Les libéraux continuent l’implantation des TBI malgré le cafouillage

Le gouvernement Couillard compte poursuivre l’implantation des 40 000 tableaux blancs interactifs (TBI) dans les écoles primaires et secondaires du Québec malgré les lacunes administratives du programme, qui avait été mis sur la glace par le Parti québécois.

 

« À ce moment-ci, il n’est pas suspendu. S’il y a des correctifs à apporter au programme, nous allons le faire », a dit le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, vendredi après-midi.

 

Le ministre réagissait aux révélations du Devoir sur les irrégularités du programme de TBI, mises en lumière dans une vérification interne menée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton. Cette initiative de 240 millions de dollars sur cinq ans, lancée en 2011 par le gouvernement Charest, a manqué de planification et de suivi, indique le document. La valeur pédagogique de ces tableaux électroniques branchés à Internet reste à démontrer.

 

Les commissions scolaires, qui s’attendent à subir de douloureuses compressions budgétaires, peinent déjà à offrir le soutien technique nécessaire à la mise en marche des TBI. Des enseignants se plaignent de mal comprendre le fonctionnement des appareils. Plusieurs tableaux sont restés dans leur boîte, faute de techniciens pour en assurer la mise en service.

 

Les TBI se sont avérés « utiles » pour l’apprentissage des élèves, a souligné M. Bolduc. Il a admis la nécessité de les confier à des enseignants bien « formés ». « On veut offrir à nos écoles les meilleures technologies. [Celles-ci doivent être] utilisées de la bonne façon », a-t-il affirmé.

 

2979 $, ou 1871 $

 

Le contrôle des dépenses liées à l’achat des tableaux apparaît comme un des enjeux importants du programme. « L’analyse effectuée met en lumière un risque pour le MELS de rembourser des montants excessifs, puisqu’aucun contrôle suffisant n’est présentement exercé pour valider la conformité des dépenses dans les [commissions scolaires] selon les allocations prévues », indique un nouvel extrait du rapport de vérification, obtenu par Le Devoir.

 

Les commissions scolaires ont déclaré un coût de 2979 $ par tableau interactif, mais les fournisseurs ont déclaré, de leur côté, un coût moyen de 1871 $ par tableau. Cette différence de 1100 $ reste inexplicable, selon la vérification. Les vérificateurs soupçonnent un calcul inadéquat des frais de livraison, de formation, les garanties, câbles et accessoires, etc.