Privées de péréquation, les commissions scolaires pourront hausser les taxes

Le ministre Yves Bolduc indique qu’il s’attend à des hausses « raisonnables », mais n’en précise pas les limites.
Photo: Jacques Boissinot Le ministre Yves Bolduc indique qu’il s’attend à des hausses « raisonnables », mais n’en précise pas les limites.

Le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc, accepte que les commissions scolaires refilent aux contribuables la perte de revenus liée à l’abolition de la péréquation, une somme de 68 millions, ce qui, ajouté à l’effet des hausses des valeurs foncières, poussera les augmentations de la taxe scolaire bien au-delà de l’inflation dans plusieurs cas.

 

« Il y a comme un contrat moral [qui fait] qu’on doit s’entendre que les augmentations doivent être limitées et raisonnables », a indiqué Yves Bolduc dans un point de presse. Le ministre n’a pas précisé ce qu’il entendait par « raisonnables ».

 

« Il y a quelques commissions scolaires qui vont devoir faire un ajustement qui, d’après moi, va être mineur, pas comme l’année dernière avec des augmentations de 20 % à 30 %, a-t-il poursuivi. Après ça, elles vont avoir une base financière solide et elles vont être capables d’augmenter [la taxe] en fonction des valeurs foncières. »

 

Un trou de 68 millions

 

Yves Bolduc a rencontré mercredi la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, afin d’inciter les commissions scolaires à se montrer raisonnables. Le ministre a aussi plaidé pour que les compressions de 150 millions en éducation, annoncées dans le budget Leitao, n’affectent pas les services aux élèves, ce dont la présidente de la FCSQ doute fort, « même si les commissions scolaires font tous les efforts pour les protéger », a-t-elle mentionné.

 

Quant à la péréquation, le ministre a confirmé son abolition définitive. Parmi les 72 commissions scolaires, 26 devront compenser l’élimination de cette tranche de 68 millions de la péréquation. L’an dernier, c’est une somme de 200 millions qui avait été soustraite, ce qui avait entraîné dans plusieurs commissions scolaires des hausses de taxes variant entre 15 % et 30 %.

 

À la FCSQ, on a signalé que les augmentations seront inférieures à celles de l’an dernier dans les commissions scolaires touchées puisque la perte de revenus est moindre. En revanche, les hausses pourraient dépasser nettement l’inflation.

 

Services aux élèves

 

À l’Assemblée nationale, le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière d’éducation, Jean-François Roberge, a accusé le gouvernement Couillard de poursuivre « le fiasco du Parti québécois commencé l’an dernier » en pénalisant les contribuables « avec une nouvelle hausse de taxes de 8 % dans au moins 26 commissions scolaires ».

 

« Il faut d’abord préserver les services aux étudiants. C’est notre première priorité [sic] », a répliqué Yves Bolduc.

Hydro-Québec ne partagera plus

Une disposition du dernier budget Leitao permettra au gouvernement Couillard de mettre la main sur la totalité des gains d’efficience réalisés par Hydro-Québec. À l’heure actuelle, la moitié de ces économies, qui sont prises en compte dans le calcul du tarif d’électricité, revient aux consommateurs. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, ne voit pas dans ce changement une hausse de tarif déguisée. « Ça retourne d’une certaine façon aux contribuables, a-t-il expliqué. Les dividendes qui sont payés par Hydro-Québec sont des dividendes qui bénéficient aux Québécois. » Comme chaque année, Hydro-Québec est tenue de hausser son efficience ; en 2014-2015, cela doit se traduire par une économie de 50 millions, dont 25 millions devaient être rendu aux consommateurs.
42 commentaires
  • Jean-Marc Pineau - Inscrit 6 juin 2014 01 h 21

    Scandaleux !

    Je ne commenterai pas les conséquences du budget de ce « nouveau » gouvernement ; d'autres le feront mieux que moi.
    Ce que je trouve scandaleux, chez le ministre cancre de l'Éducation, c'est sa piètre façon de s'exprimer. À l'écouter, on croirait entendre un enfant de l'école primaire qui tente d'expliquer une situation en essayant de conserver une certaine logique ; mais comme il ne sait pas enchaîner ses phrases l'une à l'autre, il énonce des phrases séparées et il appartient à l'auditeur de reconstituer la cohérence de sa pensée. C'est compréhensible lorsqu'il s'agit d'un enfant, mais c'est absolument déplorable de la part d'un ministre de l'Éducation ! On se demande bien comment il a pu obtenir un diplôme.
    Ses propos sont pénibles à entendre, et insupportables à la lecture : on y décèle immédiatement une syntaxe déficiente, une pensée tortueuse, bref, un manque sérieux... d'éducation !

    • Jean-Marc Simard - Abonné 6 juin 2014 07 h 13

      Il parle comme quelqu'un sous l'effet de quelques substances, la bouche empâtée...

    • Josée Duplessis - Abonnée 6 juin 2014 08 h 01

      Vous venez seulement de vous en apercevoir?

    • Joël da Silva - Inscrit 6 juin 2014 08 h 10

      Il est vrai que c'est à l'eunuque que l'on confie le sérail...

    • Gilles Théberge - Abonné 6 juin 2014 08 h 21

      Monsieur Pineau emploie le bon qualificatif, c'est un cancre qui n'a aucune vision, aucune perspective, aucun autre projet que la bilinguisation en 6ième année. Rien, c'est vide et il ne passe pas l'examen.

    • Jean-Marc Pineau - Inscrit 6 juin 2014 08 h 26

      Monsieur Simard, vous avez tellement raison !
      À lire ou à entendre s'exprimer ce ministre, on se dit que si sa syntaxe reflète la richesse de sa pensée, la pauvreté de celle-ci doit la faire mourir d'inanition. Il ne doit pas faire bon circuler sous cette cervelle.
      Avec le ministre Sam Hammad, et quelques autres qu'il serait trop long d'énumérer, Yves Bolduc est en bonne compagnie.
      Quel contraste avec un Philippe Couillard qui aime s'écouter parler ! Toutefois, si ses paroles sont de la musique à ses propres oreilles, elles sont soporifiques pour ceux qui aiment la vraie musique.

    • Danielle Houle - Inscrite 6 juin 2014 08 h 58

      Imaginez-vous si c'était Sam Hamad qui avait été nommé ministre de l'éducation. À côté de lui, Bolduc a l'air d'un annonceur chevronné.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 6 juin 2014 09 h 06

      Le gouvernement Couillard nous a promis aucune augmentation d'impôts et de taxes.
      Dans son budget il augmente les taxes et l'augmentation des impôts il les transfert au palier municipale et scolaire.
      On a voté pour les libéraux en divisant nos votes entre le PQ, CAQ, QS et ON.
      Nous avons le gouvernement que l'on mérite.

    • Richard Coulombe - Inscrit 6 juin 2014 09 h 12

      Quand on n'aime pas le message on tire sur le messager.

    • Gilles Théberge - Abonné 6 juin 2014 09 h 45

      On ne peut apprécier un message vide par principe monsieur Coulombe. Et quand le message est vide on s'interroge et quand on le fait correctement, on peut conclure que le messager reflète le message qu'il porte.

      C'est le cas ici tout simplement. Le message est vide et le messager incompétent.

    • Jean-Marc Pineau - Inscrit 6 juin 2014 10 h 01

      Monsieur Coulombe : Si vous êtes fier de votre ministre, tant mieux pour vous, même si au fond de moi je pense plutôt : tant pis pour vous, si vous ne savez distinguer le bien du mal, la pauvreté ou la richesse d'expression.
      Si vous oubliez 15 secondes votre partisannerie, vous conviendrez que, quelque soit le message, quelque soit le dossier, quelque soit le ministère qu'il occupe, quelque soit le rôle qu'on lui fasse jouer auprès du « bon peuple », la pauvreté de l'expression du ministre Bolduc est déplorable !
      Et lorsqu'il est ministre de l'Éducation, c'est proprement scandaleux !

    • Jean-Marc Pineau - Inscrit 6 juin 2014 10 h 30

      @ Josée Duplessis - 6 juin 2014 08 h 01 : On a beau constater et dénoncer un fait durant de nombreuses années, on ne s'habitue pas tous à la médiocrité.

    • François Dandurand - Inscrit 6 juin 2014 12 h 48

      Pour ceux qui sont gênés par le présent ministre, je rappelerai un certain premier ministre habillé à l'Armée du Salut, fumant cigarette sur cigarette avec un air de chien battu. On avait bien besoin de lui pour nous représenter.

    • Jean-Marc Pineau - Inscrit 6 juin 2014 15 h 28

      M. Dandurand : Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais personne jusqu'à votre intervention ne s'était prononcé sur la tenue vestimentaire de qui que ce soit. Mais vous reconnaîtrez que le premier ministre auquel vous faites allusion aurait pu, surtout au début, soigner davantage sa tenue vestimentaire, mais il ne faisait honte à personne lorsqu'il ouvrait la bouche, sauf peut-être à son interlocuteur qui n'avait pas la même intelligence ni la même façon rigoureuse et claire de s'exprimer.
      Lors de sa première visite à Paris, invité à rencontrer le président d'alors, il n'avait surtout pas fait honte aux Québécois qu'il représentait.
      Puis il ne faut pas oublier que bien des présidents, de plusieurs pays, aiment les chiens, et que, comme un grand nombre de leurs citoyens, les plus sensibles au bien-être des animaux s'attachent très vite aux chiens battus.

    • Donald Bordeleau - Abonné 6 juin 2014 23 h 16

      Monsieur Pineau suave votre intervention.

      Vraiment difficile à suivre Monsieur Bolduc. Ses explications de la méthode Toyota en santé, personne encore n'a réussi à la comprendre.

      Aucun projet articulé et intelligent pour abolir les Commissions Scolaires, mais les électeurs anglophones sont le serre-freins du gouvernement.

      Imaginez des économies de 400 millions ou 1.6 millards après 4 ans.

      Je rêve de donner le pouvoir aux écoles et de réduire graduellement les subventions aux écoles privées.

      Les conseils d'établissements auraient les ressources pour prendre en charge le parcours des élèves avec l'aide des spécialistes.

      je rêve!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 7 juin 2014 07 h 29

      Est-ce qu'il y a quelqu'un ici qui s'imagine que les phrases coupées de ce gentilhomme sont de lui ???

      Il serait peut-être temps d'arrêter de les «écouter» pour plutôt les regarder agir. Et enfin les juger sur les résultats !

      PL

  • Guy Vanier - Inscrit 6 juin 2014 05 h 24

    Que nous sommes chanceux!

    Avec ce bon monsieur bolduc, pas de problème augmentons la taxe scolaire et tout le monde vas être heureux... Quel horreur ce gouvernement.

  • Jacques Morissette - Inscrit 6 juin 2014 07 h 09

    Pourquoi pas.

    En faisant cela, les libéraux vont contribuer à tuer lentement le capitalisme de l'intérieur. En théorie, c'est bien beau de vouloir tout augmenter, même si les salaires ne suivent pas. Les propriétaires sont obligés de payer les taxes, les impôts, etc. Mais ils ne sont pas obligés de s'abonner à Vidéotron, Bell, les cellulaires, etc. Le Ministre Y. Bolduc demande d'augmenter raisonnablement, mais n'est-ce pas à cela que nous assistons encore et toujours? Alors que les salaires de la classe moyenne stagnent, pour ainsi dire, comparativement au reste.

    Bonne journée! JM

  • Louis Palardy - Inscrit 6 juin 2014 07 h 16

    Charest jr?

    Ben oui,
    Les libéraux sont bien revenus au pouvoir,
    Wow, augmentez les taxes, c'est pas un problème, les contribuables ont des surplus budgétaires eux.
    On a eu Mme Marois avec des augmentations de taxes,
    Maintenant c'est m. Bolduc.
    Les revenus du gouvernement vont encore baisser. C'est normal, les coffres des contribuables sont vides....
    Gouverner c'est prévoir,
    Ça paraît que l'on n'a pas de vrai gouvernement depuis plus de 10 ans au Qc.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 6 juin 2014 07 h 33

    Éducation, loisir et sport dans la même sac

    Juste en faisant l'amalgame de ces trois domaines, on peut voir un manque flagrant de respect et et de sérieux à l'égard de l'éducation. Quelle honte ce gouvernement.

    Ces mesures d'austérité ne sont pas temporaires, contrairement à ce que la grande majorité veut bien croire.