CUSM: Bolduc ne pouvait pas stopper une fraude «invisible», affirme Gaétan Barrette

Québec — Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, refuse de blâmer son prédécesseur Yves Bolduc pour avoir laissé filer une fraude « invisible » dans le dossier du nouveau Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

 

Il était « impossible » de détecter une fraude présumée de 22,5 millions de dollars orchestrée par « Arthur et ses amis », selon lui. Et à l’impossible nul n’est tenu. « Elle était cachée. Ça sort aujourd’hui après une enquête policière complète », a souligné à gros traits M. Barrette à l’Assemblée nationale jeudi. « Comment peut-on reprocher à quelqu’un […] de ne pas avoir vu un élément qui était presque parfaitement caché ? »

 

Derrière les barreaux

 

Mais, à la lumière des informations dévoilées à la commission Charbonneau, les pots-de-vin versés à l’ancien d.g. du CUSM Arthur Porter et à ses sept complices sont « pas mal présumés », est d’avis le Dr Barrette. « J’espère que ce monde-là va se faire pogner. […] On espère que ça va finir à la cour puis avec des barreaux », a affirmé l’élu, se disant « aussi scandalisé que les citoyens » face à la fraude alléguée au CUSM.

 

Il n’en demeure pas moins que le gouvernement du Québec a payé « le juste prix » pour le mégahôpital en regard des informations dont il disposait à ce moment-là, a insisté M. Barrette. « Quand on parle du prix juste, c’est le prix en connaissance de cause », a-t-il spécifié, rappelant que M. Bolduc a réussi à maintenir la facture du consortium GISM, dirigé par SNC-Lavalin, à 1,32 milliard. « Il aurait peut-être pu signer à 1,2 milliard. Bon […] on peut refaire l’histoire au complet, on peut revenir à Jésus-Christ, puis on ne le crucifiera pas, et puis alléluia, là, on est tous heureux, tout le monde ! »

 

 

Avec Amélie Daoust-Boisvert

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 23 mai 2014 09 h 30

    Il y avait des indices

    Contrairement à ce que dit M. Barrette, il y avait des indices d'irrégularités, ces signes ont été documentés à la Commission Charbonneau, mais l'inefficace responsable des PPP nommé par le gouvernement Charest a fermé les yeux. Tous ces gens se connaissent, se rencontrent au golf et autres clubs privés quand ils ne sont pas voisins dans les beaux quartiers. Et Porter était ami et associé en affaires avec Couillard.

  • Guy Desjardins - Inscrit 23 mai 2014 12 h 41

    Un nouveau mot pour les personnes qui non rien vu!

    Maintenant, c'est une fraude invisible. Trop de personnes ont utiliser " je n'sais pas ou je n'ai rien vu". Cela devenait redondant à entendre ces petites phrases pour prouver leur innocence. Sapristi, ils sont impayables ces Libéraux!

  • Jean-François Caron - Abonné 26 mai 2014 19 h 31

    Le role des dirigeants

    Le role des dirigeants est justement de surveiller et d'identifier les derives. Certains membres du gouvernement Charest ont failli a leurs devoirs. Comme c'est ecrit dans le vestiaires des Canadiens: 'Pas d'excuse'.