Les assistés sociaux sous surveillance

Le gouvernement Couillard veut mieux contrôler les assistés sociaux pour s’assurer qu’ils ne reçoivent pas trop d’aide de l’État. On espère ainsi réduire au maximum les dépenses du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

 

Dans les documents du Conseil du trésor, on écrit que le ministère va « améliorer » le contrôle des assistés sociaux en « renforçant » la « détection et [le] traitement des dossiers non conformes ». Pour y arriver, on pourrait par exemple forcer certaines personnes à rencontrer un agent lors de la réception de leur chèque au lieu de le recevoir par la poste.

 

Les documents ne précisaient pas combien on espère ainsi économiser. À titre indicatif, on recensait 326 000 assistés sociaux en 2010-2011 au Québec. Mais selon Françoise David, de Québec solidaire, il y a peu d’économies à faire à cet endroit. Elle estime qu’environ 3 à 5 % des dossiers seraient non conformes et dans la majorité des cas, il ne s’agirait pas de fraudes mais d’erreurs. « Les formulaires sont compliqués, on envoie [les gens] sur le Web et ils ne sont pas tous capables. […] Ils font des erreurs et on les coupe. »

 

Logements sociaux

 

Malgré tout, Mme David concède qu’il n’y a pas de coupes en tant que telles dans l’aide aux démunis et que le budget est « moins brutal » que ce qu’on laissait croire. Même son de cloche du côté de François Saillant, du Front d’action populaire et de réaménagement urbain (FRAPRU). « Tout était sur la table et nous, on n’était même pas sûrs qu’ils allaient financer du logement social », disait-il.

 

Le gouvernement a en fait prévu l’ajout de 3000 logements sociaux, dont 500 seront réservés à des itinérants. Toutefois, c’est 250 de moins que ce qu’avait annoncé le Parti québécois.

 

Il a aussi décidé d’annuler la bonification de l’aide aux organismes communautaires qu’avait annoncée le Parti québécois (40 millions par an sur trois ans). Aux yeux de Mme David, c’est d’autant plus inquiétant que ces organismes sont ceux qui compensent les coupes faites par le gouvernement partout ailleurs.

 

Enfin, M. Saillant se désole des compressions annoncées à la Société d’habitation dans l’aide à l’amélioration de l’habitat (27,9 millions). « C’est des programmes d’adaptation de domicile pour les aînés. […] C’est une très mauvaise place où couper. »

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