La ministre Charbonneau accusée de saborder les 15 000 nouvelles places

L’engagement de compléter un réseau de 250 000 places en CPE et en garderies subventionnées de l’ancien gouvernement doit être pris avec des pincettes, a averti le vérificateur général intérimaire, Michel Samson, mardi.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir L’engagement de compléter un réseau de 250 000 places en CPE et en garderies subventionnées de l’ancien gouvernement doit être pris avec des pincettes, a averti le vérificateur général intérimaire, Michel Samson, mardi.

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, veut faire « mourir à petit feu » les promoteurs retenus pour créer 15 000 nouvelles places à contribution réduite en centres de la petite enfance (CPE) et en garderies subventionnées d’ici à 2016, a expliqué une source gouvernementale.

 

« À sa demande, les fonctionnaires feront traîner les choses en longueur. Les promoteurs derrière les projets perdront leurs opportunités — leur terrain, leur bâtiment — puisqu’ils ne pourront pas donner suite aux offres d’achat conditionnelles à l’autorisation du ministère... avant 2020 », a-t-elle expliqué au cours d’une entrevue avec Le Devoir. « [Les promoteurs] vont péter les plombs. Ils ont reçu une lettre de la ministre Léger. Elle leur disait : “ Je vous permets de développer un certain nombre de places ”. »

 

À la suite d’un vaste appel de propositions lancé en février 2013, l’ancienne ministre Nicole Léger a annoncé au fil des derniers mois les projets retenus dans chacune des régions québécoises pour créer 15 000 nouvelles places à 7, 8 ou 9 $. La création de ces nouvelles places (85 % en CPE, 15 % en garderies subventionnées) permettait de parachever le réseau de 250 000 places à contribution réduite d’ici la fin 2016, s’enorgueillissait-elle.

 

Sa successeure, Francine Charbonneau, s’est engagée à livrer les quelque 6300 nouvelles places en centres de la petite enfance (CPE) et en garderies subventionnées dans les cartons du ministère pour l’année 2014-2015. Ensuite, elle donnera son feu vert à de nouveaux projets, mais seulement si « la capacité de payer des Québécois » le permet, a indiqué l’attachée de presse de Francine Charbonneau, Lindsay Jacques-Dubé. Le programme de 15 000 nouvelles places n’est pas aboli, assure-t-elle au Devoir à la veille du dépôt du budget Leitao.

 

Promesses

 

L’engagement de compléter un réseau de 250 000 places en CPE et en garderies subventionnées de l’ancien gouvernement doit être pris avec des pincettes, a averti le vérificateur général intérimaire, Michel Samson, mardi. La promesse de créer 8404 nouvelles places en 2014-2015, inscrite dans le budget Marceau, n’est que du vent, selon lui.

 

Le ministère de la Famille réclamait 52 millions pour créer 9065 nouvelles places, mais le Secrétariat du Conseil du trésor a mis de côté à peine 19 millions (4425 places). « Le Secrétariat du Conseil du trésor a effectué cet ajustement parce qu’il considère, sur la base de l’expérience passée, que l’objectif gouvernemental de créer 9065 nouvelles places en services de garde en 2014-2015 ne sera pas réalisé même si cet objectif a été annoncé dans le budget », a noté le vérificateur général dans un rapport de 70 pages.

 

Le Parti québécois réfute ces conclusions. Le gouvernement Marois entendait atteindre l’objectif de créer quelque 25 334 places sur trois ans ; 8404 en 2014-2015, 8973 en 2015-2016 et 7957 en 2016-2017. Les revenus supplémentaires de 125 millions de dollars engrangés par la hausse des tarifs de garde (7 à 9 $) permettaient de développer le réseau de CPE et de garderies subventionnées tout en assurant la qualité des services qui y sont offerts, a indiqué l’attaché de presse de l’aile parlementaire du PQ, Bruno-Pierre Cyr.

 

L’ancien gouvernement a agi de façon « irresponsable » en ne budgétant « pas les nouvelles places annoncées », a déploré pour sa part Mme Jacques-Dubé.

10 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 4 juin 2014 06 h 54

    Cessez nous faire perdre des millions

    Notre capacité de payer est hypothéqué par la mauvaise gestion des libéraux qui nous ont fait perdre plusieurs millions de dollars. Voilà où est le vrai problème. Le gourvernement à perdu 22,5 million seulement pour le CSUM sans compter les surplus dans la construction le fameux PPP qui devait nous coûter moins cher. Cela prouve que les libéraux nous berne dans leur déclaration et tente de nous rendre responssable de leurs erreurs. Nous allons forcément payer pour.

  • Francois Cossette - Inscrit 4 juin 2014 07 h 01

    Transparent comme un .... plywood

    La transparence a la couillard, ca promets ... d'etre comme avant !!!!

  • Gilles Théberge - Abonné 4 juin 2014 07 h 54

    Elle va le faire

    Bien entendu qu'elle va le faire. Et savez-vous qui est responsable de ce désastre? Le PQ voyons donc, le PQ est responsable de tous les désastres financiers qui s'annoncent.

    C'est fou comme le PQ à réussi en 18 mois à détruire tout ce que monsieur Charest avait bâti en dix ans de pouvoir.

    Alors tenez vous-le pour dit. Ça va mal au Québec, et c'est la faute du PQ. Et le sacrifice que va faire la ministre en ne complétant pas le réseau de garderies, c'est la faute du PQ.

    Ancrez ça dans votre cerveau...

    • Ginette Joannette - Inscrite 4 juin 2014 09 h 13

      Plus partisants que ça, ça ne se fait plus ... Et les déficits sous Charest ... oublié ... et la malversation dont nous parle la commission Charbonneau ... oublié!

    • Pierrette L. Ste Marie - Inscrit 4 juin 2014 09 h 34

      Vous avez sûrement oublié quelques détails!!.....

    • Louka Paradis - Inscrit 4 juin 2014 12 h 10

      M. Théberge ironise, bien sûr... Et il a raison ! car le portrait des finances publiques, le rapport bidon du VG et les solutions radicales jusque dans les programmes de garderie, c'est tellement loufoque et cousu de fil blanc que l'incapacité à prendre la relève du gouvernement Couillard crève les yeux.

  • Damien Tremblay - Inscrit 4 juin 2014 09 h 37

    Parents et enfants dans un étau politique

    Pauvres parents; pauvres enfants; pris dans un étau politique : les Péquistes d’un côté, les Libéraux de l’autre. Pauvreté n’est pas vice, mais il y a un certain vice de procédure morale.

    « Policy as usual », tel est à n’en pas douter le leitmotiv fondamental des Libéraux. Il faut refaire ses devoirs pour s’assurer que le tout se fasse selon les règles de l’art Tomassien : à savoir que cela profite au maximum aux petits amis et au Parti.

    Stratégiquement, la praxis libérale va être impeccable : on va mettre les 15 000 places au frigo, car les finances de l’État ne permettent pas une telle largesse dans les circonstances. Nous [les Libéraux] avons tellement endetté le Québec qu’il faut montrer patte blanche devant l’œil perçant de l’électorat.

    Quand ce dernier aura tout oublié, on fera la distribution des prix [des places] aux plus offrants; même si « ça [va] sent[ir] mauvais », pour utiliser l’expression d’un ami d'alors du Parti Libéral et propriétaire d’une chaîne de 10 garderies privées : un donateur libéral, Me Ezio Carosielli, qui dénonçait il y a quelques années un marché de revente où un permis de garderie pouvait atteindre 500 000 $.

    M. Carosielli, qui se décrivait lui-même comme une « connaissance » du ministre de la Famille, Tony Tomassi, résidait dans le comté de ce dernier, La Fontaine, où se trouve cinq des dix garderies qu’il possède avec sa femme également membre du Barreau.

    Entre temps, pour le Parti au pouvoir, les enfants sont l’avenir, mais l’ordre d’importance donne avant tout préséance à l’avenir du Parti. Pauvres parents pauvres qui vont devoir composer avec l’agenda de ce parti qu’ils ont élu avec une confortable majorité. Ah! La Démocratie et ses effets boomrang.

  • Raymond Boily - Abonné 4 juin 2014 14 h 49

    Ils sont de retour!

    Le libéraux de l'ère Charest sont de nouveau au pouvoir et ils continuent leurs manoeuvres. On n'est pas sorti du bois. Fédéraliste rentable... Mon oeil !