Québec supprime une allocation pour les milieux défavorisés

Les sommes allouées permettaient notamment à des services de garde de recourir à des spécialistes — par exemple des orthophonistes — afin de porter main-forte à des enfants aux prises avec des difficultés de langage.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les sommes allouées permettaient notamment à des services de garde de recourir à des spécialistes — par exemple des orthophonistes — afin de porter main-forte à des enfants aux prises avec des difficultés de langage.

Le ministère de la Famille mettra fin cette année à l’allocation spéciale versée aux services de garde implantés dans les milieux défavorisés. La présidente de l’Association québécoise des CPE (AQCPE), Gina Gasparini, y voit une nouvelle attaque sur les « services directs aux enfants » de la part du gouvernement libéral.

 

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a donné son feu vert à l’abolition d’un programme instauré il y a huit ans afin de mieux outiller les responsables de services de garde à pied d’oeuvre dans des secteurs défavorisés, a rapporté Radio-Canada lundi. Le gouvernement du Québec épargnera quelque 3 millions de dollars.

 

Les sommes allouées permettaient notamment à des services de garde de recourir à des spécialistes — par exemple des orthophonistes — afin de porter main-forte à des enfants aux prises avec des difficultés de langage. « Ça va avoir un impact, c’était un service direct aux enfants », a affirmé Mme Gasparini sur les ondes de Radio-Canada, tout en rappelant les « compressions de 70 millions de dollars que [les services de garde ont] subies depuis un an ».

 

Mauvaise surprise

 

Cette « mauvaise surprise » s’abat sur « les familles les plus démunies du Québec », a déploré le député péquiste, Mathieu Traversy. Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille a dénoncé lundi l’improvisation caractérisant, selon lui, le resserrement des dépenses budgétaires au sein du gouvernement libéral. La ministre Francine Charbonneau a encore une fois fait fi de l’avis de la commission de révision permanente des programmes — dont une première série de recommandations est attendue dès octobre 2014 —, a-t-il fait soutenu.

 

« C’était une mesure temporaire. Comme les objectifs sont atteints, comme les bureaux de coordonnateurs ont 33 millions de dollars de surplus, il faut faire des choix », a expliqué l’attachée de presse de Mme Charbonneau, Lindsay Jacques-Dubé. « Au départ, ça devait se terminer en 2010. On a quand même allongé le programme jusqu’en 2014. »

4 commentaires
  • Charles Lebrun - Abonné 19 août 2014 11 h 34

    Durant ce temps

    Pour épargner 3 millions de dollars qui fait épargner de l'argent durant toute la scolarité de l'enfant et de l'adolescent... C'est un drôle de calcul car il ne faut se le cacher, un enfant bien "préparé" a beaucoup moins de chance d'être un futur décrocheur!

    Et durant ce temps, on dépensera 600000$ (c'est 20% de la somme écononmisée ici) pour tenir des partielles à Lévis afin de remplacer Christian Dubé qui vient tout juste d'être élu mais qui a décidé d'aller travailler à la Caisse de dépot! Mais, ici, c'est une dépense "acceptable"... Ce que je retiens, toutes "dépenses économiques" est justifiables, toutes "dépenses sociales" (comme la subvention aux CPE en milieux défavorisés) ne l'est pas!

  • Diane Viel - Abonnée 19 août 2014 13 h 32

    Approche comptable

    Le rôle d'un gouvernement est de répondre aux besoins de la population en définissant des orientations porteuses d'avenir et en finançant des programmes prioritaires qui concourront à son bien-être.
    Le Québec peine à assurer sa survie démographique; il est donc extrêmement important que la nouvelle génération bénéficie du meilleur départ dans la vie. Pour ce, il faut appuyer les familles et plus spécifiquement permettre aux enfants de s'intégrer très tôt dans la société et bénéficier de services leur assurant le développement harmonieux de la personne dans toutes ses composantes.
    En utilisant une approche comptable pour diminuer le développement des CPE en particulier dans les milieux défavorisés, c'est oublier le rôle d'un gouvernement et c'est une action à courte vue qui déshonore les hommes et les femmes politiques que nous avons élus pour gouverner.
    Michel Pelletier
    Québec

  • Donald Bordeleau - Abonné 19 août 2014 23 h 03

    Des coûts en hausse pour l'avenir de ces enfants.

    Bien dit Madame Viel

  • Ginette Joannette - Inscrite 21 août 2014 11 h 49

    Futur décrocheur, futur assisté social

    Par cette mesure, Couillard prépare aux enfants en difficulté un bien sombre avenir. C'est au début qu'il faut intervenir et faute d'intervention précoce combien de ces enfants laissés à eux même décrocheront de l'école et iront grossir les rangs des prestatères de l'assistance emploi et du bien être social. Économie de bout de chandelle! Ces trois millions d'économie aujourd'hui nous coûteront combien dans les prochaines décenies? Beaucoup plus que les sommes économisées je vous parie!