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Hydro-Québec pourra financer des projets d’électrification des transports collectifs.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Hydro-Québec pourra financer des projets d’électrification des transports collectifs.

La relance économique du Québec passera par le Plan Nord, la promotion des ressources naturelles et la poursuite du virage annoncé par la Stratégie nationale de mobilité durable, indique le budget Leitao.

 

Dans son discours d’adieu, l’ex-première ministre Pauline Marois avait dit souhaiter que Philippe Couillard garde le cap sur son projet d’électrification des transports. Ce sera fait, du moins en partie : le gouvernement entend ainsi modifier la Loi sur Hydro-Québec et celle sur la Régie de l’énergie pour permettre à la société d’État de financer des projets d’électrification des transports collectifs.

 

« Ce soutien permettra d’assumer une grande partie des coûts des infrastructures électriques nécessaires », affirme Québec. Les sociétés de transport demeureront responsables des infrastructures. Aucune somme n’est rattachée à cet engagement, toutefois.

 

Mais les transports collectifs auront, eux, leur part du gâteau. Suivant les orientations de la Stratégie de mobilité durable, Québec prévoit un financement des réseaux routier, maritime, aérien et ferroviaire pour la période 2014-2024 de 22,4 milliards, contre 7,6 milliards pour le transport collectif (près de 1 milliard de plus que prévu). Québec vise à modifier le vieil équilibre du financement routier/collectif, qui a toujours été de 80 %/20 %, pour le ramener à 70 %/30 %.

 

Ressources

 

Dans son discours, Carlos Leitao a fait des ressources naturelles et de la relance du Plan Nord deux des cinq axes de son plan de relance de l’économie. Quelque 9,2 millions seront investis pour mettre en valeur les ressources naturelles.

 

En plus de confirmer le maintien de l’application du régime d’impôt minier adopté en mai 2013, le budget annonce notamment la création du fonds Capital Mines Hydrocarbures, qui aura pour mandat d’effectuer des investissements en participations dans les entreprises qui exploitent les substances minérales du domaine de l’État. Une enveloppe de 1 milliard est réservée à cet effet. La moitié de la somme sera pour des projets liés au Plan Nord.

 

Cette enveloppe s’ajoute à celle de 250 millions annoncée dans le budget 2012-2013 (Ressources Québec), pour un total de 1,25 milliard d’intervention dans le secteur. « Le gouvernement réaffirme sa volonté d’encourager l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables, de manière responsable, afin que cela puisse profiter à tous les Québécois », justifie-t-on.

 

« Le secteur minier a le potentiel pour contribuer fortement à la croissance économique », estime Québec. Le secteur pétrolier, lui, « semble prometteur ». Mais le gouvernement souhaite « agir avec prudence et transparence » et mener les évaluations environnementales stratégiques (EES) annoncées la semaine dernière.

 

Québec investira donc 4,5 millions cette année et 2 millions pour 2015-2016 afin de mener les deux EES prévus. Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement aura pour sa part 1 million pour mener ses travaux sur la filière du gaz de schiste.

 

Sur papier, le ministère du Développement durable subit une compression de 19,7 % de son budget par rapport à 2013-14. Mais dans les faits, la différence de 38 millions tient essentiellement aux sommes qui avaient été débloquées pour répondre à la tragédie de Lac-Mégantic.

Ce soutien permettra d’assumer une grande partie des coûts des infrastructures électriques nécessaires