Décès du felquiste François Schirm

Des membres du FLQ au pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines en 1975. François Schrim est à l'extrême droite.
Photo: Normand Pichette Des membres du FLQ au pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines en 1975. François Schrim est à l'extrême droite.

Le militant indépendantiste François Schirm est décédé à Laval à l’âge de 82 ans. Né en Hongrie, soldat de la France coloniale en Indochine et en Algérie, il avait épousé l’idéal indépendantiste du Québec des années 1960 après y avoir immigré. Surnommé « le général », cet ancien sergent des parachutistes de la Légion étrangère française fut l’âme d’une faction armée du Front de libération du Québec avant de croupir pendant de longues années derrière les barreaux.

 

En août 1964, Schirm et sa bande attaquent une armurerie de Montréal dans l’intention de faire provision de munition et d’armes. Leur voiture contient alors un véritable arsenal, montre la photo du Devoir de l’époque. L’attaque, première action d’importance du groupe, tourne court. La police intervient. Dans un échange de coups de feu, un policier tue un employé du commerce. Un des quatre jeunes révolutionnaires sous la direction de Schirm abat pour sa part le propriétaire de l’International Firearms, situé rue De Bleury. Schirm lui-même est blessé d’une balle à la cuisse. Dans les jours qui suivent, il y aura douze arrestations liées à cette attaque.

 

Les jeunes militants dirigés par Schirm ont suivi au préalable sous ses ordres une formation de commando dans la perspective de rejoindre une vaste lutte armée. Tout feu tout flamme, ils sont pressés d’agir. Les exemples du Cuba de Castro et de l’Algérie de Ben Bella, entre autres, bouillent dans leurs consciences.

 

Né à Budapest en 1932, Schirm s’établit en France comme réfugié à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. À 18 ans, il s’engage dans la Légion étrangère française. Parachutiste, rompu aux techniques de combat les plus dures, il se retrouve en Indochine à se battre contre les indépendantistes du Vietminh, puis en Algérie contre ceux du FLN. Mais ce sergent des parachutistes se dit dégoûté de la politique coloniale française lorsqu’en 1956 il quitte la Légion pour immigrer l’année suivante à Montréal. Au Québec, il vit d’expédients et gagne un peu d’argent grâce à de petits métiers, tout en éprouvant le sentiment d’être exploité. C’est fort de cette conviction qu’il s’intéresse à un nouveau groupe de pression politique, le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), fondé en septembre 1960 à l’initiative du traducteur André D’Allemagne et du chimiste Marcel Chaput.

 

Dans Le Devoir, en ce début de décennie, le rédacteur en chef André Laurendeau écrit qu’il ne voit pas comment la situation révolutionnaire algérienne pourrait être transposée au Québec. Il ne tardera pas à être détrompé.

 

En juin 1964, la faction militariste du Front de libération du Québec se donne le nom d’Armée révolutionnaire du Québec. Elle est fondée par trois anciens militaires : Pierre Tousignant du Royal 22e Régiment, Gilles Turcot des Black Watch et Schirm. D’autres anciens militaires se joignent au groupe, explique Louis Fournier dans son histoire du FLQ.

 

À la suite de son procès, François Schirm est condamné à mort, tout comme son compagnon Edmond Guénette. Sa peine, commuée en prison à vie, durera finalement près de quatorze ans. En 1974, Schirm avait refusé d’être déporté en Europe. Il répétera avoir été prêt à donner sa vie sans réserve pour « la libération du peuple du Québec ».

1 commentaire
  • Michel Richard - Inscrit 7 août 2014 08 h 46

    Donner sa vie

    Il s'est dit prêt à donner sa vie. Mais ce qu'il a fait, c'est prendre la vie d'un autre. Pas fort.