Drainville invite les militants des autres partis à investir le PQ

«On va devoir jouer d’audace. On va devoir se renouveler comme jamais. Il faut repartir à zéro.» —Bernard Drainville
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «On va devoir jouer d’audace. On va devoir se renouveler comme jamais. Il faut repartir à zéro.» —Bernard Drainville

Bernard Drainville lance un appel aux indépendantistes des autres partis mais aussi aux indécis, aux blasés et aux mous pour qu’ils se rallient au Parti québécois (PQ) afin de le transformer.

 

« Le Parti québécois est tout grand ouvert. Après la volée qu’on a mangée, on n’a pas le choix », a livré l’ancien ministre du gouvernement Marois dans une entrevue qu’il a accordée au Devoir. « De cette nouvelle conjoncture, de ce grand nouveau remue-méninges va émerger un nouveau Parti québécois. »

 

Dans une lettre publiée en page A 7, Bernard Drainville affirme que le PQ, « c’est un instrument et on peut en faire ce qu’on veut ».

 

Il invite les militants de Québec solidaire, d’Option nationale et de la Coalition avenir Québec à prendre leur carte de membre du PQ pour influer sur le renouvellement du PQ. « Tous les indépendantistes, les souverainistes, les indécis de la question nationale peuvent l’investir, le transformer, le renforcer. Les jeunes ne s’y retrouvent plus ? Qu’ils viennent le changer, c’est le temps ou jamais », avance Bernard Drainville qui souhaite que s’impliquent « tous les indépendantistes, blasés, pressés, déçus, lucides, solidaires, moins pressés, impatients, nationalistes, internationalistes ».

 

Coalition indépendantiste

 

Pour Bernard Drainville, le PQ doit former une grande coalition indépendantiste afin de contrer « le déclin » de l’option dans l’opinion publique. « Dans l’état actuel des choses, on ne peut pas se passer d’un seul indépendantiste », juge-t-il.

 

« La défaite a été dure », a-t-il rappelé, mais c’est une occasion unique pour le parti de repartir à neuf. « On va devoir jouer d’audace. On va devoir se renouveler comme jamais. Il faut repartir à zéro. »

 

Candidat putatif à la chefferie du PQ, Bernard Drainville n’a pas encore pris la décision de se lancer ou non dans la course à la succession de Pauline Marois. « Ça me tente, mais je me donne le temps d’y penser », a-t-il indiqué.

 

À ses yeux, le PQ doit renouveler son discours sur l’indépendance pour le rendre « positif et constructif ». Il doit changer « l’état d’esprit » qui anime les péquistes dans la promotion de l’option. « Il faut s’assumer comme indépendantistes », estime-t-il.

 

Bernard Drainville n’a que de bons mots pour Option nationale. « J’aime beaucoup ce qu’ils font », a-t-il dit. Les vidéos que la formation politique a diffusées lors de la dernière campagne électorale, « c’était vraiment magnifique, c’était très convaincant ».

 

Si le PQ embrasse sincèrement la cause indépendantiste, Bernard Drainville croit que plusieurs militants onistes y verront le « signal positif » qu’ils attendaient. « Je leur dis : venez au PQ, venez partager cette énergie-là, venez construire, renouveler avec nous le bagage des arguments pour l’indépendance. Votre enthousiasme, votre énergie sont contagieux. On a beaucoup à gagner », a-t-il lancé.

 

Convaincre les jeunes

 

Pour convaincre les jeunes, Bernard Drainville préconise, à l’instar de Léo Bureau-Blouin, de mettre l’accent sur les avantages de l’indépendance dans un contexte de mondialisation. « Une des meilleures façons de les convaincre de la pertinence de l’indépendance, c’est de leur montrer qu’avec un statut de pays, on serait capable de jouer un rôle sur plusieurs grandes questions qui les touchent tout particulièrement : la lutte contre les changements climatiques, la lutte pour une plus grande justice sociale ou la lutte contre les inégalités et la lutte pour la démocratie. »

 

En outre, Bernard Drainville souhaite que le PQ rallie les électeurs qui ne sont pas pleinement convaincus des avantages de l’indépendance. « Si vous avez des doutes sur l’indépendance, venez les exprimer, les convie-t-il. Vous allez entendre toute une panoplie d’arguments pour l’indépendance. Mais les questions que vous soulèverez et les doutes que vous exprimerez vont nous confronter, vont nous obliger à améliorer notre discours, notre argumentaire. » Surtout, il faut répondre clairement aux questions que la population se pose sur la péréquation et la dette de l’État au regard du projet indépendantiste, dit-il.

 

Le député de Marie-Victorin s’adresse aussi aux indépendantistes plus âgés qui, déçus, ont renoncé à l’option. « Ce n’est plus le temps de bouder, c’est le temps de rappliquer », les interpelle-t-il.

 

Bernard Drainville est convaincu que le PQ, qui demeure une grande institution démocratique, tiendra un grand débat d’idées au cours des prochains mois, des prochaines années. « Le PQ peut être l’instrument d’un immense débat d’idées au sein de la société québécoise », espère le possible candidat à la chefferie péquiste.

On va devoir jouer d’audace. On va devoir se renouveler comme jamais. Il faut repartir à zéro.

43 commentaires
  • Pierre Brassard - Inscrit 19 juin 2014 01 h 18

    Débats PQ

    « Le PQ peut être l’instrument d’un immense débat d’idées au sein de la société québécoise »,

    C'est bien beau les débats d'idées mais il faut avoir des finances publiques qui tienne un peuple. Les idées pour du vent ! Non merci !

    • Michel Richard - Inscrit 19 juin 2014 07 h 10

      et c'est bien beau des débats d'idées, mais sur la question de souverainneté, tout a été débatu ad nauseam.

  • Nestor Turcotte - Inscrit 19 juin 2014 05 h 28

    Quel discours !

    Ce cher Monsieur Drainville tiendrait-il le même discours si son parti avait été reporté au pouvoir? Non, assûrément ! Les rennes du pouvoir majoritaire dans les mains, le PQ aurait continué comme avant: se faire élire et réélire en cachant sa raison d'être.

    Monsieur Drainville demande aux indépendantistes qui boudent (expression fort méprisante envers quelqu'un qui a quitté le PQ parce que celui-ci avait renié ses militants) de se rallier au PQ. Et comment être certain que son parti ne fera pas au nouveau PQ (?) le même coup une autre fois, une fois bien installé dans les avantages du pouvoir?

    Monsieur Drainville, vous flattez Option nationale parce qu'il vous a volé les meilleurs militants indépendantistes. Je vous conseille donc de faire l'inverse de ce que vous proposez: puisque vous voulez repartir à neuf, pourquoi repartir avec une auto qui n'avance plus, qui n'a plus la crédibilité pour le faire?

    Au lieu de vous acharner à aller à la pêche pour tenter hameçonner les poissons qui nagent ailleurs, prenez votre courage à deux mains et aller les rejoindre. C'est la logique qui le demande. Le PQ n'existe plus dans mon esprit. Si vous voulez, non pas innover, - car l'indépendance restera toujours l'indépendance - allez plutôt rejoindre ceux qui ont le courage de se battre visière levée.

    Le PQ a fait battre Aussant dans sa circonscripton en présentant un péquiste contre lui, ce qui a permis à la CAQ de faire élire son candidat. Vous voudriez que les membres d'Option nationale applaudissent ce geste de votre parti moribond.Non, merci !

    • Anne Arseneau - Abonné 19 juin 2014 07 h 22

      M. Nestor,

      ''L'auto qui n'avance plus'', le ''parti moribond'' représente quand même l'opposition officielle..

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 19 juin 2014 09 h 11

      Ressasser le passé c'est bien beau mais ça ne mène nulle part, l'avenir commence aujourd'hui.

      Dire qu'Option nationale a volé au P. q. les meilleurs éléments est mensonger: si c'était le cas, il aurait facilement, dans les sondages en 2012, non seulement conserver le 2 % que le parti avait atteint, mais il l'aurait dépassé. Au contraire, O. n. a disparu, glissant irrémédiablement vers le bas. Le jeune électorat d'O. n., était partagé entre des jeunes qui ne s'étaient jamais intéressés à la politique avant, séduit par Aussant juste avant ou pendant le printemps étudiant, et d'autres d'un certain âge ou d'un âge certain.

      Autrement dit, peu de membres du P. q. Moi même d'un âge certain j'avais qutté le P.q lors de l'appui forcé exigé par Marois concernant l'entente Péladeau/Labaume, une motion du PLQ de Charest, MAJORITAIRE. Autrement ditau moment où Aussant claquait la porte du Parti qébécois avec trois autres autres députés.

      Votre vison de la politique est assez étrange : la politique n'a rien à voir avec un jardin d'enfants, il est normal que quand quelqu'un quitte un parti pour en fonder un autre le premier s'en offusque et fasse tout ce qui est légal pour lui faire une jambette. Mais Aussant n'a pas été le seul à être battu, ils l'ont tous été dans ce parti. D'autre part, si Aussant, comme je le lui avait suggéré par écrit et en personne, s'était abstenu du carré le rouge, la situationdu parti et donc la sienne auraient pu étre meilleures. Déjà les deux chefs qui n'en sont pas, de Q. s le portaient, et Marois le ferait aussi. Un chef n'a pas à prendre parti pour les uns ou les autres, mais à défendre l'intérêt public et partant de là il se serait distingué en faisant la promotion de la gratuité scolaire comme il savait si bien le faire. Mais il n'a fait qu'à sa tête, et l'électorat viellissant du P. q. s'est maintenu, celui d'O. n. aussi...

    • Nestor Turcotte - Inscrit 19 juin 2014 10 h 44

      A madame Arseneau,

      Le sondage de ce matin est indicateur. 19 % pour le PQ et ce n'est pas fini. Tantôt on cherchera un chef pour conduire le PQ. De toute évidence, même si le PQ forme l'opposition officielle, son temps est fait. Les indépendantistes doivent se regrouper sous une autre bannière.

  • Denis Marseille - Inscrit 19 juin 2014 05 h 51

    Non merci!

    M. Drainville,

    Avec votre charte des valeurs, vous avez joué à l'intransigeant qui ne voulait pas changé un iota et maintenant, vous voulez nous faire croire que notre opinion compte.

    J'ai voté oui en 1995. J'étais jeune. Aujourd'hui, je les connais les arguments en faveur de l'indépendance, ils n'ont pas changé. C'est le contexte qui a changé, c'est ma confiance décue envers les politiciens qui a changé. Ce sont les finances publiques qui ont changé et qui me prouve que souverainiste ou pas, vous ne savez pas gérer une province, encore moins un pays.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 19 juin 2014 09 h 21

      À Mon avis l'intransigeance venait de Marois et non de Drainville: il n'avait pas le choix. À partir de L'affaire péladeau/Labaume, Marois a dévoilé non pas son intrangissance, mais un petit côté dictatorial qui ne ferait que s'affirmer. D'ailleurs le fait que Drainville se soit débiné lorsqu'une université lui a demandé de venir défendre la charte en question, et aussi qu'au lendemain de la défaite pratiquement, il ait proposé à Couillard de faire des modifications à la charte, concernant le port du foulard islamique, seule partie contestée, le prouvent amplement.

      Pour ma part je n'ai jamais cru que Drainville avait pondu cette charte, il fut plutôt le nègre (comme on disait) de Marois.

  • Yves Côté - Abonné 19 juin 2014 06 h 11

    Je perd...

    "Je perd, donc venez tous perdre avec moi", voilà ce qui m'apparaît être le mot d'ordre actuel lancé par Monsieur Drainville.
    Le PQ ne changera plus jamais pour se mettre au diapason du peuple québécois. Sous apparences indépendantistes, selon moi, il est trop devenu le fond de commerce rentable de plusieurs de nous, pour qu'une transformation de fond soit possible chez lui.
    Pour les amateurs de philo, il faut lire ou relire Nietzsche sur la nécessité de tout reconstruire lorsque l'insuccès devient la norme de notre existence...
    Vive le Québec qui cherche la liberté pour son peuple !

  • Simon Chamberland - Inscrit 19 juin 2014 06 h 29

    Après sa charte ?

    Drainville a coupé les jeunes du PQ avec sa charte anti-différence.

    Les moins de 35 ans ont eu des enseignants portant la kippa, se sont fait soignés par des infirmières portant le voile et n'ont jamais subit de tentative de conversion. Ils ont des amis de plusieurs origines ethniques.

    Les moins de 35 ans rejettent le PQ depuis la charte à Drainville. Si on veut que le PQ redevienne une coalition, il faut que Drainville parte.