La confusion mène à une enquête interne

L’enquête administrative permettra d’avoir l’heure juste sur les mesures prises par les quatre entités ciblées pour prévenir une seconde évasion par hélicoptère depuis mars 2013, a souligné Lise Thériault
Photo: Simon Boddy / CC L’enquête administrative permettra d’avoir l’heure juste sur les mesures prises par les quatre entités ciblées pour prévenir une seconde évasion par hélicoptère depuis mars 2013, a souligné Lise Thériault

Le gouvernement libéral nage en pleine confusion depuis la surprenante évasion par hélicoptère de trois dangereux prisonniers du centre de détention de Québec samedi soir. Le premier ministre Philippe Couillard a commandé une « enquête administrative », admettant avoir lui aussi perdu son latin dans le flot d’informations contradictoires.

 

« On n’est pas capable d’avoir véritablement d’informations qui sont cohérentes en temps requis », a-t-il déploré à son retour à l’Assemblée nationale, mercredi avant-midi, après deux jours d’absence. « Le gouvernement n’est pas satisfait. »

 

Les enquêteurs devront démêler les « éléments d’information contradictoires » entre les services correctionnels, la Sûreté du Québec, le ministère de la Sécurité publique — le cabinet et le sous-ministre — et le ministère de la Justice ayant embrouillé la vue de la ministre Lise Thériault.

 

« Si l’information manque de coordination, est-ce que l’action elle-même de ces intervenants manque également de coordination ? » s’est interrogé M. Couillard à l’entrée du caucus libéral.

 

De son côté, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s’est dite incapable d’« exercer correctement [ses] fonctions » en l’absence d’« une bonne information […] dans les temps requis ». « Malheureusement, je ne peux pas donner l’information au public, parce que soit elle est incomplète, elle arrive en retard, elle est partielle, ou elle est contredite par une autre entité qui est sous ma responsabilité », a-t-elle lancé.

 

L’enquête administrative permettra aussi d’avoir l’heure juste sur les mesures prises par les quatre entités ciblées pour prévenir une seconde évasion par hélicoptère depuis mars 2013, a souligné Mme Thériault avant d’être malmenée par les partis d’opposition dans le Salon bleu. Le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, l’a accusée d’avoir entraîné le ministère de la Sécurité publique dans une « crise de confiance » en suscitant l’« insécurité » et la « confusion » à l’occasion de chacune de ses sorties médiatiques.

 

Interpol

 

L’arrestation d’Yves Denis, Denis Lefebvre et Serge Pomerleau, en cavale depuis plus de quatre jours, demeure au coeur des préoccupations du gouvernement du Québec, a insisté M. Couillard. « La priorité au-dessus de tout, c’est de capturer les individus avant qu’ils infligent des dommages ou des blessures à des citoyens, ou pire encore », a-t-il affirmé, alors qu’Interpol sonnait l’alerte. En effet, le centre de commandement et de coordination d’Interpol a transmis une « notice orange » à ses 190 pays membres afin d’aider la Sûreté du Québec à mettre le grappin sur les fugitifs accusés notamment de meurtre.

 

À Ottawa, le Bloc québécois a reproché au gouvernement fédéral de ne pas avoir réglementé l’espace aérien au-dessus des prisons québécoises comme le lui demandait il y a huit mois par l’ancien ministre québécois Stéphane Bergeron.

6 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 juin 2014 05 h 47

    Si, si et si ?

    « Si l’information manque de coordination, est-ce que l’action elle-même de ces intervenants manque également de coordination ? » (Philippe Couillard, PLQ)

    Bien que ce questionnement soit de nature à repérer et susciter quelques réponses et solutions « probables », il n’en demeure pas moins que ce qui s’est passé au Centre correctionnelle d’Orsainville a surpris et « paralysé » tout le monde qui, visiblement, n’a offert AUCUNE réaction ni action d’appoint appropriées efficaces !

    Incroyable « confusion », notamment pendant les faits ! ?

    Si, si et si ? - 12 juin 2014 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 juin 2014 08 h 12

      "Centre correctionnelle" : lire, plutôt : "Centre correctionnel" (nos excuses !)

  • Louka Paradis - Inscrit 12 juin 2014 07 h 14

    Bouc émissaire

    Il est évident que M. Couillard et Mme Thériault cherchent un bouc émissaire pour masquer confusion et incompétence ; il fallait entendre le criminologue M. Berheim hier soir au 24/60 pour mesurer l'ampleur de l'incurie à laquelle on assiste. Les crisettes ou l'indignation ne servent pas à grand-chose. Depuis le 7 avril que le PLQ cherche un prétexte pour remplacer le chef de la Sûreté du Québec (SQ), M. Mario Laprise : utilisera-t-il cette crise comme prétexte ? On peut se poser la question en l'entendant parler de «bris de confiance. Ce serait sûrement la dernière chose à faire, car elle ajouterait encore aux doutes et au cynisme qui grandissent à vue d'oeil chez la population.

  • André Michaud - Inscrit 12 juin 2014 08 h 50

    Qui ?

    Qui a abaisé les conditions de détention et par le fait même a rendu possible cette évasion ? Le juge Dionne ? Les autorités de la prison?

    Qui est imputable et sera mis à la porte rapidement pour grave incompétence?

  • Guy Desjardins - Inscrit 12 juin 2014 09 h 11

    C'est tellement évident...

    Qu'il y a eu un manquement grâve dans toute cette hystoire de la part des Avocats, du Juge et du système d'incarcération de Orsainville que cela va être une enquête interne très facile à résoudre. Mais... il y a toujours des mais et des si... car l'impunité au Québec, ça n'existe pas. M. Couillard dit que ça ne prendra pas 6 mois pour résoudre le problème, peut être plus car au Gouvernement, le, je ne sais pas et j'm'en rappelle pas est de mise de ces temps ci.

  • Louise Gagnon - Inscrite 12 juin 2014 09 h 23

    L'argent des 3 prisonniers doit devenir public et tout de suite.

    Ils sont en prison, mais ont-il toujours en main les revenus de la drogue? Il est dit que l'argent est le nerf de la guerre. Moi, qui paie leur pain, leur beurre, leur steak, le salaire de leurs gardiens, leur salle de gym, les frais de cour, etc, j'ai le droit de savoir combien d'argent ils ont en main et s'ils des avoirs dans les paradis fiscaux? S'ils sont toujours bourrés aux as, même en prison, leur pouvoir est grandiose. Ils ont des cellulaires et des ordinateurs qui fonctionnent, ils ont des comparses à l'extérieur, ils peuvent donc soudoyer ou menacer les gardiens, les juges et même ceux qui font les lois. Ils peuvent continuer à être des caïds, à nos frais.
    Pendant ce temps-là, on coupe des les programmes sociaux, on affame les mères monoparentales, on ne donne presque aucun support aux victimes de viols et de l'inceste, on les abandonne et on nourrit leurs bourreaux en prison eux qui on droit à des thérapies. Où est la justice? Où est la sagesse? En fait, devant de telles incohérences, qui prend des décisions aussi perverses? Les caïds peuvent bien rire de nous, ils nous gouvernent.