Mourir dans la dignité: l’étude du projet de loi reprend

Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard

Une motion spéciale déposée jeudi à l’Assemblée nationale permettra à l’étude du projet de loi sur les soins de fin de vie de reprendre où elle en était restée avant le déclenchement des élections. Il est inutile de reprendre à la case départ le travail, a fait valoir le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier. La motion prévoit que la députée péquiste Véronique Hivon (au centre), qui avait piloté le projet, et le ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette (debout, à droite), seront considérés comme les coauteurs du projet, qui devrait faire l’objet d’un vote libre avant la fin de la présente session. Si 25 députés libéraux sur 48 s’étaient opposés au projet peu avant les élections, bon nombre d’entre eux ont aujourd’hui changé d’avis, a affirmé M. Barrette. L’ensemble des députés d’opposition et une majorité d’élus libéraux voteraient pour, selon les quatre formations politiques. M. Barrette s’est par ailleurs dit convaincu que le projet de loi P-52 résisterait au test des tribunaux, certains groupes ayant promis de contester sa constitutionnalité à la première occasion.

11 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 23 mai 2014 02 h 38

    Probablement inconstitutionnel

    Contrairement au ministre Barrette, je ne crois pas que ce projet de loi passerait le test de la contitutionnalité, l'euthanasie relevant du code criminel et est donc de ce fait de compétence fédérale. Le ministre a-t-il reçu à cet égard des avis des juristes du gouvernement? Un projet de loi aussi important le mérite certainement.

    Michel Lebel
    Normandie

    • Yvon Bureau - Abonné 23 mai 2014 09 h 54

      M. Lebel, le Gouvernement libéral du Québec a mis sur pied le 14 juin 2012 un Comité de trois grands juristes experts, Me Jean-Pierre Ménard, Me Jean-Claude Hébert et Me Michelle Giroux. Ils ont remis leur rapport à la mi-janvier 2013. Bon à relire. C'est rassurant.

  • Yvette Lapierre - Inscrite 23 mai 2014 07 h 54

    La peur du mot

    Euthanasie, et euthanasie - active - voilà de quoi il s'agit avec ce projet de loi, pourquoi avoir peur des mots? Les soins de fin de vie sont déjà en place, se sont les soins palliatifs. Y a t'il de la place en soins palliatifs pour tous ceux qui en ont besoin dans toutes les régions du Québec? Ça je ne le sait pas mais j'aimerais bien le savoir.

    Ce n'est pas que je sois opposée à la piqure finale demandée par un mourant mais le fait que l'on cache, que l'on camoufle, que l'on entourloupette la réalité du geste euthanasique me chicotte.

    J'ai eu à accompagner plusieurs personnes de mon entourage dans leurs derniers jours, si ces personnes se disaient favorable à recevoir un petit coup de pouce vers la fin quand elles étaient bien portantes aucune ne le souhaitait rendue en fin de vie, au contraire, elle luttaient pour obtenir le plus petit sursis devant la mort...

    Il y aussi des statistiques en Belgique et aux Pays Bas entre autres où la pratique d'euthanasie est légale et appliquée et que disent ces résultats d'analyses? Que les personnes qui ont le plus recours à l'euthanasie active sont des femmes, des femmes seules, sans famille, troublant non?

  • Jean Lapointe - Abonné 23 mai 2014 08 h 47

    Ma méfiance est énorme.

    «La motion prévoit que la députée péquiste Véronique Hivon (au centre), qui avait piloté le projet, et le ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette (debout, à droite), seront considérés comme les coauteurs du projet, qui devrait faire l’objet d’un vote libre avant la fin de la présente session.» (LeDevoir)

    J'ose espérer que les libéraux sont sincères du fait qu'ils déposent un projet de loi présenté d'abord par le Parti québécois quand il était au pouvoir.

    Mais je ne peux m'empêcher de me demander si cela ne fait pas partie de leur campagne de séduction quand on sait ce qu' ils pensent de ce parti.

    A quoi espèrent-ils en venir en procédant de la sorte? Je ne suis loin d'êre sûr que ce soit dans le but de «faire de la politique autrement» surtout de leur part, comme le pensent certains personnes.

    On l'aura remarqué, ma méfiance est énorme. Et je pense avoir de bonnes raisons d'être méfiant . Je ne suis d'ailleurs pas le seul à l'être. Quand on voit la façon dont certains d'entre eux se sont comportés et se comportent, il y a de quoi l'être.

  • Yvon Bureau - Abonné 23 mai 2014 10 h 13

    Un grand momnet de vie parlementaire

    Hier, le 22 mai 2014, vers les 11H15, à l'ANQ, ce fut un très beau moment de vie parlementaire, unique, quoi! On y voit le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette traverser la Chambre pour aller rencontrer madame la députée Véronique Hivon. Rencontre des plus touchantes et symboliques, nourrie par un «tout le monde debout» et par des généreux et longs applaudissements. Moment disponible sur Videos de l'ANQ.

    Ce moment traduit très bien le fait que plus de 80 % de la population est en faveur de cette Loi ainsi que la très grande majorité des corporations professionnelles, des établissements de soins et des organismes concernés par la fin de la vie. C'est rassurant et du solide pour nos députés, à la veille du vote sur la Loi concernant les soins de fin de vie, qui est tellement plus que l'aide médicale à mourir. Tellement plus.

    Aux opposants, très minoritaires, il leur est bon et nécessaire de lire et de relire à la page 53 du rapport de la Commissions spéciale sur la question de mourir dans la dignité, ceci : «Au-delà de la froide réalité des sondages ou de la comptabilité relative du nombre de personnes "pour" ou "contre" s'étant exprimées pendant la consultation, nous avons tenté, à titre de représentants élus de la population, de soupeser la valeur des arguments en regard de l'évolution des valeurs sociales, de la médecine et du droit ainsi que notre conception du bien commun».

    • Jean-Léon Laffitte - Inscrit 23 mai 2014 10 h 55

      Les députés opposés à l'euthanasie se sont fait tordre les bras pour approuver le retour d'un projet de loi. Tout comme les organismes et spécialistes présents à la Commission Mourir dans la Dignité qui ont majoritairement dénoncé l'euthanasie, on ne les a pas écouté et surtout, on a refusé de leur laisser la liberté de s'opposer au projet.

      C'est un jour très sombre pour la démocratie, alors qu'une majorité de la population confond acharnement thérapeutique, euthanasie et soins palliatifs, affirmer qu'une majorité de la population appuie la loi ne repose sur rien...

      Ce n'était pas au regard « de leur conception du bien commun » qu'ils devaient évaluer l'euthanasie, mais au regard du bien commun tout court. Ils ont lamentablement échoué.

  • Yvon Bureau - Abonné 23 mai 2014 11 h 05

    Précision

    L'étude du projet de loi ne reprend pas. Il est rendu au bout du processu, il est rendu au moment du vote. Sur le projet de Loi concernant les soins de fin de vie. Tel qu'adopté à la mi-janvier dernier par la Commission Santé et Services sociaux.

    Avant le vote, toute personne députée a le droit de prendre la parole pendant moins de 10 minutes. Certains prendront ce temps, d'autres pas. Je crois que seul les leaders parlementaires pourraient prendre plus de 10 minutes, s'ils interviennent.