Les architectes réclament une enquête élargie

L’Ordre des architectes du Québec (OAQ) juge limitée la demande des propriétaires de la Résidence du Havre pour obtenir la tenue d’une enquête publique. À leurs yeux, leur requête ne s’attarde pas assez au bâtiment.

 

« Il ne faudrait pas que l’essentiel des discussions et du temps des commissaires soit consacré à analyser la réponse du Service de sécurité et d’incendie de la municipalité et sa responsabilité », écrit l’Ordre dans une lettre ouverte adressée lundi au premier ministre Philippe Couillard.

 

Pour sa présidente, Nathalie Dion, cela « occulterait les causes qui se trouvent en amont de l’événement ».

 

L’Ordre des architectes rappelle qu’un de ses membres, Camil Fontaine, avait été sanctionné en 2007 dans le dossier de la Résidence du Havre. On lui reprochait d’avoir apposé son sceau sur des plans de construction qu’il n’avait pas lui-même conçus, ce qu’on appelle un « sceau de complaisance ».

 

Les plans ne concernaient pas l’ancienne partie du bâtiment où le feu a pris naissance. Mais aux yeux de l’OAQ, les façons de faire ne doivent pas moins être examinées.

 

Dès lors, l’Ordre demande à la commission d’enquête de se pencher sur le « suivi » des bâtiments qui ont été réalisés sous « le sceau de complaisance », voire d’évaluer si les « technologues, propriétaires et entrepreneurs concernés » ne devraient pas être sanctionnés eux aussi.

 

À l’heure actuelle, l’Ordre se contente de diffuser de l’information lorsque l’un de ses membres est sanctionné. Or puisque les sanctions surviennent souvent après la construction, la présidente se demande si cela est suffisant.

 

Mme Dion souligne que les procédures ont été revues à la suite d’autres drames. Elle donne l’exemple de la mort d’une femme à la suite de l’effondrement, en 2009, d’une dalle de béton à Montréal. Après des recommandations du coroner, la réglementation sur les façades avait été modifiée.

 

La semaine dernière, les propriétaires de la Résidence du Havre, Roch Bernier et Irène Plante, ainsi que leur avocat, Guy Bertrand, avaient demandé au gouvernement de lancer une enquête publique sur les circonstances de l’incendie qui a causé la mort de 32 personnes âgées l’hiver dernier.

2 commentaires
  • Claude Bélanger - Abonné 19 août 2014 07 h 13

    Le Code de construction était-il respecté ?

    Un immeuble qui flambe en 20 minutes : respectait-il le Code de construction? Était-il entretenu dans la conformité des normes? Les architectes pourraient nous le dire.

  • Claude Bélanger - Abonné 19 août 2014 08 h 03

    D'autres questions...

    Vous dites qu'un architecte avait apposé un sceau de complaisance. Le propriétaire, qui a engagé l'architecte, était-il au courant de cette fraude? Avait-il soulevé des doutes sur la qualité des services professionnels reçus? ...et sur la qualité de l'édifice en regard du respect des normes?