De jeunes indépendantistes déterminés à faire mentir les sondages

La candidate péquiste défaite Martine Desjardins.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir La candidate péquiste défaite Martine Desjardins.

Les jeunes indépendantistes avalent de travers l’étiquette fédéraliste qu’on essaie d’accoler à l’ensemble de leur génération.

 

En conférence de presse à Montréal, mardi matin, ils ont réagi aux résultats d’un sondage CROP-La Presse dont les résultats témoignent d’un désintérêt massif face à l’option souverainiste auprès des jeunes âgés de 18 à 24 ans.

 

Entourée d’une vingtaine de jeunes indépendantistes, la candidate péquiste défaite Martine Desjardins a justifié cette sortie en affirmant qu’il n’y a rien de mieux que de dire à des jeunes qu’ils sont contre quelque chose pour les motiver à prouver le contraire.

 

Son collègue, l’ex-député Léo Bureau-Blouin, estime pour sa part que l’on doit «décomplexer» le discours souverainiste et cesser d’en parler uniquement dans une perspective référendaire — ce qui, d’après son analyse, a contribué à la débâcle électorale du Parti québécois (PQ) le 7 avril dernier.

 

À ses yeux, la souveraineté du Québec est tout aussi pertinente de nos jours qu’il y a quelques décennies.

 

Et d’ici le prochain scrutin, les jeunes indépendantistes disposeront d’environ quatre ans pour «imposer» le thème de la souveraineté et de la «liberté», a martelé l’ancien leader étudiant, qui s’est dit convaincu de pouvoir «faire mentir les pronostics» et les sondages.

 

Alexandre Leduc, qui s’est présenté sous la bannière de Québec solidaire lors des deux dernières campagnes électorales, a quant à lui suggéré qu’il faudrait envisager l’idée d’une coalition souverainiste afin de mousser l’option.

 

«Regardez-nous bien aller», a pour sa part résumé le président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, Maxime Laporte.

 

Selon le coup de sonde publié lundi dans La Presse, 69 % des 500 répondants âgés de 18 à 24 ans auraient voté Non à un référendum sur la souveraineté. La collecte de données a été faite en ligne entre le 9 et le 20 mai 2014.

 

Par Mélanie Marquis

20 commentaires
  • Sol Wandelmaier - Inscrite 3 juin 2014 14 h 19

    40 ans d'essais...

    S'il y avait une population à convaincre, elle serait déjà convaincue en 40 ans...conclusion: le bénéfice d'une séparation est très loin d'être évidente pour une large majorité...

    Ce n'est pas le temps qui a manqué aux séparatistes pour avancer leurs arguments....et ils ont échoué...Les sondages montrent des résultats bien moins bons qu'en 1980...

    Pour que les citoyens coopèrent à un projet, il faut que les deux tiers de la population soient sûres que c'est le chemin à prendre.. Le mieux que les souverainistes puissent espérer, c'est, qu'accidentellement, une courte majorité soit atteinte ponctuellement parcequ'on a bien joué stratégiquement..Mais il faut faire face aux lendemains..

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 3 juin 2014 16 h 33

      Si c'est si important que ça de s'acharner à dire que le séparatisme est mort, c'est sûrement parce qu'il n'est pas si mort qu'on le dit.

      L'enjeu le plus important, dans une guerre, c'est de faire croire que la guerre est finie, que le gagnant a gagné et que le perdant a perdu.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 3 juin 2014 17 h 00

      «S'il y avait une population à convaincre, elle serait déjà convaincue en 40 ans..» - Sol Wandelmaier.

      Vous faites abstraction de la très piètre performance des 45 années d'existence du PQ qui n'a jamais proposé de projet de société pour augmenter les appuis à l'indépendance, mais son éternelle coquille-vide et sa demande de chèque en blanc et de vote à l'aveuglette pour mener le projet. Sans compter sa passivité, son attentisme, ses multiples mises-en-veilleuse et son absence de consultation auprès des citoyens pour savoir quel espèce de Québec indépendant deviendrait suffisamment intéressant pour que les citoyens désirent sortir du Canada.

      Or, le PQ est bien trop à droite et trop conservateur pour être en mesure d'offrir aux citoyens une proposition de société moderne et nettement plus progressiste qui serait meilleure que la proposition canadienne.

      On ne quitte pas un pays pour le plaisir de le quitter, on le quitte pour améliorer son sort. Et rien ne démontre que le Québec du PQ serait tellement meilleur que le Canada.

    • Benoît Gagnon - Inscrit 3 juin 2014 19 h 48

      Je suis, pour ma part, entièrement convaincu que l'indépendance, cette mouvance, est primordial pour la survie de mes libertés en tant que Québécois. Le statu quo n'est pas une option, car cette option ne fait qu'étreindre les populations contre des murs qui deviennent de plus en plus solides, l'Histoire en est témoin. Mais il y a toujours un point de rupture, violent ou pas.

      Le Canada, cette fausse-fédération dont je suis l'esclave social, n'a jamais été mon "pays" que sur papier. Sur ce point, je ne m'avouerai jamais vaincu. Libre à vous d'en faire autrement.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 4 juin 2014 07 h 00

      @Messieurs Bouchard et Gagnon...Non! je ne prétends pas que l'idée de séparation soit morte..Mais ses chances de succés sont minces dans un court et moyen terme.

      En attendant, ces idées gardent le QC en ôtage d'une situation paralysante, vu de l'extérieur, du point de vue économique, d'une part et de développement social, d'autre part...

      Si on considère l'autonomie presque maximale dont bénéficie le QC au sein de la Fédération, vos attentes, espoirs, vis à vis d'un QC indépendant sont probablement démesurés; par contre, les risques et inconvénients sont bien réels...

      Je vais me répéter encore une fois mais je suis persuadée que le fait français est mieux protégé à l'intérieur de la Fédération que seul face aux E.U. (possiblement aggrandi par les restes de provinces canadiennes qui n'auront pas pû reconstituer une fédération)..

    • Serge Lemay - Inscrit 4 juin 2014 07 h 32

      Les 2/3 de l'électorat quand on sait que que les minorités votent jusqu'à 98 % contre l'indépendance ! Monsieur Poutine a intégré la Crimée avec un référendum qui se basait sur le 50 % plus un vote ! Il y aurait donc une loi spéciale pour que le peuple qu Québec ne puisse jamais obtenir son indépendance ?

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 4 juin 2014 17 h 07

      M. Lemay...Le résultat du référendum en Crimée, le 17 mars 2014:

      -83.1 % de participation

      -96.77% de OUI pour une séparation

      Voilà des résultats incontestables...et clairs!

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 3 juin 2014 16 h 44

    Jeunes visionnaires

    Plus que jamais, nous devons avoir confiance en cette jeunesse militante et les encourager à croire en leurs idéaux et à les faire valoir.

    Les Souverainistes sont peut-être les mieux placés pour mettre en oeuvre un projet de société républicain, à l'heure où l'on se sent de plus en plus aliéné par rapport aux décisions gouvernementales.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 juin 2014 21 h 31

    Péréquation

    Tout le monde a honte de la péréquation que nous recevons, mais ne payons-nous pas de 16 à 50 milliards au Fédéral? ( je ne sais pas: 16 ou 50??) Alors, pourquoi ce zéro péréquation visé par Legault et M. Blanchet de Couche Tard?? Ce ne serait pas bon puisque ce résultat serait ce que nous payons + ce que nous ne recevrions pas, soit environ 32 milliards.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 3 juin 2014 22 h 03

      J'ai lu aujourd'hui, le livre de F. Legault: Cap sur un Québec gagnant. À part des hydrocarbures, je suis d'accord, car le magnégas est une alternative ainsi que le monorail Transquébec.Je mettrais des panneaux solaires le long du rail.Ce projet saint-laurent peut se faire indépendamment de la souveraineté.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 3 juin 2014 22 h 44

      Faudrait avoir les bons nombres... la péréquation brute au Québec est de 7 à 9 milliards ces dernières années. Les transferts du fédéral au provincial sont entre 16 et 20 milliards, ce qui inclut la péréquation brute. Les dépenses officielles du fédéral au Québec sont de 53 à 61 milliards, ce qui inclut les transferts du fédéral au provincial. Les recettes fédérales au Québec sont de 40 à 45 milliards.

      La péréquation nette est la péréquation brute moins une petite tranche des recettes fédérales au Québec (environ 3 milliards), ce qui donne de 4 à 6 milliards.

      La péréquation, brute ou nette, n'indique PAS le niveau de dépendance du Québec vis-à-vis du Canada. L'écart recettes-dépenses non plus ! Ce dernier inclut une part du déficit fédéral de l'année, que le Québec aura à rembourser plus tard, plus les intérêts. Ça inclut aussi toutes les dépenses que le Québec couperait en cas d'indépendance (ou de plus grande autonomie), comme des économies de dédoublements. Ça inclut aussi des choses que le fédéral comptabilise comme étant dépensées au Québec tout en le dépensant ailleurs.

      Stéphane Gobeil a calculé la dépendance du Québec à l'argent fédéral des autres provinces (pour l'année 2009-2010, je crois). ça a donné -2 milliards... donc le contraire d'une dépendance. Parizeau, dans une conférence à l'UdeM en oct 2012, a dit que d'une année à l'autre, à long terme, ça oscille entre le positif et le négatif, mais que ça reste seulement quelques milliards, rien de dramatique : le Québec ne siphonne pas et n'est pas siphonné non plus.

      Par contre, ne plus recevoir de péréquation impliquerait probablement un débalancement qui augmenterait les désavantages du fédéralisme pour le Québec. C'est probablement pourquoi Legault a cet objectif.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 4 juin 2014 07 h 12

      M. Saint-Jarre..Les $44 milliards que le QC envoit au Fédéral sert à couvrir de multiples services qu'un QC indépendant devrait reproduire à plus grands frais...
      Ces 44 milliards ne servent pas à rendre 16.5 milliards en transferts et peréquation au QC..Il y a suffisamment de bons comptables et économistes au QC qui mettraient à jour une telle manoeuvre si cela était le cas...
      Le QC a ses délégations politiques et commerciales à l'étranger pour signer ses propres contrats.. Il a le contrôle sur ses ressources minières, forestières, pêcheries et energétiques pour assurer son développement économique. Il peut moduler son immigration selon besoins...

      Les problèmes structurels de l'économie du QC ne dépendent pas si le QC est à l'intérieur ou extérieur de la fédération canadienne...

  • Pierre Samuel - Inscrit 4 juin 2014 09 h 19

    Réalités et fantasmes...

    Bien d'accord avec les propos de Mme . Compte tenu du Québec de plus en plus "éclaté" dans lequel nous vivons, je suis également convaincu, comme la majorité des Québécois, qu'à moins de désintégration éventuelle du Canada sous l'impulsion d'autres provinces récalcitrantes, cette "homogénéité" qui, dans les faits, n'a jamais existé et qui représente un facteur essentiel dans l'édification d'un pays viable ne pourrait se baser sur un résultat, au mieux et de plus en plus utopique, d'un résultat aussi équivoque que dérisoire de 50% + 1 et des poussières...

    Si éventuellement nous sommes appelés à disparaître en Amérique, ce n'est certes pas grâce une "indépendance fictive", telle que fantasmée par un Parti Québécois incapable depuis un demi-siècle d'élaborer une stratégie convaincante de notion "d'indépendance" autre que de préserver, presque unilatéralement, paraît-il, à la fois le beurre et l'argent du beurre (monnaie commune, union économique, frontières aléatoires, etc.), comme le mentionnait jadis Yvon Deschamps dans sa célèbre boutade, on ne peut plus réaliste, "d'un Québec fort dans un Canada uni" !

    Que l'idée demeure "en latence", comme elle l'a toujours été, n'est que vérité de La Palice, mais François Legault a tout à fait raison d'affirmer que "le pays imaginaire nuit au pays réel" qui n'est pas du tout celui du Québec "tricoté serré", ce mythe, qui dans les faits n'a d'ailleurs jamais existé...

  • François Dandurand - Inscrit 4 juin 2014 09 h 59

    Utopie

    Ils ne sont pas les premiers à poursuivre des chimères et ne seront pas les derniers. Pour ce qui est de la grande majorité des Québécois inclusifs et ouverts sur le monde, leur modèle de société n'est plus celui d'un Québec du XIXe siècle tourné vers lui et xénophobe.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 4 juin 2014 13 h 49

      Si par "québécois inclusifs" vous parler de gens qui voient le vivre ensemble en communautés fermées dont tout divise, soit le modèle renforcé par la politique du multiculturalisme (entendre communautarisme), vous pouvez effectivement parler du XIXe siècle.

      Être ouvert sur le monde n'implique pas un oubli de soi et l'abandon de ses propres valeurs. En fait, plus que jamais, les sociétés doivent bien ériger les assises pour assurer leur cohésion et la paix.

      Le repli sur soi-même est ce qu'on appelle le communautarisme, source de division et d'où émane la xénophobie.