Le PQ, toujours « progressiste »

Pauline Marois n’accepte pas d’être montrée du doigt pour s’être distancée de l’héritage social-démocrate du Parti québécois. « Je crois que le jugement est injuste », affirme avec aplomb l’ancienne première ministre.

 

À aucun moment, les membres du gouvernement péquiste n’ont « renié » leur appartenance à un parti politique « progressiste ». « Notre gouvernement a mis de l’avant des politiques très audacieuses, très progressistes », insiste-t-elle. Militante, ministre, première ministre : les principes d’égalité des chances et de justice sociale ont « toujours été présents chez [elle] ».

 

D’ailleurs, elle voit non sans une certaine appréhension les assauts portés contre l’héritage politique de son gouvernement par l’équipe libérale. « Je regarde [le budget Leitao] : non ! Non ! », dit-elle dans une entrevue avec Le Devoir. Exit la politique économique « Priorité emploi ». Exit le projet d’assurance autonomie. Le programme d’aide à domicile pour les personnes âgées qu’a mis en branle le ministre de la Santé, Réjean Hébert, « est un des plus grands projets qu’on aurait pu se donner pour résoudre une grande partie des problèmes que vit notre réseau de la santé ». « Je peux vous dire cela. » Pauline Marois croise les doigts afin que les libéraux parachèvent le réseau des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies subventionnées de 250 000 places, dont elle est l’instigatrice. « Ils semblent avoir beaucoup de doutes », s’inquiète-t-elle.

 

« En un an et demi, on a fait plus que le gouvernement libéral en plus de neuf ans. J’en suis certaine ! [Cela dit], on peut dans l’opposition faire des choses intéressantes et on l’a fait [dans le passé] », affirme-t-elle, rappelant que le PQ avait réussi à forcer le gouvernement Charest à donner le coup d’envoi à une commission d’enquête sur l’industrie de la construction.

 

Elle rappelle au groupe des 30 élus péquistes à l’Assemblée nationale — une « équipe exceptionnelle » — qu’il doit jouer pleinement son rôle de « contrepoids » au gouvernement libéral. « Quelqu’un qui croit au service public a tout ce qu’il faut pour être capable de servir le Québec et être motivé », spécifie-t-elle, rappelant sa « longue marche » vers le pouvoir. « Je me suis dit : un jour, je devrais faire de la politique, c’est là que se prennent les décisions. C’est là qu’il faut être si on veut changer les choses. »

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