de bonne foi, les Libéraux reprennent la même tactique qu'avec les étudiants : il passent une loi inique et provocatrice qui impose une limite de temps aux parties pour s'entendre, sinon le couperet tombera.

    Dorénavant, ils n'ont qu'à se croiser les bras, tenir mordicus à leur décision et refuser tout compromis. On connaît la chanson : ils ont fait la même chose avec les étudiants : il demeurent campés sur leurs positions en espérant exaspérer les travailleurs et provoquer des actions déplorables comme celle de lundi soir.

    QUESTION : Qui sont ces fauteurs de troubles qui interviennent alors que la population semble appuyer les revendications des travailleurs (ou des étudiants en 2012)? À qui profite ces dérapages? J'aimerais bien connaître l'allégeance politique de ces casseurs.

    Les organisations syndicales et étudiantes ne sont pas stupides au point de gaspiller la sympathie de la population à leur égard. Qui sont ces «goons» derrière ces actes barbares? Qui est en dessous de ces actions syndicalement suicidaires?

    Le comportement libéral est trop semblable à celui dont le parti a fait montre en 2012 contre les étudiants. La population ne doit pas «gober» une deuxième mise en scène machiavélique «rouge». La manipulation du monde ordinaire a assez duré.
    En 2012, le PLQ nous a bernés... En 2014, il est temps de nous réveiller !

  • André Michaud - Inscrit 20 août 2014 10 h 28

    Syndicats solidaires des citoyens ??

    La solidarité est à sens unique pour les syndicats..

    Si ils étaient vraiment solidaire des citoyens, ils utiliseraient leurs millions pour contribuer au déficit de leurs membres..et ainsi soulager leurs concitoyens...

    Devant le corporatisme fermé des syndicats M.Couillard devra se tenir debout et faire comme René Lévesque en 1980 qui alors avait ramené à 50/50 les cotisations et baissé les salaires de 20%.

    Un premier ministre doit défendre les citoyens avant de défendre leurs employés, et prendre en considération la capacité de payer des citoyens, ce que les syndicats ne font systématiquement jamais , ne pensant qu'à leurs poches.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 20 août 2014 17 h 11

      eh quoi? Les employés ne sont pas des citoyens? Bien des patrons, parce qu'ils paient, pensent avoir payé le droit de mépriser. Non. Les employés des municipalités ont des devoirs civiques, comme tout le monde. Pas plus sous prétexte qu'ils sont payés avec nos taxes. Pas moins non plus. Un peu de hauteur...

  • Daniel Gagnon - Abonné 20 août 2014 21 h 00

    La leçon du Printemps érable à méditer

    La discipline des étudiant(e)s du Printemps érable a été exemplaire, et ils ont réussi à faire tomber le gouvernement corrompu de Jean Charest.

    Les policiers n'ont pas cru les manifestants qui leur ont dit: « Vous êtes les prochains sur la liste », on viendra fouiller dans vos poches pour le patronat comme on ne veut pas d'un peuple instruit qui refuserait de se faire exploiter.

    Si au lieu de matraquer à gauche et à droite, les policiers avaient compris qu'ils étaient les dindons de la farce...

    S'ils avaient retenu leurs forces par solidarité envers les étudiants...

    S'ils avaient vu d’où venaient l'esprit de confrontation et le goût de la provocation...

    S'ils avaient compris que l'entêtement et la semence du désordre venaient d'en haut...

    Policier, pompiers et employés municipaux ne seraient pas victimes aujourd'hui du « diviser pour régner » de ces mêmes Libéraux, toujours prêts à faire payer les travailleurs pour leurs erreurs..