L’évaluation environnementale stratégique est un «travail pédagogique», dit le ministre Arcand

Sans s’engager à interdire l’activité pétrolière et gazière dans les basses terres, le ministre Pierre Arcand a avancé que le gouvernement ne délivrerait « probablement pas » pour le moment les certificats d’autorisation nécessaires. Ci-dessus, Talisman forait en 2010 à Saint-Édouard-de-Lotbinière.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Sans s’engager à interdire l’activité pétrolière et gazière dans les basses terres, le ministre Pierre Arcand a avancé que le gouvernement ne délivrerait « probablement pas » pour le moment les certificats d’autorisation nécessaires. Ci-dessus, Talisman forait en 2010 à Saint-Édouard-de-Lotbinière.

Le gouvernement libéral s’est une nouvelle fois défendu lundi de préparer le terrain au retour de foreuses à gaz de schiste avec son évaluation environnementale stratégique globale (EESG) sur la filière des hydrocarbures. L’EESG s’inscrit dans un « travail pédagogique » nécessaire, a répété le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, trois jours après avoir dévoilé le Plan d’action gouvernemental sur les hydrocarbures.

 

Selon M. Arcand, « plus la population va être informée, plus elle va être en mesure de nous suivre ». L’ancien ministre de l’Environnement s’est toutefois refusé à rejoindre le camp des « pour » ou des « contre » à l’exploitation de pétrole et de gaz de schiste au Québec.

 

« Bien sûr, on aimerait bien, comme tout le monde, si les choses peuvent se faire correctement, pouvoir développer nos ressources naturelles [et] enrichir les Québécois », a-t-il dit avant d’ajouter du tac au tac : « Mais pas à n’importe quel prix. »

 

L’équipe Couillard « avance, mais avance à un rythme qui est celui des citoyens » en matière de développement des ressources d’hydrocarbures, a fait valoir M. Arcand. « On n’a pas l’intention de brusquer les citoyens. »

 

« [L’EESG] va nous permettre de nous faire une tête sur l’ensemble de la filière des hydrocarbures, et c’est ce que veulent les Québécois », a également fait valoir le ministre de l’Environnement, David Heurtel.

 

Elle mettra en lumière les « nouvelles technologies » utilisées par les sociétés afin d’extirper le pétrole ou le gaz de schiste, a illustré par la suite son collègue à l’Énergie et aux Ressources naturelles.

 

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, reprochait lundi à l’équipe Couillard de faire fi à des années de recherche sur la filière du gaz de schiste. « [BAPE ou évaluation environnementale stratégique] les conclusions sont les mêmes, très claires : pas d’acceptabilité sociale et des grands risques environnementaux, comme la contamination des eaux », a fait valoir en chambre l’élu péquiste, dont la « [réapparition du] bon vieux gouvernement libéral qu’on a connu en 2010 » saisit de frayeur.

 

Le Parti québécois mène une politique de « peur », de « procès d’intention » et d’« accusations non fondées », a rétorqué M. Heurtel.

 

Acceptabilité sociale manquante

 

M. Arcand a déposé lundi le projet de loi 5 consistant notamment à prolonger la période au cours de laquelle le titulaire d’un permis de recherche de pétrole ou de gaz est exempté d’exécuter les travaux de recherche exigés habituellement en vertu de la législation. « Si ses dispositions prenaient fin tel que prévu le 13 juin 2014, l’une de ces conséquences serait d’obliger les détenteurs de permis à mener des travaux, y compris dans les basses terres du Saint-Laurent, ce qui n’est pas souhaitable puisque, comme vous le savez, l’acceptabilité sociale des activités dans le shale n’est pas encore établie », a expliqué Pierre Arcand, réitérant son souhait de faire l’ébauche d’un projet de loi sur les hydrocarbures d’ici à l’automne 2015.

 

Le ministre n’entend toutefois pas frapper les basses terres d’une interdiction d’activité pétrolière et gazière à l’instar de l’estuaire du Saint-Laurent ou du golfe du Saint-Laurent. Selon M. Arcand, le gouvernement du Québec ne délivrerait « probablement pas » de certificats d’autorisation nécessaire aux travaux devant l’absence d’« acceptabilité sociale » autour des projets d’exploration ou d’exploitation du gaz de schiste.

11 commentaires
  • Raymond Lutz - Inscrit 3 juin 2014 06 h 48

    Plus la population va être informée

    Plus elle saura que la totalité des réserves d'hydro-carbure DOIVENT rester dans le sol.

    Oil and Co veulent nous ramener à l'âge de pierre. Famine, guerres sans fin, etc...

    http://www.climatecodered.org/2014/05/the-real-bud

    • Luc Lavoie - Inscrit 3 juin 2014 14 h 11

      ....et comprendre que l'exercice pédagogique à laquelle Arcand fait référence, est ni plus ni moins, ce que Bouchard a essayé de faire...

      ...encore une fois, n'importe quoi.

  • Gérald Renaud - Inscrit 3 juin 2014 10 h 57

    Des ÉES tant qu'il n'y aura pas d'acceptabilité sociale!

    C'est ce qui semble ressortir des intentions gouvernementales rapportées ici. Messieurs Arcand et Heurtel ne veulent pas brusquer les citoyens, ils veulent tout simplement informer (éduquer) la population et espèrent ainsi qu’elle va être mieux disposée à les suivre dans leurs décisions.

    Dans cette quête d’information et d’éducation, je souhaite pour ma part que l’on n'oubliera pas de prendre la mesure des risques réels de cette exploitation des hydrocarbures sur les ressources naturelles vitales à la survie de nos populations (eau, air et sol). Que l’on n’omettra pas de prendre en compte ceux, les résidents au voisinage, qui subiront les effets négatifs de ces exploitations.

  • Patrice Giroux - Inscrit 3 juin 2014 11 h 25

    Pédagogie ?

    Le bras droit, très droit, des firmes de relations publiques affiliées au patronat de l'industrie et du commerce ne manqueront pas de nous « éduquer » l'opinion: les libéraux joueront leur rôle de représentant non du peuple, mais de pedler de chambre de commerce. Mais voyez vous, exploiter les hydrocarbures au Québec, avec le patrimoine hydroélectrique que nous nous sommes donné, c'est se tirer dans le pied environ huit fois: économiquement, environnementalement, socialement, politiquement, vis-à-vis des questions de santé, d'éducation à la consommation durable, de gestion de l'eau douce, de gestion des sols arables, de respect de la propriété et des zones de conservation.
    Vos propagandistes me font comprendre à quel point Diogène et sa lanterne éclairant en plein jour, pour démontrer l' obscuratisme de votre pensée, me manque cruellement.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 3 juin 2014 12 h 14

      Vous avez bien raison. Qui va donc nous éduquer?

  • Danielle - Inscrit 3 juin 2014 11 h 38

    On nous prend vraiment pour des cons!

  • René Bezeau - Abonné 3 juin 2014 14 h 12

    L'éducation orientée

    Du "Brain-washing" devrait il dire. Et il le feront temps et aussi longtemps que nécessaire avec l'aide de la grande sagesse du patrona, de l'industrie et à nos frais.

    • Victoria - Inscrite 4 juin 2014 10 h 01

      Très orientée… et biaisée... un exemple parmi tant d'autres.

      Lorsque qu'un expert du MDDEP, entre autres invités, est incapable de répondre à une question à laquelle une partie de la réponse est inscrite sur leur site Web et à leur politique et législation;
      Lorsqu’un DEC ou un DEP ou même le GBS aurait suffit afin de comprendre la situation et répondre adéquatement à l'assemblée;
      Lorsque la municipalité s’entête à créer un problème inexistant ou si peu et, qu'elle impose une taxe et une forme d’invasion de domicile avec une entreprise mandataire unique sans vérifier adéquatement au préalable selon les dispositions de la Loi;
      Lorsque des groupes, disant vouloir protéger l’environnement, se mêlent de politique municipale et, ce n’était pas la première fois, sans se soucier des simples contribuables lésés (voir, http://www.crecq.qc.ca/autres);
      Lorsqu'un média régional, ayant des craintes d’être affilié au commentateur, ajoute une petite mention à cet effet à l’article;
      Lorsque la peur créée fait vibrer une population au point de ne pas détecter les duplicités de beaux discours ……………
      Qui retirent profit de l’ignorance des contribuables ? Les protagonistes et leurs alliés.

      Si ce n’est pas de la pédagogie ou de l’éducation orientée, c’est quoi?