Québec refuse de limiter ses hausses au coût de la vie

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, refuse de limiter la hausse des taxes scolaires à l’inflation de Cap-aux-Meules à Rouyn-Noranda. Il s’agit d’une autre promesse brisée, ont dénoncé à tour de rôle les partis d’opposition.

 

Plusieurs Québécois, dont la valeur foncière de leur propriété a monté en flèche au cours des derniers mois, pourraient encaisser une augmentation dépassant l’indice du coût de la vie. « Chaque année, c’est normal, il y a une augmentation en fonction de l’augmentation de l’évaluation foncière, mais ça doit être contrôlé », a déclaré M. Bolduc mercredi midi à l’entrée du Conseil des ministres. « Nous ne voulons pas que les payeurs de taxes paient beaucoup plus », a-t-il ajouté, refusant mordicus de préciser l’effort budgétaire exigé aux commissions scolaires en vue de l’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2015-2016.

 

Le ministre a appelé à la patience : les commissions scolaires auront mercredi prochain le budget Leitao en main, ce qui leur permettra de boucler leurs budgets… et de mettre à la poste les avis d’imposition.

 

Le gouvernement libéral a cloué le cercueil du projet de remboursement des 200 millions de dollars perçus par les commissions scolaires, après qu’elles eurent fait l’objet de compressions équivalentes par le gouvernement Marois. Une telle opération s’avérerait « très difficile et très complexe », a souligné M. Bolduc, accusant du même souffle l’ancien gouvernement d’avoir semé une « vraie pagaille » en introduisant le projet de loi 63.

 

Le député péquiste Nicolas Marceau a pressé mercredi le gouvernement de réintroduire le projet de législation contraignant des dizaines de commissions scolaires à rembourser les sommes perçues en trop. Il a aussi invité M. Bolduc à fusionner des commissions scolaires comme il le proposait dans son dernier budget. « Il y a des économies d’échelle à faire », a insisté M. Marceau.

 

Une autre promesse brisée

 

Le chef de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, a dénoncé un nouveau « grand recul » de la part du PLQ. « On nous annonce des hausses de taxes, alors que nous [l’ancien gouvernement], on avait prévu un mode pour récupérer pour les Québécois les montants qui avaient été enlevés, a-t-il déploré. Le gouvernement a décidé de reculer sur cette décision importante. C’est un autre changement de position qui n’est pas à l’avantage des contribuables, c’est clair. »

 

« En plus de ne pas rembourser les [dernières hausses de] 20, 30 %, il pourrait y avoir d’autres augmentations », a décrié le chef de la CAQ, François Legault. Celles-ci seraient « contre-productives » dans la course vers le déficit zéro puisqu’elles freineraient la consommation des Québécois — et les rentrées fiscales, a-t-il fait remarquer. « N’attendez pas que les commissions scolaires réduisent les 4500 employés qu’elles ont dans leur bureaucratie [car] elles ont déjà dit qu’elles ne le feraient pas ! » Selon M. Legault, le gouvernement se doit d’« aller à la racine du mal [c’est-à-dire de remettre en question] l’existence même des commissions scolaires ».

2 commentaires
  • Zohra Joli - Inscrit 29 mai 2014 08 h 10

    Ce n'est que le début

    Les libéraux qui brisent des promesses électorales, quoi de neuf ?
    Y a marre qu'on refile les factures toujours aux mêmes citoyens , sans défense.
    La hausse de mes taxes scolaires est indécente et inacceptable et personne ne nous protège, ni contre les hausses de HQ, ni de l'essence ni autre...Quelle arnaque.
    Vous comprenez que l'on devient sceptique ou pire .

  • Leclerc Éric - Inscrit 29 mai 2014 21 h 40

    Bientôt les taxes municipales

    Le ministre des Affaires municipales permettra à toutes les villes (grandes et petites) de taxer au-delà de l'IPC leurs contribuables.

    Les pouvoirs des municipalités ont débuté avec le gouvernement du PQ (fusion forcées par exemple). En regroupant les plus petits villages ont a
    obligé les villes centres à fournir leurs services à leurs "voisines" (incendies, voirie, etc); puis les municipalités ont modifié l'horaire de cueillette des ordures et matières recyclables à leur avantage.

    Comme la machinerie et le parc de voitures de services d'urgence avance en âge ou ne répond plus aux normes gouvernementales, il faudra remplacer ces équipements et le pouvoir de taxation des villes sera majoré à leur discrétion, même chose pour les services de la SQ.